Mobilisation exceptionnelle à Alger    Les marches dénonçant l'ingérence étrangère,"une preuve irréfutable" de la conscience du peuple algérien    OIT: "faire du travail décent une réalité pour la jeunesse africaine"    MDN: large campagne sanitaire pour les habitants de zones enclavées à Ouargla    A TAMANRASSET : Tebboune s'engage à faire de la wilaya un pôle touristique    Mazouz a donné 39 milliards à Bouteflika    MASCARA : Création d'une zone industrielle à Mohammadia    ANSEJ MOSTAGANEM : 352 projets validés en 9 mois    PROGRAMME DE LOGEMENTS LPA : Les souscripteurs d'Alger convoqués fin décembre    CAMPAGNE ELECTORALE : La campagne de Benflis visée par un plan d'infiltration    TISSEMSILT : Saisie de 80 kg de viandes blanches impropres à la consommation    BECHAR : Arrestation de 4 braconniers à Beni Ounif    SURETE DE WILAYA DE TIARET : 307 permis de conduire retirés en novembre    Cancer de la prostate : des spécialistes plaident pour "un dépistage de masse précoce"    Harbi s'attaque à l'Armée    Chelsea: le club peut recruter cet hiver !    Gaïd Salah : l'Algérie mérite de la part de ses enfants qu'ils demeurent la "forteresse impénétrable"    Sonatrach "qualifiée" pour évaluer les actifs d'Anadarko en Algérie    Loukal rappelle en Egypte l'engagement de l'Algérie pour l'autonomie financière de l'UA     Championnats arabes de Cyclisme sur route: deux autres médailles pour l'Algérie en clôture de la compétition    Ligue 2: La 14e journée reportée au vendredi 14 décembre    OM – Villas-Boas: «Slimani reste un joueur intéressant»    Le projet de loi relative à l'organisation territoriale du pays adopté, un acquis pour la redynamisation du développement dans le Sud    Lutte antiterroriste: Une bombe artisanale détruite à Tlemcen    Jeux Paralympiques Tokyo-2020: l'Algérie candidate à l'organisation de deux tournois qualificatifs    La pièce de théâtre "Ez'Zaouèche" présentée à Alger    "L'Algérie contemporaine, cultures et identités", un nouvel essai en ligne de Ahmed Cheniki    JM Oran-2021 : la "nouvelle dynamique" des préparatifs de la 19e édition saluée    LOPIS: vulgarisation du contenu du guide scientifique au niveau des établissements éducatifs    Prix Assia-Djebar 2019: les noms des lauréats dévoilés    Les services de la Sûreté déjoue un plan de sabotage fomenté par le MAK    LOPIS : des laboratoires politiques oeuvrent à susciter "une crise de terminologies"    54 appareils distribués aux handicapés    Projecteurs braqués sur Vienne    La commission du renseignement du Congrès accable Trump    L'ONU lance un appel de près de 29 milliards de dollars    Nouvelle réunion tripartite à Washington lundi    ACTUCULT    Malgré des divergences entre ses pays membres : L'Otan adopte une déclaration consensuelle    Ligue des champions d'Afrique. ES Tunis – JS Kabylie (demain à 20h à Radès) : Mission compliquée pour les Kabyles    CAF Awards 2019 : Trois Algériens dans le top 10    Sidi Bel-Abbès: Le maire dépose sa démission, son successeur connu aujourd'hui    Le procès s'est ouvert hier: Sellal et Ouyahia à la barre    Intérêts d'Anadarko en Algérie: Sonatrach va exercer son droit de préemption    Iran : Le chef de la diplomatie omanaise en Téhéran, après une visite à Washington    France-Algérie : Nadia Kaci, le prix de la liberté    70e anniversaire de l'établissement des relations diplomatiques entre la Chine et la Bulgarie Ouverture à Sofia d'une exposition d'art sino-bulgare    Projection du film "Le voleur de bicyclette" le 7 décembre à Oran    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





Moyen-Orient : Pourquoi les Etats-Unis jouent avec le feu
Publié dans El Watan le 26 - 06 - 2019

