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La bureaucratie freine le développement de la recherche scientifique en Algérie
Publié dans El Watan le 17 - 07 - 2013

La science est appelée, par sa nature même, à alléger la peine des hommes, à leur rendre la vie plus heureuse, à contribuer à l'avènement d'une société meilleure et plus juste qui exige un grand effort des intellectuels. L'histoire contemporaine nous a montré que le désespoir, en particulier celui des deux guerres mondiales, a motivé la science. En Algérie, dans le cadre des projets nationaux de recherche (PNR) des laboratoires de recherche des universités, la recherche scientifique est diligentée par la DGRSDT, la Direction de la recherche scientifique et du développement technologique.
Le développement de la recherche
La politique de la DGRSDT est de faire du développement de la recherche scientifique et technologique un des leviers du redressement économique et social du pays. Elle a lancé un appel d'offres pour le recrutement de 1000 chercheurs. Cet accroissement des recrutements est une politique volontariste de lutte contre le chômage des diplômés. L'investissement humain a souvent des rentabilités économiques et sociales élevées. Il est temps de rendre aux laboratoires de recherche des universités les moyens d'affronter la compétition internationale en leur octroyant de l'autonomie, de la responsabilité, de la qualité, de la rigueur, du dialogue, de l'ouverture et en leur donnant la liberté d'entreprendre.
La DGRSDT n'emploie pas au mieux ce qui lui est donné pour faire avancer la science. Des budgets de laboratoires ne sont pas utilisés à cause de lourdeurs administratives et bureaucratiques. A juin 2013, les salaires des chercheurs contractuels des universités, ayant des avis favorables pour l'année 2011, n'ont été virés que partiellement, soit trois mois d'indemnités sur douze (et douze mois de l'année 2012). Cet état de fait est reconnu sur le site de la DGRSDT(2), où il est écrit que «de nombreux chercheurs rencontrent encore des difficultés pour consommer leur budget de fonctionnement. Il est également fait état à travers des e-mails du non-paiement des rétributions.
La DGRSDT travaille en coordination avec les organismes pilotes afin de faire sauter les verrous qui entravent le déroulement normal des activités de recherche. Nous continuons à organiser des réunions de coordination avec les chefs d'établissement afin de résoudre les problèmes qui se posent». Les conditions socioprofessionnelles doivent être améliorées pour préserver la dignité de tout chercheur. Certes, l'exigence de qualité est naturelle pour qui veut faire progresser la science et la rigueur est indispensable pour y parvenir. Il faut avancer la réforme et la démocratisation des structures de la DGRSDT, en précisant la politique en matière de publications et à prendre toute sa place dans le grand effort national de diffusion de l'information scientifique et technique. La recherche doit tendre à se concentrer sur des problèmes d'intérêt local.
Les publications scientifiques
La langue universelle de la science est l'anglais. Le problème des publications d'articles scientifiques se pose avec acuité pour certains chercheurs. En effet, un «embargo» est imposé pour ces scientifiques par des éditeurs anglo-saxons. En général, on essuie un refus de publication non pas pour motif scientifique mais rédactionnel, qui parfois n'est pas motivé.
Les réponses des référés ou arbitres de journaux sont de type : the article is not well-written, bad english, poor english, to be read by a native english, will need to be rewritten before it can be considered for publication etc. Certains pays, comme Taïwan, ont cassé cet embargo en acceptant de publier les travaux de qualité des chercheurs des pays du Tiers-monde. Ces journaux ne sont pas payants. Dans ma spécialité, la seule et ancienne revue de langue française Rairo, revue d'automatique, informatique et recherche opérationnelle, s'est «anglicanisée» et se dénomme actuellement Rairo Operations Research Journal. Les rares articles publiés en français ne le sont qu'au bout de plusieurs années d'arbitrage, même aux érudits francophones.
Des scientifiques algériens arrivent à publier en anglais moyennant :
– De gros efforts rédactionnels. Certains articles peuvent traîner jusqu'à cinq ou six années pour être acceptés pour publication dans une revue de renommée établie ;
– Un payement cash.
