Le spectacle théâtral «Djanazet Ayoub» (les obsèques d'Ayoub), une comédie satirique aux contours burlesques sur l'importance du vivre ensemble dans la société, est entré, mardi soir à Alger, en compétition au 18e Festival national du théâtre professionnel (Fntp), devant un nombreux public.Ouvert le 22 décembre dernier au Théâtre national Mahieddine-Bachtarzi (TNA), le 18e Fntp qui s'étale jusqu'au 2 janvier 2026, a accueilli le spectacle «Djanazet Ayoub», produit par le TNA et écrit et mis en scène par Ahmed Rezzak. Ayoub, richissime commerçant polygame, marié à quatre femmes avec lesquelles il n'a eu que des filles, se voit contraint de se séparer de l'une de ses épouses pour la remplacer avec la cinquième. Après son décès, sa grande famille se déchire, 90 minutes durant, dans une satire qui explore avec humour noir et ironie, les conflits familiaux et sociaux liés à l'héritage. Sombrant dans le «monde des choses», au détriment de celui «des idées», la grande famille d'Ayoub, au rôle de «microcosme social», selon la conception du metteur en scène, va ainsi mettre en valeur, à travers tous ses manquements successifs à la raison, la nécessité du vivre ensemble dans le respect et l'entre-aide. Triés sur le volet, les 23 comédiens, dont dix-huit femmes époustouflantes d'énergie, ont donné vie à un «spectacle de haute facture», selon un spectateur, se donnant la réplique dans un rythme constamment ascendant, occupant tous les espaces de la scène dans des échanges directs. Dans un jeu burlesque au propos satirique, Mahfoud El Hani, Hamid Achouri, Linda Sellam, Moufida Addes, Samira Sahraoui, Sali Bennacer, Hafida Benzerari, Mounira Roubhi Fissa, Kamelia Bendris et Samia Guerrouabi, Fouad Zahed, Abdelkrim Beriber et Mohamed Haoues entre autres, ont fait montre de toute l'étendue de leurs talents de comédiens professionnels. Loin d'être authentiques et sincères, plutôt versés dans le «paraitre» dans des situations abracadabrantes, les comédiens sont passés, de l'hypocrisie, à la tristesse de façade ou aux complots, s'accusant mutuellement, se chamaillant, courant dans tous les sens et se bagarrant. Confiés aux bons soins de la grande chorégraphe Khadidja Guemiri, les comédiens ont exécuté dans la beauté du geste et l'élégance du mouvement, des danses collectives et des mouvements de panique ou des bagarres aux aspects visuels ordonnés. La scénographie minimaliste et judicieuse de Lylia Chaouche, s'est contentée de quelques accessoires (tables et tabourets) et un éclairage concluant, adéquat aux différents tableaux et situations du spectacle, alors que la bande son et musique signée Abdelkader Soufi a donné au spectacle des allures de «Comédie musicale» dans une prestation aux limites du Théâtre populaire. Le public qui a savouré tous les moments du spectacle dans la délectation, a longtemps applaudi les comédiens et l'ensemble du staff de «Djanazet Ayoub», un spectacle qui invite à l'amour de la vie et de son prochain. Dédié au comédien, dramaturge et metteur en scène Abdellah Hamlaoui, le 18e FNTP a été organisé sous l'intitulé, «Le théâtre réduit les distances», avec la programmation de 18 pièces en compétition et 8 autres en off, en plus de conférences, master classes et spectacles de rue.