(Puce) La situation dans le Golfe semble aujourd'hui lourde de menace avec une configuration géopolitique qui n'est pas sans rappeler celle de la première guerre mondiale en raison du jeu des alliances susceptibles d'accélérer le glissement vers une conflagration régionale.
Par Lina Kennouche (*)
La déclaration faite par le secrétaire russe du Conseil de sécurité lors du sommet tripartite entre responsables de la sécurité israéliens, russes et américains à Jérusalem a confirmé le soutien de Moscou à l'Iran, une semaine après la destruction du drone américain par les gardiens de la révolution qui a fait craindre une possible confrontation directe dans un contexte de tensions aigües et persistantes entre l'Iran et les Etats-Unis.
En totale dissonance avec la position américano-israélienne, Nikolai Patrushev a rappelé que «toute tentative de comparer l'Iran à Daech est inacceptable» et que Téhéran « est un partenaire essentiel dans la lutte russe contre le terrorisme » avant de préciser que « le drone américain se trouvait dans l'espace aérien iranien ». La position russe converge donc avec celle de l'Iran qui en réponse aux déclarations du Pentagone affirmant que l'engin n'a pas survolé l'espace aérien iranien mais se trouvait à 34 km de la frontière au moment où il a été intercepté, a exposé via la télévision public les images des débris de l'appareil.
Risques
Patrsushev a par ailleurs appelé à une enquête sur l'attaque contre deux pétroliers en mer d'Oman. «Nous n'acceptons pas les accusations formulées avant l'enquête (…). Les informations fournies manquent de professionnalisme », a-t-il martelé. Il semble donc que les Russes se tiennent aux cotés de l'Iran dans une configuration inédite où le conflit de basse intensité entre l'Iran et les Etats-Unis pourrait à tout moment se transformer en guerre ouverte.
Depuis plusieurs mois, la nouvelle équipe entourant le président américain Donald Trump tente par le biais de la politique des « pressions maximales » de mettre à genoux l'Iran afin de l'amener à accepter les conditions formulées par Mike Pompéo et jugées inacceptables par Téhéran. Le président américain Donald Trump subit ainsi l'influence d'une équipe qui fait de la relation avec Israël un déterminant puissant de la politique étrangère américaine, allant jusqu'à écarter tous les membres de l'administration opposés à son approche belliciste à l'instar de l'ex-sécrétoire à la défense James Mattis, hostile au retrait américain de l'accord nucléaire et au rétablissement de sanctions économiques contre l'Iran, ou encore de l'ancien secrétaire d'Etat Rex Tillerson.
Pressions maximales
Depuis le printemps 2018, le quatuor Bolton, Pompéo, Pence et Kushner a opté pour la stratégie des « pressions maximales » théorisée en 1994 par, Peter Schweizer dans son livre Victory: The Reagan Administration's Secret Strategy That Hastened the Collapse of the Soviet Union. Le parti de la guerre a ainsi présenté à Trump, initialement non-partisan du recours à la force contre l'Iran, cette stratégie qui en théorie semble constituer une alternative à un conflit aux potentiels prolongements régionaux mais, qui dans les faits, et appliquée à l'Iran (boycott total de l'industrie métallurgique, de l'industrie pétrolière, présence militaire américaine accrue dans la région etc.) créé directement les conditions d'une escalade militaire.
La volonté américaine d'exiger un nouvel accord nucléaire prolongeant la mise sous tutelle des infrastructures iraniennes pendant une période longue et s'articulant à un accord qui limite sévèrement le programme balistique iranien traduit en réalité l'objectif de précipiter l'Iran dans une guerre pour la défense de la « sécurité d'Israël ». Du point de vue de l'équipe présidentielle, l'Iran matérialiserait en effet une menace en raison de son rôle joué dans le développement du potentiel balistique en Syrie et au Liban et sa capacité à changer l'équation qui a prévalu jusque-là.
Ce conseil de sécurité est devenu à la faveur d'une évolution institutionnelle un acteur de poids dans le processus décisionnel, marginalisant davantage l'approche de l'institution militaire qui n'a pas la même conception des intérêts nationaux et diverge dans son appréciation du dossier iranien. En effet, pour le Pentagone, la guerre contre les moyennes puissances est un facteur de recul de l'hégémonie américaine qui ne pourra se maintenir qu'en priorisant la compétition stratégique avec la Chine et la Russie.
Message clair
Face à la tentative américaine d'asphyxier économiquement l'Iran tout en cherchant contenir sa puissance et son influence croissante dans la région, Téhéran a, à plusieurs reprises, riposté à ce qu'il perçoit déjà comme une guerre de basse intensité à travers une série de frappes notamment celle menées à partir de Fujeira, les bombardements d'installations saoudiennes, l'attaque contre les deux navires Kokuka Courageous et Front Altair dans la mer d'Oman, et enfin celle visant le site d'Exxon mobil en Irak.
Le message de l'Iran est clair : il ne craint pas le scénario de la confrontation directe et s'il venait à se concrétiser, Téhéran a les moyens de remettre en cause la sécurité des approvisionnements pétroliers. Bien que Donald Trimp privilégie pour l'instant la voie de la conciliation, ses efforts pour ouvrir des canaux de médiation à travers le Premier ministre Japonais Shinzo Abe ou le conseiller diplomatique du président français, Emmanuel Bonne, sont restés vains. Sans offre concrète et conditions acceptables pour l'Iran, ce dernier ne cédera pas. La situation dans le Golfe semble donc aujourd'hui lourde de menace avec une configuration géopolitique qui n'est pas sans rappeler celle de la première guerre mondiale en raison du jeu des alliances susceptibles d'accélérer le glissement vers une conflagration régionale.
L.K.
(*) Doctorante à l'université de Beyrouth


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.