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Mourad Preure, expert en pétrole: «Nos gisements sont surexploités»
Publié dans Le Quotidien d'Oran le 24 - 02 - 2021

«Les installations pétrolières et gazières du pays ont beaucoup souffert, et nous sommes actuellement en train de subir les conséquences de ce que nous n'avons pas fait il y a 15 ans», a indiqué, hier mardi, Mourad Preure, expert international en pétrole, la veille de la célébration du 50ème anniversaire de la nationalisation des hydrocarbures.
Intervenant sur les ondes de la radio nationale, l'expert pétrolier, dressant un constat de 50 ans après l'indépendance énergétique de l'Algérie, a déclaré que les ressources fossiles «sont en train de s'épuiser, non pas à cause du potentiel qui est bien là, mais bien en raison des investissements qui n'ont pas été réalisés il y 15 ans», a-t-il révélé. «La législation liée au secteur des hydrocarbures, la loi 86/14 notamment qui était plus attractive, a été manipulée de manière intempestive, ce qui a brouillé l'image de l'Algérie en matière d'industrie pétrolière internationale», a-t-il dit.
Parlant de 46 milliards de m3 de gaz pour la consommation domestique, «une explosion de la demande qui a augmenté de 50 fois depuis 2009 et menace les exportations», Mourad Preure a estimé que l'urgence est «d'abord de répondre à l'évolution de la demande, puisque nous consommons deux fois plus d'énergie pour produire une unité de richesse, soit le double des pays de l'OCDE», a-t-il révélé. «La quantité de gaz qui devrait être réinjectée dans les gisements, notamment à Hassi Mesaoud et Hassi R'mel pour augmenter la pression, a été réduite et dirigée vers l'exportation», a-t-il expliqué. « C'est inacceptable, non seulement on n'a pas investi, à l'image du gisement de Gassi Touil dont le contrat a été mal négocié, mais également on a malmené nos gisements», a-t-il martelé, précisant que le pétrole «est une industrie à long terme et nos installations ont beaucoup souffert», a-t-il expliqué. Explicitant sa pensée, Mourad Preure a également indiqué que l'Algérie «subit actuellement les conséquences de ce que nous n'avons pas fait il y a 15 ans, c'est un effet mécanique », a-t-il dit.
Toujours selon l'expert international en pétrole, au sujet de la baisse de production de pétrole qui est passée de 1,5 million de baril/jour à 800.000 actuellement, «aujourd'hui, certains gisements, surexploités, ont décliné et c'est tout à fait normal, mais cela ne veut pas dire que ce déclin est irréversible», a-t-il expliqué, ajoutant que «Sonatrach est en train de faire des études pour mieux comprendre la situation et l'état actuel du gisement de Hassi Messaoud et apporter les remèdes nécessaires», a-t-il indiqué. «Il y a, donc, un effort et une action à engager pour soigner ce gisement qui a beaucoup souffert», a-t-il encore indiqué. «Sonatrach est actuellement en train de subir la pression de la demande interne qui augmente d'une manière irraisonnée, ce qui représente un grand défi pour la compagnie nationale qui doit non seulement répondre à la demande domestique, mais également s'adapter rapidement à la nouvelle donne», a encore indiqué Mourad Preure. Plaidant pour une révision totale du modèle de consommation, à commencer par la réduction de la consommation domestique, l'invité de la Radio a estimé que le choc baissier de 2014 nous a mis face à la vérité, à savoir la baisse des volumes exportés, compensée relativement par les prix élevés du baril de pétrole, ajoutant que l'Algérie «ne peut plus dépendre d'un marché instable et convulsif». «Même si les prix ont évolué à la hausse pour atteindre les 65 dollars le baril aujourd'hui, ce niveau des prix n'est pas robuste», a prédit Mourad Preure, donnant l'exemple de la vague de froid qui sévit aux USA, et qui s'est traduite par une baisse de 40% de la production américaine.
Au sujet de l'industrie pétrochimique, l'expert pétrolier a estimé que l'Algérie «n'avait pas les installations nécessaires pour développer ce créneau qui nécessite de grands volumes et une maîtrise des coûts pour pouvoir exporter», ajoutant que le secteur de la pétrochimie mondiale est «oligopolistique, c'est-à-dire contrôlé par les grands pays et groupes industriels mondiaux qui disposent de la maîtrise des procédés». Mourad Preure a, enfin, estimé que «l'on ne peut véritablement parler d'indépendance énergétique aussi longtemps que le groupe Sonatrach ne s'élèvera pas au rang de vrai leader mondial pour pouvoir survivre dans cette arène qu'est le marché énergétique mondial».


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