Enseignement supérieur: renforcer la contribution des étudiants à leur formation universitaire à la faveur d'un modèle national en 5 phases    Sommet arabe: Guterres confirme sa présence, salue la contribution "exceptionnelle" de l'Algérie à la diplomatie mondiale multilatérale    D'importantes réalisations socio-économiques et des indicateurs prometteurs    CAC d'Annaba: lancement de la radiothérapie stéréotaxique pour la 1e fois en Algérie    Sommet arabe: les dirigeants arabes confirment leur participation    Triathlon/Championnat d'Afrique: l'Algérie décroche deux médailles    Le Conseil de la nation prend part à la réunion du Comité exécutif de l'UIP    Une délégation de cadres supérieurs de la DGSN se rend au siège de la Cour constitutionnelle    Codes communal et de wilaya: définir les responsabilités et les prérogatives des élus    Tlemcen: une encontre sur la société civile, la promotion du tourisme et la protection du legs culturel    Tenue mercredi à Alger de la 10e session de la Commission intergouvernementale mixte algéro-russe de coopération    Le développement sportif et les performances des JM d'Oran mis en relief    La Côte d'Ivoire veut récupérer Fofana    La tension monte d'un cran au Maroc    Rage: onze décès enregistrés en 2021    Foot (amical) Algérie-Nigeria: les Verts pour vaincre et convaincre    10 ans de prison ferme pour Anis Rahmani et Tahkout    Déclaration de politique générale du gouvernement: Renforcer les capacités du système national de défense    La chine donne son quitus    Un Palestinien assassiné par les forces d'occupation sionistes    L'Algérie soutient la candidature de la Palestine    Borne et les préoccupations de l'heure    Absurdité    «L'Algérie doit être construite par les algériens»    Que va faire l'Opep+?    Développement régional: La décentralisation comme clé de voûte    Industries: Priorité aux filières de substitution des importations    L'ESS sombre    Grosse inquiétude au Barça    On a évité le pire à El Bayadh    ASO Chlef: Des ambitions à la hausse    Efficacité des ressources et réduction de coûts de production: L'expertise allemande pour les PME algériennes    Démarrage timide dans la capitale    El Bayadh: Des tablettes pour 900 élèves du primaire    Cap Falcon : une femme morte et deux blessés graves dans une collision entre deux voitures    Campagne de dépistage à El Flay    El-Bayadh: Trois morts et un blessé grave dans un accident de la route    Onze ans de retard    De la marijuana à Zéralda    Le président Tebboune présente ses condoléances    Presse, amour et pouvoir    La pièce « Hna ou Lhih » participe    «C'est formidable d'échanger avec les lecteurs»    Des cadeaux attendrissants    Festival du théâtre amateur de Mostaganem: 35 troupes à la 53e édition    Il y a 60 ans était proclamée la République algérienne    Corruption: 10 ans de prison requis contre l'ex-wali de Skikda Fouzi Belhacine    «Gros» mots : les contre-chocs    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Quand la maintenance va, tout va durablement
Publié dans Le Quotidien d'Oran le 11 - 08 - 2022

«Quand le mensonge prend l'ascenseur, la vérité prend l'escalier»
On associe la rapidité de propagation du mensonge avec l'ascenseur, et la pénible et lente arrivée de la vérité avec les escaliers. Et cette association du mensonge aux ascenseurs gagne terriblement en pertinence quand la maintenance promise s'avère notoirement défaillante, sinon carrément absente.
Sans moyens humains et matériels adéquats, et sans une vigilance tout aussi préventive que réactive, la notion de maintenance est tout simplement illusoire. Toujours à propos des ascenseurs, mais ailleurs cette fois, loin d'être affectés par l'infirmité précoce frappant plusieurs de leurs cadets, des ascenseurs centenaires insolites continuent de défier le temps et la gravité (1). La longévité de ces élévateurs doit beaucoup à l'entretien et au dépannage, mais bien davantage à la prévention de la rupture tragique des câbles, via un contrôle régulier et des changements propices. Elle est certes prisée quand elle est prompte à réagir, toutefois l'efficacité d'une stratégie de maintenance se mesure, avant tout, par sa vigilance préventive.
Le gaspillage est une caractéristique du sous-développement
La culture de la maintenance, c'est tout un état d'esprit et de responsabilité. Même si aucun maillon de la chaine ne peut être disculpé, la posture collective reflète en premier lieu celle de la classe dirigeante, appliquée et soucieuse, soit-elle, ou nonchalante et désinvolte. Bien plus que les richesses naturelles et les capacités d'investissement, c'est la politique de maintenance du tissu industriel et du patrimoine infrastructurel, qui augure des perspectives du développement durable d'un pays et de sa prospérité économique. Il s'agit en outre d'une vitrine non camouflable qui, à défaut d'honorer l'image du pays, ne peut que la ternir.
Une nation authentiquement soucieuse de sortir du sous-développement, doit faire de la maintenance une des charnières centrales de sa stratégie de gouvernance, faute de quoi, elle est condamnée à perpétuer la gabegie, telle la fâcheuse politique des usines et installations livrées «clé en main», pour le plus grand bonheur des fournisseurs étrangers et des rentiers locaux.