La page d'un article coûte ou leur revient au moins 30 euros ;
– Une traduction de leur article à partir de 200 euros, chose qui est inadmissible pour un scientifique. On traduit un article scientifique en allemand, en russe, en chinois, des langues qui ne sont pas universelles mais pas en anglais. Je connais beaucoup de scientifiques qui publient régulièrement, mais qui ne peuvent pas tenir un discours en anglais;
– D'être cosignataires des articles avec des étrangers. Parfois, il est signalé un état de complaisance. Parmi les cosignataires étrangers, certains peuvent ne pas être connais-
seurs du sujet ou du thème traité dans l'article, mais ils apposent quand même leur nom de renommée ;
– Une duplication d'un article déjà paru mais en prenant le soin de changer son titre. Ce cas «pathologique» s'est déclaré dans une université de l'intérieur du pays. N'était la vigilance du directeur de thèse de ce travail de doctorat, responsable de l'édition d'un journal algérien, Phytochem & BioSub Journal, le même article aurait été publié dans un journal japonais, Asian Journal of Natural & Applied Sciences.
– Je suis destinataire d'un courrier émanant d'un grand éditeur européen de journaux scientifiques, Elsevier Webshop, m'invitant à soumettre un article. Mon article sera édité par un expert de mon sujet de recherche, les éditeurs sont tous natifs anglais ou de langue maternelle anglaise, issus des prestigieuses universités du monde, le service est rapide, le manuscrit sera corrigé et retourné à l'envoyeur en cinq à sept jours, choisir l'anglais britannique ou l'anglais américain, les prix commencent à partir de 219 dollars.
Rôle des pouvoirs publics dans le développement des disciplines scientifiques
En «créole algérien», comme il l'a dit lui-même, dans la science ils aiment «nous manger» notre argent. Un scientifique doit décliner ces offres. La DGRSDT doit donner des moyens aux universités pour créer et diffuser leur propre savoir à travers des journaux scientifiques reconnus par les conseils scientifiques des universités algériennes, des revues, des magazines, etc.
De nos jours, l'université est totalement accaparée par l'enseignement à dispenser à un nombre fortement croissant d'étudiants.
Des problèmes, tels la santé, l'enseignement et l'urbanisation sont très importants pour la société algérienne. On doit observer une grande influence des administrations technico-sociales, dont dépendent ces secteurs. Ces pôles de recherche constitueront l'essentiel de l'effort public. Ils doivent passer commande de leurs préoccupations à tout un ensemble de laboratoires et de bureaux d'études publics ou privés. On s'interroge sur le non-recours à la mathématique de la part des pouvoirs publics. Des réticences à la professionnalisation de cette matière, en dehors du modèle éducatif et universitaire, sont constatées. La mathématique offre une agréable occupation et sauve de l'ennui quiconque s'y adonne. On se sent de l'intérêt pour la mathématique, rationnelle et qui n'est pas trop ennuyante.
A l'effort d'approfondissement du savoir on doit être toujours fidèle. On doit combattre son penchant à vouloir tout savoir et encourager sa disposition à rechercher, pour chaque objet particulier, ses fondements les plus vastes et les plus profonds. Découvrir, c'est simplement relier des domaines qui n'ont a priori aucun rapport les uns avec les autres. Les mathématiciens n'étudient pas des objets, mais des relations entre les objets. Il leur est donc indifférent de remplacer ces objets par d'autres, pourvu que les relations ne changent pas. La matière ne leur importe pas, la forme seule les intéresse.
Rôle de la coopération scientifique
Il est indispensable de combiner recherche internationale et recherche locale, si l'on veut mettre au point et adapter des techniques qui conviennent à notre pays. Le but de la coopération internationale est de favoriser la comparaison entre pays, par le contrôle du facteur historique, institutionnel, culturel, etc. Dans les sciences, il y a une double fonction : la pédagogie et la recherche qui sont le progrès des connaissances de l'homme et l'aident à la décision. L'objet de la recherche est de décrire des phénomènes, des situations et de proposer une solution aux problèmes soulevés. On décrit, et ce qu'on décrit n'est pas toujours très plaisant, surtout en sciences sociales.
