OL : Rudi Garcia était pour la sanction contre Aouar    Maladie de Boukharouba.Extrait du livre de Pierre Accoce Dr Pierre Rentchnick « Ces malades qui nous gouvernent » Stock – 1993    Ligue 1: Le programme des rencontres de la 1ère journée    Résolution du Parlement Européen concernant les graves atteintes aux Droits Humains en Algérie.    Les chaines qui diffuseront les rencontres de nos Pros, ce vendredi    Electricité et de gaz : les citoyens d'Alger inviter à régler leurs factures    Chanegriha préside la cérémonie de conversion d'un hôtel militaire en une structure sanitaire    OPEP : Attar présidera lundi la 180ème réunion ministérielle    Le MAE dément la suspension par les Emirats arabes unis de la délivrance de visas    Vaccin anti-Coronavirus : l'Algérie est dans une démarche très prudentielle    LPA: les listes des bénéficiaires dévoilées en mars 2021    Conseil de la nation: adoption du projet de loi relatif à la lutte contre l'enlèvement    Le Maroc, soutenu par la France, a sapé tous les efforts pour régler la question sahraouie    «Nous avons un groupe homogène»    Aït Abdeslam «out» contre le CABBA et le MCO    Saïd Bouhadja n'est plus    Le membre du BP du PT acquittée à Jijel    Images d'ailleurs, regards d'ici    Entre avancées et entraves    Milan à la relance, Tottenham et Naples pour faire le trou    Recensement de plus de 17 690 sites archéologiques depuis 2016    Kambozia Partovi, grande figure du cinéma iranien, est mort de la Covid-19    Les techniciens de cinéma exigent la reconnaissance    Le décès de Maradona secoue le monde du football    L'Algérie sera présente    Difficile unification du Parlement en Libye    Naissance de l'Association des journalistes algériens solidaires avec le peuple sahraoui    Amor Benamor s'approvisionne quotidiennement auprès de l'OAIC    "Certains juges préfèrent leurs convictions à la loi"    De nombreux établissements scolaires paralysés    Les pompiers reprennent leur bâton de pèlerin    Les Algériens ont une image mitigée de l'UE    Des résultats en nette régression    "La sécurité, c'est mieux !"    Kaboré en tête des résultats partiels    Les livres, gouverneront-ils un jour ?    "Puentes", des ponts culturels entre l'Algérie et l'Espagne    "La création en banlieue : un art de combat ?" en débat    AEP : l'ADE multiplie les forages à Boumerdès    Tlemcen: Deux nouveaux directeurs à la tête de l'urbanisme et du logement    Tébessa - Electricité et gaz : des mises en garde contre les raccordements illicites    Les angles de l'ingérence    Une médaille pour nos revers !    Chanegriha et Djerad présentent leurs condoléances à la famille du défunt    Le gouvernement entretient le suspense    Démantèlement d'un réseau de passeurs à Oran    1.025 nouveaux cas et 20 décès    Appels à protéger les civils à l'approche de la bataille pour Mekele    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





Pour Karim Tabbou
Publié dans Le Quotidien d'Oran le 26 - 03 - 2020

En ce jeudi 26 mars, Karim Tabbou aurait dû être libre et heureux parmi les siens. Au lieu de cela, il est en prison, avec un état de santé inquiétant, dans un contexte terrible où personne ne sait comment le milieu carcéral sera affecté par l'épidémie de Covid-19. Pour bien prendre la mesure de ce qui vient de lui arriver, il faut rappeler plusieurs choses. D'abord, cette voix emblématique du Hirak populaire et pacifique avait pratiquement purgé sa peine de six mois. Ensuite, c'est quasiment au terme de cette peine que le parquet - aux ordres du pouvoir exécutif, faut-il le préciser - a fait appel. Et, comme par hasard, son procès en deuxième instance s'est tenu en catimini sans même que ses avocats n'aient été informés. Disons-le clairement : ces méthodes vicieuses sont celles de la junte chilienne qui prit le pouvoir en septembre 1973. Ces méthodes sont celles d'un Idi Amin Dada désireux de nettoyer son pays de toute opposition, fut-elle pacifique et patriote. Ces méthodes sont celles de Siad Barré qui, au final, mena son pays, la Somalie, à une guerre civile qui dure encore. Ces méthodes mesquines et cruelles sont indignes du peuple algérien et de tout ce qu'il endure depuis des décennies.