Dans un éditorial de son bulletin (2), remontant à 1988, mais ne perdant rien de sa pertinence, l'Organisation Internationale du Travail (OIT) s'insurge contre la malveillance sévissant dans les pays du tiers-monde : «Il est temps que cessent le gaspillage et l'incurie caractérisant la maintenance des parcs industriels de ces pays.» Le rapport cite quelques formes du gâchis généralisé : «Machines tombées en panne faute d'un graissage approprié, tracteurs et matériels agricoles rouillant dans les champs, véhicules de transport mis au rebut à la moitié de leur vie normale, routes défoncées peu après leur mise en service, ...»
Maintenance, gouvernance, et faiblesse provoquée
Gouverner c'est prévoir et savoir choisir les collaborateurs qui à leur tour doivent savoir faire appel à d'autres meneurs d'hommes. Si la première défaillance d'une chaîne est dictée par la résistance du maillon le plus faible, il n'en est pas de même pour son endurance et sa résilience. Réparer ou remplacer un ou deux anneaux déficients est bien plus simple et plus économique que de douter de tout l'édifice, jusqu'à s'interroger s'il reste des maillons suffisamment fiables et récupérables.
Eluder les actions prioritaires est irresponsable, et les renvoyer aux calendes grecques, pour cause de conflits claniques incessants, ne l'est pas moins. Et entre l'irresponsabilité et le recours au populisme il n'y a qu'un pas : «J'appelle perfection chimérique celle qui nous porte à faire le bien que nous ne sommes pas obligés de faire, et à omettre celui que nous devons faire» (Bourdaloue).
La bonté et la compétence ainsi que la méchanceté et la médiocrité, ne sont pas innées, mais sont si faciles à acquérir qu'elles semblent somnoler en chacun de nous, et prêtes à bondir pour servir ou sévir.
Selon Garabet Ibraileanu, les gens intelligents se divisent en deux catégories, les bons et les méchants, alors qu'à l'unisson les sots se liguent pour renforcer la deuxième catégorie.
cette pertinente corrélation entre la faiblesse et la méchanceté a été en fait identifiée bien avant par Platon et d'autres. C'est ainsi que Jean-Jacques Rousseau recommande : «Toute méchanceté vient de la faiblesse. Rendez votre enfant fort, il deviendra bon»
Il n'est dès lors pas du tout impertinent de déduire le corollaire suivant : Rendez un adulte faible, vous récolterez un méchant !
Incompétence provoquée et alternance démocratique
Si la faiblesse infantile peut être appréhendée, il en est autrement de la faiblesse acquise à l'âge adulte, la forme la plus nuisible étant incontestablement celle provoquée par l'accès aux responsabilités imméritées.
Et c'est parce que la plupart des responsables se mettent avec enthousiasme en situation de faiblesse, que Platon a tranché depuis longtemps : «La plupart des hommes au pouvoir deviennent des méchants»
Cette faiblesse provoquée et la méchanceté inhérente sont d'autant plus préjudiciables qu'elles sont chroniques et aigues, en absence d'alternance.
Certains l'ont idéologiquement diabolisée sans pour autant refuser ses fruits, d'autres l'ont défendue bec et ongles avant de la répudier pour avoir accouché d'une créature non désirée ; quant à ses «sauveurs», ils y ont tellement pris goût, et en même temps peur des représailles, qu'ils ont décidé de prolonger l'aventure en renouvelant, au besoin, les alertes. La démocratie, cette charte socio-politico-civilisationnelle, tant décriée et trahie par ceux qui en ont le plus besoin, qui a permis à l'Occident de sortir des ténèbres et à des pays émergents de se mettre sur orbite, les algériens risquent de patienter longtemps avant de la croiser de nouveau.
En attendant le prochain rendez-vous, on n'a d'autre choix que de louer ses attributs en espérant qu'une des générations futures puisse arriver à mieux l'agréer et l'adopter.
Sans doute est-elle imparfaite et pas toujours fidèle à ses courtisans, la démocratie est toutefois le mode de gouvernance le moins mauvais, et le seul qui est à la fois tout aussi nécessaire que suffisant.
L'alternance politique est amplement suffisante pour apaiser mes appréhensions d'être opprimé par la méchanceté innée ou provoquée, et absolument nécessaire pour contrer les démons tyranniques et prédateurs qui, à mon insu, sommeillent en moi.
Et pour conclure, réconcilions un célèbre Hadith du Prophète (PSSL) avec la souveraineté populaire, en le libérant d'une vieille interprétation fataliste : C'est en fait essentiellement par la démocratie que les peuples récoltent ou s'infligent les gouvernants qu'ils méritent. Pas forcément les meilleurs, faut-il admettre à l'égard des perdants, les bons perdants.
Références :
(1) https://www.youtube.com/watch?v=cLFPVRvwRu4
(2) https://www.monde-diplomatique.fr/1988/06/GIRARD/40915


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.