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Crise politique et dialogue national: Les partis s'organisent avant de rencontrer le panel
Publié dans Le Quotidien d'Oran le 17 - 08 - 2019

«Tous ceux qui ont assisté à la rencontre de Ain Benian du 6 juillet dernier, prendront part au dialogue avec le panel de médiation».
Le 6 juillet, ils étaient 13 partis politiques et 6 groupements d'associations et représentants de la société civile à être venus, pour adopter une plate-forme de sortie de crise à la préparation de laquelle ils avaient tous contribué. Il est vrai que la rencontre de Ain Benian n'a pas été consacrée, comme prévu, à l'adoption de la plate-forme en question mais a, plutôt, servi de tribune à des chefs de partis et des représentants de la société civile pour discourir, pendant pratiquement toute une journée, exceptées les deux ou trois heures de l'après-midi où des questionnements ont été posés et des idées clarifiées. « L'essentiel pour nous est qu'il y a eu à, Ain Benian, plus de 800 personnes qui ont adopté cette plate-forme après qu'elles aient accepté de participer à la journée qui lui a été consacrée» nous explique Nouredine Bahbouh, président de l'UFDS (Union des forces démocratiques et sociales). L'on rappelle que Talaïa El Houriet de Ali Benflis, MSP de Abderrazek Makri, Jil Djadid de Sofiane Djilali, FDJ de Abdallah Djaballah, le parti de Tahar Benbaïche, celui de Abdelkader Merbah, celui de Mohand Saïd, l'UFDS de Nouredine Bahbouh et d'autres personnalités nationales, étaient tous présents à la réunion de Ain Benian qui a été coordonnée par Abdelaziz Rahabi. «Tous acceptent de rencontrer le panel de médiation pour le dialogue et participer à la conférence nationale qui devra sortir avec une feuille de route consensuelle pour une sortie de crise,» nous affirment des sources sûres proches de ces partis. L'on apprend, à cet effet, que « chaque parti est en train de plancher sur les amendements qu'il pense nécessaires d'introduire à la loi électorale, et aussi réfléchit sur l'instance indépendante qui doit organiser, suivre et contrôler les élections présidentielles ainsi que sur sa composante et ses prérogatives.»
«On s'organise pour dialoguer avec le panel»
Il est aussi question pour eux de «clarifier certains articles, dans la Constitution comme ceux relatifs à l'équilibre des pouvoirs, la justice, les libertés individuelles et collectives, la pratique démocratique, la liberté d'opinion et de la presse (…)». Il est noté que « la plate-forme de Ain Benian prévoit la tenue des élections présidentielles dans 6 mois, une période qui doit être arrêtée, dès que les étapes du dialogue et la conférence nationale seront achevées.» Ces partis ont, entre autres, retenu l'idée que « les futurs candidats aux présidentielles s'engagent à signer une charte d'engagement pour prendre en charge toutes les revendications populaires. » L'on nous assure de leur côté qu'« on est en train de nous organiser à titre individuel et aussi collectivement, on se concerte souvent, nous avons tous intérêt à stabiliser le pays, on doit nous aider par des mesures d'apaisement pour faire régner le calme dans le pays avant qu'il ne soit trop tard. » Nos sources nous font savoir que «chaque parti a (en principe) rencontré, officieusement, Karim Younes dès que son nom a été avancé pour coordonner le panel, l'on comprend que ce dernier n'a rien pu faire pour imposer des préalables au dialogue dont il a la charge mais l'on souhaiterait vivement que ceux déjà réitérés par tout le monde soient pris en charge le plus tôt possible pour apaiser les esprits. »
Pour nos interlocuteurs « le pouvoir, qu'il soit incarné par Bensalah ou par Gaïd Salah, doit casser l'argumentaire de ceux qui cherchent n'importe quelle raison pour bloquer le processus du dialogue et maintenir le statu quo.»
Le refus du pouvoir de prendre en charge les préalables posés devient pour eux « agaçant ». D'ailleurs, pour satisfaire tout le monde, nos interlocuteurs conseillent de les appeler « mesures d'apaisement et non préalables.» Ils rappellent que « toutes les périodes critiques qu'a connu le pays ont été résolues par des mesures d'apaisement, pourquoi ne ferait-on pas comme Chadli au lendemain de la crise de 88 ou comme Bouteflika pour faire accepter la charte pour la paix et la réconciliation nationale, ils ont bien pris des mesures d'élargissement de prisonniers à ces moments-là.» A cet effet, «pour lever toute ambigüité ou amalgame», il est conseillé de ne plus parler de «détenus d'opinion mais de prisonniers du ‘Hirak'.»
«Djaballah viendra-il ou pas ?»
Il est important pour nos sources que « la Justice décide de mesures d'élargissement de détenus qui devraient être mis en liberté provisoire et continueraient d'être poursuivis tout en étant dehors.» L'on s'interroge, par ailleurs, au sein de ces partis « pourquoi le pouvoir tient-il à garder Bedoui comme Premier ministre ? Il suffit que deux de ses ministres (Finances et Tourisme) aient été entendus par la justice et que sa ministre des TIC traîne un lourd dossier.» Ce qui est sûr pour nos interlocuteurs « on est pour le dialogue. » Pour eux, « tout est fin-prêt pour rencontrer le panel les jours à venir. » La seule question qu'ils se posent est « Djaballah viendra-t-il ou pas au dialogue ?» Question qui s'impose selon eux, en raison des profonds différends qui les opposent au président du FDJ. Ils s'en sont déjà plaints, dès que la réunion de Ain Benian a pris fin. « Djaballah a tout fait pour être au devant de toute l'initiative, il veut tout prendre en main, ce qu'aucun parti ne voudra, la plate-forme de Ain Benian à laquelle on tient est consensuelle, aucun parti ne doit se mettre au dessus,» nous disent nos sources.
Pour ce qui est des partis de « l'alliance démocratique » (RCD, FFS, PT, MDS…, « personne ne garantit s'ils acceptent ou pas de dialoguer avec le panel, ils tiennent à une période de transition illimitée et à une assemblée constituante, ce que nous jugeons dangereux, en temps de crise » nous dit-on. Certains partis du courant nationaliste pensent qu'« après l'élection, en toute transparence, d'un président de la République légitime, on pourra parler de tout, on pourra même poser la problématique d'une Assemblée constituante, si elle est approuvée par la majorité, pourquoi ne pas y aller ?».


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