Bien que la greffe de foie soit la seule issue en cas d'insuffisance hépatique terminale où «le foie n'est plus capable d'assurer ses fonctions», cette solution médicale si nécessaire pour éviter une mort certaine aux patients au stade final demeure très faible en Algérie. «On était à une greffe de foie par mois, on a effectué depuis l'apparition de la Covid-19 en Algérie que 2 greffes durant ces deux dernières années». C'est ce qu'a affirmé hier le professeur Nabi Debzi, hépatologue et chef de service hépatologie au CHU Mustapha Pacha et président de la Société algérienne d'hépato-gastro-entérologie et d'endoscopie digestive «SAHGEED». Intervenant lors de la 11ème session de formation organisée par les laboratoires Roche Algérie sur le cancer du foie et la sensibilisation aux maladies hépatiques, tenue à l'hôtel Sofitel, le Pr a précisé que «nous n'avons toujours pas en Algérie un programme de greffe de foie, nous avons seulement des interventions qui se font à travers seulement deux centres au niveau national». Il a précisé que la greffe de foie se fait principalement dans un centre de l'hôpital militaire de Constantine et au Centre Pierre et Marie Curie (CPMC) d'Alger. En reconnaissant qu'on est loin en matière de satisfaction du nombre d'inscrits sur la liste d'attente de greffe. Et d'ajouter que même si la volonté existe, il est quasiment impossible de satisfaire les besoins avec seulement deux centres. Il ouvre une parenthèse pour affirmer que ses services reçoivent une moyenne de quatre (4) patients par mois pour un suivi médical. Des Algériens ayant bénéficié de greffe de foie en Turquie à titre personnel. Le Pr a affirmé que dans le plan de lutte contre l'hépatite, «on a édité un guide où on a proposé un programme de budget pour pouvoir réaliser les objectifs tracés au préalable. Donc, prévoir des budgets pour chaque programme que ce soit sur le plan curatif ou préventif». En attendant l'adoption si espérée du plan en question, le Pr Debzi recommande un dépistage à grande échelle contre l'hépatite C, au lieu de le recommander seulement pour un groupe de risque. Il dira qu'en matière de prévention, pour les hépatites à virus B et C, on doit s'atteler a pratiquer un dépistage actif et précoce afin de permettre aux patients concernés une prise en charge optimale. Et d'affirmer que le dépistage universel de l'hépatite C doit être discuté dans le cadre d'une stratégie nationale, en raison de l'efficacité des antiviraux qui dépasse les 95%. D'autant plus, dit-il, que le traitement contre l'hépatite C est déjà fabriqué localement. Pour ce qui est de l'hépatite B, il dira que l'Algérie a instauré des programmes de vaccination avec son caractère obligatoire chez tous les nourrissons, et ce à partir de 2003. Il dira que nous avons déjà 18 millions de vaccinés contre l'hépatite B. Et de souligner la nécessité de s'inscrire pleinement dans la lutte contre les deux hépatites conformément aux recommandations de l'ONU et la stratégie mondiale qui vise à éliminer ces deux virus d'ici 2030. Le Pr a affirmé que l'hépatite chronique est une hépatite qui se prolonge au-delà de 6 mois. Les causes fréquentes comprennent les virus de l'hépatite B et C, la stéatohépatite non alcoolique, la maladie hépatique liée à l'alcool et les maladies auto-immunes du foie (hépatites auto-immunes). En Algérie, dira-t-il, «nous avons une prévalence intermédiaire concernant les hépatites à virus B et C, avec respectivement 2% et 1%, des disparités géographiques locales différentes sont notées». En accord avec les travaux nationaux publiés, le virus B est plus présent dans les wilayas du Sud et des Hauts Plateaux, par contre le virus C touche les wilayas de l'Est du pays. Le conférencier a ainsi affirmé que l'étiologie alcoolique est rare étant donné notre contexte socioculturel. Par contre pour le syndrome métabolique, sa prévalence est en croissance exponentielle en Algérie, en raison du surpoids et de l'obésité dans la population générale dont la prévalence est de 14%. Le surpoids chez l'enfant est de 18%. Il est lié à la sédentarité et aux changements des habitudes alimentaires, dit-il. Un programme national de lutte contre l'obésité doit commencer par des campagnes de sensibilisation en milieu scolaire et doit impliquer plusieurs départements et secteurs ministériels. La prévention du syndrome métabolique reste un défi mondial. Comme pour les maladies infectieuses transmissibles (VHB, VHC, VIH) une implication effective de l'Organisation mondiale de la santé est fortement souhaitée.