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Louai Djaffer . Co-fondateur d'Emploitic.com : «Les entreprises ont d'énormes difficultés à recruter dans le digital»
Publié dans El Watan le 05 - 11 - 2018

Dans cet entretien, Louai Djaffer, co-fondateur du site de recrutement en ligne Emploitic, analyse l'évolution du marché du travail en Algérie en se basant sur son expérience. Il évoque l'engouement pour les nouveaux métiers et l'impact de la situation économique du pays sur d'autres secteurs en matière d'emploi.

Comment évaluez-vous l'évolution du marché du travail en Algérie à la lumière de votre expérience ?
L'évolution du marché du travail est tirée par deux ou trois réalités. La première c'est le changement de notre économie. Avec les nouvelles règles et la volonté de diversifier, notre économie tend à s'industrialiser, donc les secteurs liés au commerce et à la distribution sont en baisse.
Dans ce cadre-là, nous enregistrons beaucoup de demandes pour la gestion des petites et moyennes entreprises (PME). Je parle des métiers d'ingénieur et de financier, qui sont spécialisés dans l'industrie. Ce sont des métiers nouveaux qu'on voit en tout cas en force sur Emploitic.com.
La deuxième partie, c'est un peu les nouveaux métiers liés à la modernisation et à la numérisation de notre économie. Aujourd'hui, les compétences digitales qui, avant, étaient la parade des ingénieurs et des techniciens, doivent être accessibles à tous.
Donc, la digitalisation est quelque chose de transversal, qui bouleverse complètement les métiers. Même les ressources humaines subissent cela de plein fouet. Le troisième point ce sont tous les métiers liés aux télécoms, informatique, électronique, web, commerce électronique… Là, c'est différent des autres secteurs.
Quels sont justement les métiers les plus recherchés ?
Tout dépend des secteurs. L'année dernière, par exemple, il y a eu 20 000 annonces d'emplois sur notre site, donc on peut se projeter un peu. On a noté d'abord que tous les métiers industriels ont gagné des points. Ils sont en effet plus présents: ingénieur, maintenancier, technicien… sont fortement recherchés.
Ceux qui ont perdu des points touchent au commerce et à la distribution. Les nouvelles règles font, par exemple, que dans le secteur automobile, le nombre d'emplois a baissé, qu'ils soient directs ou indirects. Il a été au moins divisé par deux.
Donc, au moment où certains secteurs perdent en vitesse, d'autres gagnent du terrain. Je citerais dans ce cadre le secteur de l'hôtellerie, avec la construction de nouveaux établissements. Rien qu'à Alger, on compte 50 projets pour les années à venir. Ce qui va engendrer une tension sur les compétences dans ce domaine.
Mais il faut un temps d'adaptation pour ces changements. Pour cela, il faut plus d'écoles de formation et le privé devrait s'impliquer justement pour appuyer l'effort de l'Etat. On ne peut pas toujours être attentiste.
Je citerais aussi le secteur des services, qui voit des points monter. C'est le cas également dans les petites productions industrielles. Globalement, il y a des secteurs qui perdent des emplois, d'autres qui en gagnent.
Et même si le taux de chômage évolue un petit peu, ce n'est pas non plus dramatique. Il y a deux ou trois ans, l'on s'attendait à ce que ce soit catastrophique, mais ce n'est pas le cas. Je pense qu'il y a une transformation qui est en cours et en tant qu'entrepreneur, je ne peux qu'être positif.
Dans le secteur de la formation, de nouvelles spécialités sont proposées. Quel est impact sur l'emploi ?
Oui, ça bouge à ce niveau-là, mais on ne le voit pas de manière claire. D'abord, la formation professionnelle a intégré de nouvelles filières. C'est tout de même une volonté pour s'adapter.
Par rapport aussi à l'année dernière, il y a plus d'efforts pour attirer les jeunes vers certaines spécialités. Je pense que ce n'est pas encore suffisant. Il faut rendre ces métiers plus modernes. Il y a par ailleurs d'autres efforts d'adaptation. Je citerais les universités qui préparent des masters à distance (e-Learning). On s'est lancé dans ce domaine depuis un an et demi et on a fait un constat très simple.
Si pour la formation diplômante, c'est clair, pour la formation continue, les salariés sont dans un autre processus facilité par les nouvelles technologies. Mais quand les entreprises organisent des formations, nous avons remarqué que plus de la moitié des coûts va à logistique. Donc, rien à voir avec l'apprentissage.
On doit trouver une solution. Justement, aujourd'hui, il y a ce qu'on appelle le «blended», une formation à l'américaine, qui permet d'optimiser les coûts à travers des cours à distance et un système d'examination étudié et à mettre plus de moyens dans le processus d'apprentissage. C'est extraordinaire.
Justement, il y a de plus en plus d'écoles versées dans le digital ?
On voit des écoles dans le digital, mais ce n'est pas assez. Celles-ci forment dans des spécialités particulières. C'est une véritable économie pour les start-up et une opportunité pour les apprenants et les entreprises.
Quid du recrutement justement dans le digital ?
Comme je l'ai déjà dit, le digital a un effet transversal sur toute l'économie. Les métiers qui lui sont liés sont fortement demandés et rares. Car, ceux qui sont spécialisés dans ce domaine sont choyés et trouvent des opportunités à international. Ce qui fait que les entreprises ont d'énormes difficultés à recruter dans le digital.
Comment voyez-vous les perspectives sur le marché de l'emploi ?
Si le climat des affaires s'améliore, l'emploi suivra. Il est sur une tendance positive. Mais on revient toujours à l'employabilité et à la formation. La force de cette jeune génération est de pouvoir changer de métier tous les deux, ou trois ans.


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