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Célébration des mariages à Oran : Changements dans les habitudes et nouveaux business
Publié dans El Watan le 26 - 08 - 2018

En l'espace d'une trentaine d'années, le rituel des mariages a énormément changé et tout un business s'est graduellement installé, au grand bonheur des familles qui ont fini par se décharger complètement des tâches, souvent ardues, qui entourent les festivités.
La scène se passe dans un quartier tout à fait ordinaire d'Oran, une des anciennes cités qui cernent le centre-ville. Un boucan d'enfer entoure l'entrée d'un immeuble noyé au milieu des rythmes «karkabou», des sonorités insupportables des «naffar», ainsi que des tirs de feux d'artifice. Au milieu de cette ambiance indescriptible, les convives agglutinés devant la porte assistent à la sortie de la mariée.
C'est l'un des moments les plus forts du cérémonial lié à la célébration des noces. Signe des temps, cette partie de la soirée est filmée avec un drone surplombant la foule. Il faut dire qu'en l'espace d'une trentaine d'années, le rituel a énormément changé et tout un business s'est graduellement installé, au grand bonheur des familles qui ont fini par se décharger complètement des tâches, souvent ardues, des mariages. Le summum est atteint avec l'apparition, ces dernières années, des organisateurs spécialisés.
C'est le cas du pionnier, Idriss, qui a monté l'affaire «Lalla Laaroussa». Son local ouvert en 2013 est situé dans le nouveau quartier Akid Lotfi qui jouxte le Centre des conventions d'Oran. En passant par là, le regard est d'abord captivé par les longues limousines, les «Hamer» et cabriolets sport de luxe stationnés devant. On est tenté de croire que les genres de mariages qu'on organise ici sont réservés aux plus riches, mais il n'en est rien et les apparences sont trompeuses.
Le gérant de cette boutique est un «self made man» qui, parti de presque rien, a fini par réaliser son rêve. «Ici, lorsque quelqu'un nous sollicite, nous lui proposons de s'occuper entièrement de la cérémonie qui inclut la location des robes, les troupes karkabou ou gourara, les neggafate, le passage par la coiffeuse et l'esthéticienne, la location de voitures (citées plus haut, ndlr), la calèche et les chevaux ainsi que la couverture photo et vidéo.» Pour cette prestation, l'option drone est bien mise en évidence et on pensé à tout car il faut une autorisation.
On hésite à rendre publics les prix pratiqués mais le drone ne coûte qu'environ 6000 DA supplémentaires sur la partie image qui inclut l'impression d'un livre de photos. Le secret de la réussite de cette affaire réside dans la sous-traitance, sans quoi il aurait fallu un investissement lourd et donc une véritable fortune qu'Idriss n'a pas. Les luxueuses voitures exposées et proposées pour les cortèges appartiennent à des particuliers et le gérant ne prend qu'une commission sur la location.
Les chiffres ne sont pas officiels, mais la location est d'environ 35 000 DA pour une limousine, un peu moins pour les cabriolets mais uniquement lorsque le cortège tourne à Oran. A l'extérieur de la ville, des suppléments sont demandés. Les robes sont louées à environ 10 000 ou 12 000 DA. Celles-ci, par contre, sont en général achetées mais leur durée de vie ne dépasse pas les 6 mois, après quoi il faut les renouveler.
Aujourd'hui, l'agenda du gérant de «Lalla Laaroussa» est plein mais au début, ce n'était pas du tout évident. «J'ai passé 26 ans en Europe avec des hauts et des bas et quand je suis rentré, j'avais juste ouvert un petit salon de coiffure avec ma femme et où comme décor j'avais installé ce qu'on appelle une "Chedda" (un accoutrement traditionnel lourd à porter mais typique des mariages, ndlr) de Tlemcen qui appartenait à ma belle-mère», se remémore-t-il. De la coiffure pour futures mariées à l'organisation de mariages en sous-traitant la salle il n'y avait qu'un pas qui a été vite franchi.
Mais les options sont venues après. «Comme j'étais juste en face du Méridien, un jour j'ai été séduit par le spectacle de chevaux de fantasia qu'on ramène ici à certaines occasions (visites de haut niveau) pour accueillir certaines personnalités et je me rappelle avoir demandé à parler au chef de la troupe pour lui proposer de travailler avec moi en fonction de la demande».