En décrivant, on est amené à critiquer et à suggérer des changements. La peur devant le changement est un mauvais réflexe. La fureur de la plupart des scientifiques, c'est d'avoir de l'esprit, et la fureur de ceux qui veulent avoir de l'esprit, c'est de faire des thèses, des articles et des livres. Il n'est jamais bon qu'un scientifique commente ses propres travaux et articles, mais ce sont ses pairs qui doivent le faire.
Rôle du chercheur pour diffuser et faire reconnaître le fruit de ses recherches auprès du public
La recherche et la vulgarisation relèvent, à bien des égards, de la notion de bien public. Lorsque les nouvelles techniques sont au point et prêtes à être utilisées, il faut les faire connaître au public et lui montrer comment les exploiter au mieux. Tel est le rôle des services de vulgarisation. La rentabilité des investissements de recherche-développement en science peut être très élevée à moyen ou long terme. Certains domaines de recherche appliquée peuvent présenter un intérêt pour le secteur privé, dans la mesure où les résultats peuvent se matérialiser sous forme de produits de marque, naturellement protégés ou brevetés. Mais tel n'est pas le cas de la recherche en mathématiques, lorsqu'on ne peut pas en breveter les résultats ou les protéger par des droits de propriété intellectuelle. Il faudra améliorer les programmes d'études scientifiques et de formation pour faciliter l'adaptation et la diffusion des nouvelles technologies.
A l'université, il faut privilégier l'étudiant, l'enseignant-chercheur et le travailleur. Le rôle du chercheur est avant tout pédagogique. Il faut mettre sur pied des recherches permettant de prévenir pour ne pas guérir très massivement dans le futur. Les scientifiques, les chercheurs et les industriels sont intéressés par les expositions spécialisées, dont l'objectif est la valorisation des réalisations des laboratoires. Des services publics de vulgarisation peuvent se révéler utiles. Les engagements politique, administratif et budgétaire sont importants pour le succès de la vulgarisation. La gestion actuelle se fait au hasard et sans encadrement.
Une grande importance est à accorder à la formation de gestionnaires. Lorsqu'il s'agit d'expositions s'adressant au grand public, l'essentiel est un effort de vulgarisation dans un cadre thématique et un cadre «image de la recherche»(3). Pour progresser et avoir une action de plus en plus grande sur la nature, il faut développer tous les secteurs de la recherche. Le développement harmonieux de tous les secteurs de recherche est de la plus haute importance.
C'est une nécessité qui est dans l'essence même des choses. Il se fera sur la base d'une consultation plus large de toutes les compétences. Il faut établir les besoins véritables des différents secteurs, d'après les problèmes de recherche qui surgissent et non d'après le nombre actuel des chercheurs dans chaque domaine. Il y a un problème de liaison recherche scientifique et industrie. Ne conviendrait-il pas de la développer? C'est la possession des moyens techniques qui joue le rôle essentiel. On pourrait pousser, beaucoup plus solidement qu'à l'heure actuelle, le développement de certaines recherches vers les applications. Une liaison satisfaisante pourrait se faire entre recherche fondamentale et recherche appliquée, une liaison étroite non seulement dans les textes et dans la bureaucratie, mais entre les chercheurs, une liaison vivante et réelle, sachant que toute réglementation engendre des effets pervers.
Conclusion
La recherche scientifique a une importance considérable parce que la science moderne et la technologie déterminent le développement de l'économie nationale et, par conséquent, l'avenir de la nation. Il n'y a pas de richesse marchande sans inventions techniques, et donc sans science ni raison. «Il faut apprendre, avant de découvrir». N'est-il pas vrai que la santé est la fin de la médecine ; le navire, la fin de la construction navale ; la victoire, la fin de la stratégie ; la richesse, la fin de la science économique(4) ? A. D.
Références :
1-Jean-Pierre Clero. Epistémologie des mathématiques. Ouvrage publié sous la direction de Denis Huisman, Nathan, Paris 1998.
2- DGRSDT : http://dprep.dgrsdt.dz/Pnr-ph2.htm
3-Le courrier du CNRS. A la découverte du public : les expositions du CNRS. N° 43, bimestriel-décembre 1981, p.42.
4-Aristote. Ethique de nicomaque. Traduction, Préface et Notes par J. Voilquin Garnier Flammarion, 1965, p.19.


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