Durant son « procès », Karim Tabou a fait un grave malaise après que le « juge » eut refusé de l'autoriser à ne pas assister à l'audience en raison de l'absence de ses avocats. Question simple : dans quel genre de pays juge-t-on ainsi un homme sans la présence de ses défenseurs ? Même les Israéliens qui ont la main lourde à l'égard des militants palestiniens font tout de même semblant de respecter les formes.Autre fait scandaleux : Karim Tabbou ayant été évacué à l'infirmerie, le juge a ordonné la poursuite du procès et l'a condamné à une année de prison ferme. Vite fait, emballez, c'est pesé ! La manœuvre est grossière, digne de ses instigateurs, et vise à empêcher cette figure de l'opposition à rejoindre les siens et à reprendre sa place dans le Hirak, fut-il suspendu en raison de la pandémie de coronavirus.
Vendredi dernier, le Hirak a démontré une maturité sans égale avec l'absence de manifestations dans le pays. On sait que les débats ont été vifs, que certains étaient partisans d'aller jusqu'au bout mais la préoccupation du bien-être collectif a primé. En un mot, le Hirak a décrété une trêve que le pouvoir entend exploiter pour mener à bien une vile besogne. Revenir à la situation antérieure à celle du 22 février 2019. Celle où toute voix dissidente était interdite. En fait, ce n'est pas une condamnation à un an de prison que Karim Tabbou vient de subir mais bien une peine capitale qui ne dit pas son nom. De cela, de ces méthodes de voyous, on ne dira qu'une seule chose. Tout est et sera documenté. Certains se croient plus fort que tout. L'exemple de Bouteflika et de son clan précipité de la falaise en un clin d'œil ne leur sert guère de mise en garde. L'exemple de ce monde qui vacille soudain par la faute d'un organisme invisible aussi.
Dans des circonstances aussi tragiques, le concept d'union nationale ne devrait pas être galvaudé de la sorte. Si, de son côté, le Hirak a suspendu ses manifestations, le pouvoir pourrait prendre des mesures d'apaisement en décidant de libérer les détenus d'opinions. Cela constituerait un acte politique fort mais aussi une démarche relevant d'un mot que nos dirigeants utilisèrent jadis pour pardonner à ceux qui prirent les armes contre eux : la Rahma. Dans l'affaire de Tabbou, ce qui frappe, au-delà du caractère inique de la condamnation, c'est la perversité et la cruauté de la démarche. Bien sûr, personne ne se fait la moindre illusion quant à la nature du système et de ceux qui le servent docilement. Mais Karim Tabbou a certainement dû irriter nombre de « décideurs » pour être traité de la sorte.
En tous les cas, la conclusion immédiate de ce scandale, c'est que la présidence d'Abdelmadjid Tebboune n'a rien de différent de celle d'Abdelaziz Bouteflika. Même méthodes, même hogra, même refus d'admettre l'idée que le pouvoir n'est pas la propriété d'une caste. Qu'en sera-t-il dans quelques semaines, quand les crises sanitaire et économique auront désorganisé la planète entière ? Ce pouvoir croit-il pouvoir se passer de l'adhésion populaire pour mettre les inévitables mesures d'austérité ? Qu'il regarde le passé et qu'il note que ce genre de situation a toujours débouché en Algérie sur de vraies tensions politiques pour ne pas dire sur des atteintes à la paix civile.
Il est facile de persécuter un homme seul. Il est facile de faire pleurer sa famille comme il était facile d'empêcher les Algériennes et les Algériens de s'exprimer. Gérer sérieusement un pays, le moderniser, le mener vers toujours plus de développement, c'est une autre affaire. Karim Tabbou représente, et il n'est pas le seul, une Algérie nouvelle, multiple, démocratique. Voilà pourquoi ce pouvoir infantilisant le cible. Mais, répétons-le, l'histoire est loin d'être terminée.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.