Aujourd'hui, la prestation hippomobile est toujours là mais les grosses voitures sont entrées en scène. «En général, on se marie une fois dans sa vie, pourquoi donc ne pas se faire plaisir et, partant de ce point de vue, on n'est pas obligé d'être riche pour se payer un moment de plaisir.»
L'argument ne fait pas l'unanimité, notamment chez l'ancienne génération. «Je me suis marié il y a longtemps, mais j'assiste régulièrement aux mariages de mes proches et je peux vous dire qu'à notre époque il y avait énormément plus de charme, que ce soit dans les patios où sur les terrasses des immeubles», tranche un chauffeur de taxi régulièrement pris dans les embouteillages nocturnes du côté du Sheraton ou du Méridien à cause des cortèges qui ne respectent rien et dont certains chauffeurs effectuent des manœuvres extrêmement dangereuses.
«Jadis à Oran, les cortèges avaient l'habitude de tourner un peu autour de la zaouïa de Sidi Senouci pour bénéficier de sa ‘‘baraka'', une pratique traditionnelle doublée d'une croyance à laquelle on peut malgré tout trouver du sens, mais je ne vois vraiment pas pourquoi aujourd'hui on vient tourner indéfiniment sur le rond-point du Sheraton ?» s'interroge-t-il.
Une espèce de sophistication de la cérémonie de mariage a fini par s'installer, à commencer par la prolifération des salles des fêtes. Une des plus anciennes reste les Falaises dans le quartier Gambetta. Elle existe en tant que tel depuis 1996, même si pendant un temps elle a alterné restauration classique durant la journée et salle des fêtes la nuit.
A 200 000 DA pour les cérémonies nocturnes (entre 20h et 4h), elle est l'une des salles qui restent abordables à Oran pour une capacité de 250 places. Sa réputation est déjà acquise et ici on vante la qualité mais surtout la rapidité du service pour laisser plus de temps aux festivités proprement dites. «Les menus sont négociés avec les demandeurs qui ont la possibilité de ramener leur propre chef ou superviser les opérations mais, pour le service, nous avons un personnel qualifié qui peut effectuer l'opération en 40 minutes», explique Mohamed, chef de salle.
Hors saison estivale, les tarifs peuvent baisser jusqu'à 150 000 DA ou même à 110 000 DA en janvier ou février, lorsque la demande est au plus bas. Entre 12h et 18h, la salle est réservée aux cérémonies intermédiaires (fatha, henna, etc.) qui n'exigent pas d'aussi importantes logistiques et le tarif est de 100 000 DA. Parmi les salles relativement récentes, on peut citer le Zénith qui s'est tout récemment doté d'une extension sous forme d'hôtel du même nom. D'une capacité pouvant atteindre 400 places, la salle est toujours proposée pour accueillir les cérémonies de mariage, mais pour un tarif plus important.
La commerciale de l'établissement ne veut pas s'avancer sur ce sujet publiquement mais, pour l'avoir demandé auparavant, certains clients avancent le chiffre de pas moins de 300 000 DA et peut-être plus. A cela il faut ajouter les frais engagés pour les futures mariées qui, là aussi signe des temps, ont pris l'habitude de défiler avec un minimum de 4 à 5 tenues, en plus de la robe blanche. Celle-ci est louée à environ
25 000 DA.
Rarement confectionnées localement, les robes blanches sont souvent importées d'Europe. «Il arrive qu'on profite des soldes pour en ramener, car même à l'étranger elles coûtent cher», affirme une vendeuse qui, en plus du tarif de la location, réclame environ 5000 DA de caution pour les cas où le produit se tache ou s'abîme.
Les tenues pour la cérémonie de mariage sont également parfois hors de prix en vitrine et c'est en fonction de la qualité des produits mais certaines futures mariées préfèrent recourir aux couturières qui travaillent chez elles afin d'économiser quelques milliers de dinars. Kaftan, karakou ou blouse oranaise, les prix peuvent aller de 50 000 DA à 100 000 DA. Là aussi, la location est l'une des solutions qui permettent de contourner le manque de moyens. Certains magasins, comme ceux situés au côté du quartier Choupot, s'y sont spécialisés.


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