Quel sens donner à la droite et à la gauche, pour donner satisfaction à ceux qui cherchent où se trouvent l'extrême droite et l'extrême gauche? Quand l'extrémisme de droite ou celui de gauche fait partie du vocabulaire de nos politiques, mais pas de nos populations, dès lors que sont légalisés les courants dits politico-religieux, ces notions perdent de leur sens. A la notion d'extrémisme s'est substituée celle du radicalisme. La classe politique ou la presse a même inventé la notion de radicaliste-démocrate ou démocrate-radicaliste. Il y eut même l'intégration dans le vocabulaire de l'intégrisme démocrate. Autant dire que le paysage politique dans tout pays musulman, que celui-ci agrée ou non des partis d'essence religieuse, n'a rien à voir avec le paysage politique d'une démocratie occidentale. Y a-t-il des extrêmes ou des extrémistes dans notre paysage politique parmi les partis légalisés et parmi les personnalités politiques qui accèdent légalement ou illégalement à l'animation politique? Quand bien même l'on voudrait les désigner en tant que tels, les critères devant les qualifier ne sont pas normalisés. C'est un vocabulaire familier dans les pays qui ont assez avancé en démocratie et ailleurs dans des pays tels que le nôtre, car il faudrait toujours parler de nous, sinon à quoi bon gaspiller son encre, la notion d'extrémisme prend souvent un caractère politicien. S'opposer par exemple, comme le fait le PT, aux règles de l'économie de marché, à l'économie de marché même, à la mondialisation et à tout ce qui va avec, est considéré comme de l'extrémisme. S'opposer également aux règles du jeu politique, jusqu'à une logique de rupture qui se traduit par un boycott, est considéré par certains comme de l'extrémisme. On dit par exemple de Djaballah qu'il est un islamiste radicaliste qui a opté pour la voie parlementaire. Que dire alors de ceux qui incitent à l'usage de la violence et que dire alors de ceux qui font de l'extrême violence le point de départ de leur stratégie? On dit également que l'extrémisme est un obstacle à la démocratie car il incite les pouvoirs en place à garder leur distance au droit. Or, lorsqu'un pouvoir garde ses distances au droit, il s'en déduit fatalement une régression de la démocratie.