Rachad-MAK: le mariage incestueux    6 et 4 ans de prison pour Ould Abbès et Barkat    Loukal rattrapé par la justice    562 véhicules livrés    Les start-up pour briller    Les bateaux «fantômes» d'Algérie ferries    Ces obstacles à franchir    Une délégation américaine à Caracas pour parler «agenda bilatéral»    L'Iran confirme des pourparlers à Doha    Luis Suarez à River Plate?    Bouchouareb première recrue    Ça brûle au conseil d'administration    Bouira sérieusement impactée    «Chaud» sera l'été...    Nouvelles filières pour les matheux    Du 30 juin au 5 juillet à Oran et Sidi Bel Abbès    Freestyles et punchlines au rendez-vous!    «M'tember» exposition collective    JM-Oran-2022 (4e journée): programme des athlètes algériens    JM-2022-Oran : les Algériens de la lutte libre sortent sans médaille    JM-Oran-2022 / Football (Gr.A/2e journée) : Algérie-Maroc (0-2)    Sortie de la 50e promotion à l'Ecole de Commandement et d'Etat-major de Tamentfoust à Alger    Voyage à travers l'histoire des monnaies anciennes des pays participant aux JM Oran-2022    Industrie pharmaceutique :196 unités de production locale de médicaments et de dispositifs médicaux    Aménagement des horaires de travail de 07h00 à 15h00 pour les wilayas du sud du pays    Zones franches: dispositif administratif flexible et cahier des charges rigoureux pour garantir la transparence    Salon de l'Enseignement supérieur: vers l'instauration d'un enseignement de qualité pour l'édification d'une économie du savoir    187e anniversaire de la bataille de Mactaâ: pour rappeler l'héroïsme de l'Emir Abdelkader    Des températures caniculaires, mardi et mercredi, sur des wilayas du Sud du pays    Migrants africains tués par la police marocaine: l'OIM et le HCR expriment leurs "plus vives inquiétudes"    Conseil de la nation présentation du projet de loi définissant les règles générales applicables aux zones franches    Les colons attaquent encore Al-Aqsa    Les anciens ministres Ould Abbes et Barkat condamnés à 6 et 4 ans de prison ferme    Coup d'envoi de la 13e édition    Deux dossiers retenus pour la présidence de la FAF    JM: la présence de jeunes de la communauté nationale établie en France, très importante    CN: le président de la Commission des AE reçoit le président du Groupe d'amitié France-Algérie    Festival européen de musique: le groupe "Travel Diaries" enflamme le public    Exportations hors hydrocarbures: L'objectif de 7 milliards de dollars accessible    Face aux séismes    Alger: Incendie dans le parc de l'ETUSA, 16 autobus détruits    Sétif: Trois morts dans un incendie de forêt    Examens du BEM: Un taux de réussite de 55,98%    Football: Algérie-Maroc, aujourd'hui à 17h00: Les Verts pour la confirmation    A l'initiative de Mohamed Afane: La maison d'Oran d'Yves Saint Laurent retrouve une nouvelle vie    Alerte Algérie : le prisonnier d'opinion Mohamed Azouz Benhalima est en danger    Le mouvement des réformes (1986-1991), précurseur du Hirak    Carnage à Melilla ou l'épouvantail de l'immigration    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Le miroir de l'Histoire
Publié dans Le Quotidien d'Oran le 26 - 05 - 2022

Il y a des situations où même si la loi est de ton côté, cela ne change rien à ta culpabilité aux yeux de la communauté. Durant la guerre d'indépendance en Algérie, des Algériens sont passés dans l'autre camp, celui des colonisateurs, pour combattre leur peuple, et ils sont aujourd'hui vus et jugés différemment qu'on soit d'un côté ou de l'autre du miroir de l'histoire. Coupables de délations, de participation à la torture et aux assassinats d'Algériens aux côtés de l'armée coloniale, les harkis restent des traîtres pour leur peuple naturel.
Les Français, eux, qui ne leur ont pas réservé un traitement respectable après l'indépendance de l'Algérie, tentent aujourd'hui de se racheter en leur demandant pardon et en leur consentant un dédommagement financier conséquent. La France peut leur offrir décorations et honneurs, mais, franchement, faut-il en attendre autant de l'Algérie ? Il s'agit là de conditions vécues par tous les peuples qui ont connu des guerres, mais en Algérie l'ampleur du phénomène est très vaste, ceux qui sont passés dans l'autre camp se comptent par milliers.
A la fin de la guerre, ces derniers ont été ciblés par les Algériens, qui ont souffert de leurs exactions à travers leur participation dans la guerre aux côtés des ennemis. Beaucoup seront abattus de la pire des manières, alors que des milliers d'autres ont été rapatriés en France avec les colons. Ils sont les harkis pour les Français, des traîtres pour les Algériens. Que peut la loi ou la politique pour réconcilier les deux bords ? Soixante ans après l'indépendance, l'empreinte du mal reste ineffaçable. Pourtant, la justice française trouve indécent et diffamant de les traiter de traîtres. Deux femmes, Nora et Saliha, respectivement âgées de 53 ans et 45 ans, l'ont appris à leurs dépens, après avoir été reconnues coupables par les juges de Castres pour avoir porté des allégations portant atteinte à « l'honneur ou à la considération des Harkis », en écrivant publiquement sur les réseaux sociaux : « On ne peut pas faire confiance aux Harkis, ce sont des traîtres » et aussi « les Harkis, pfft, pourquoi pas les collabos des Allemands contre la France. Tout est bon pour gagner des élections, misère, les Harkis ont tué des Algériens ».
Suite à une plainte par une association de harkis, le tribunal correctionnel de Castres a jugé que « ces propos tombent sous le coup du délit de diffamation. Traître est une notion diffamante, selon la jurisprudence de la Cour de cassation ». Les deux prévenues ont écopé d'une amende de 1 000€ chacune, plus 800€ chacune au titre de réparation du préjudice moral et 500€ solidairement pour rembourser les frais de justice de l'association, selon un article publié le 21 mai dans un média français. Ce verdict changerait-il quelque chose aux yeux des Algériens, pour lesquels le mot harki est synonyme de traître ? Les Français eux-mêmes ont fait subir les pires sévices à leurs concitoyens qui ont collaboré avec les Allemands lors de l'invasion de la France par les nazis. Peut-on poursuivre en justice ceux qui qualifient les collaborateurs des nazis de traitres ? Traître est une notion diffamante si on qualifie ainsi quelqu'un qui n'a pas collaboré avec l'ennemi de ses racines ancestrales. C'est plus une affaire morale que juridico-linguistique.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.