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« Les relations turco-israéliennes sont vitales pour les deux pays »
Tigrane Yegavian. Journaliste à Hebdo Magazine, collaborateur au quotidien arménophone libanais Azta –Beyrouth.
Publié dans El Watan le 09 - 07 - 2010

La Turquie semble depuis déjà quelque temps réorienter ses efforts diplomatiques vers le Moyen-Orient arabe.
L'attaque israélienne de la flottille humanitaire a, semble-t-il, miné les relations turco-israéliennes, qui, pourtant, n'allaient pas si bien avant cette attaque...
La Turquie et Israël sont, avec l'Egypte, les deux alliés les plus solides de Washington dans la région. Ankara est le premier pays musulman qui a reconnu l'existence d'Israël dès sa création. Depuis, bien des turbulences ont secoué ces relations, mais jamais on n'avait vécu un épisode de rupture. En 1996, un accord de coopération stratégique a été signé entre Ankara et Tel-Aviv ; il est toujours en vigueur aujourd'hui. Il n'empêche qu'une frange de la société turque – islamiste et nationaliste – entretient un antisémitisme ambiant en Turquie depuis ces dernières années. Les touristes israéliens ont déserté les bazars d'Istanbul et la petite communauté juive de Turquie (environ 25 000 personnes) envisage de quitter le pays pour aller sous des cieux plus cléments.
En 2004, la traduction turque de Mein Kampf d'Hitler s'est vendue à plusieurs centaines de milliers d'exemplaires ; des téléfilms incitant à la haine des juifs ont été projetés par plusieurs chaînes privées, ce qui n'a pas été sans susciter la colère d'Israël. Les Turcs gardent encore en mémoire l'humiliante réception dont avait fait l'objet leur ambassadeur par les responsables israéliens. L'épisode de la flottille qui a causé 9 morts turcs n'a fait que creuser le fossé existant entre les deux peuples. Ce qui n'est pas forcément le cas pour les états-majors et les services de renseignement…
Comment la diplomatie turque se redéploie-t-elle au Moyen-Orient ?
Le ministre des Affaires étrangères Ahmet Davutoglu est l'ancien conseiller du Premier ministre Erdogan et un universitaire reconnu. On pourrait le comparer à une ancienne éminence grise qui a théorisé la nouvelle politique étrangère turque, mettant en exergue les expressions-clés de « zéro problème avec nos voisins » et de « profondeur stratégique ». De son côté, le président Abdullah Gül a nommé un nouveau conseiller chargé du Moyen-Orient qui est lui-même un Irakien turcoman, turcophone, originaire de Kirkuk. Bref, une nouvelle conception de la diplomatie turque dans son environnement immédiat : plus active et conciliatrice.
Si Ankara s'est cassé les dents sur l'épineux dossier de la réconciliation arméno-turque, elle a réussi toutefois à gagner les cœurs des dirigeants arabes. Ankara joue les médiateurs entre Damas et Tel-Aviv ; elle a supprimé l'octroi de visas pour les ressortissants libanais et syriens ; ses hommes d'affaires sont très actifs en Syrie et même dans le Kurdistan irakien… l'argent n'a pas d'odeur ni de nationalité.
Certains analystes parlent d'une Turquie néo-ottomane qui renouerait avec son passé en réorganisant ses rapports avec les pays de la région... Est-ce votre analyse ?
Cette vision fantasmée ne correspond pas à la réalité. Aujourd'hui, les marchés syrien, irakien, libanais, jordanien, yéménite… et algérien sont inondés de produits turcs. Une façon de redonner vie à une longue tradition historique et culturelle ottomane dans le monde arabe. Le ministère de la Culture restaure partout dans la région d'anciens vestiges datant de l'époque ottomane. Cependant, cette nouvelle stratégie ne se limite pas justement à une ambition régionale, mais envisage également un rayonnement international. La politique étrangère turque ne glisse donc pas vers l'Orient – avec qui elle a toujours entretenu des relations difficiles au XXe siècle – mais se diversifie et échappe à une polarisation monopolistique. Pendant des années, la Turquie a mené une politique étrangère totalement ciblée sur l'Occident, en oubliant ses voisins orientaux. Aujourd'hui, elle est en train de prendre conscience d'atouts culturels, économiques et politiques nouveaux, qui peuvent lui permettre de devenir une puissance régionale et un acteur mondial.
Que peut-on imaginer des futures relations entre Israël et la Turquie ?
Elles se maintiendront quoi qu'il advienne, car ces relations sont vitales pour les deux pays. Les services secrets turcs et israéliens ont convenu un gentlemen agreement dans le cadre de la coopération antiterroriste. Les Israéliens livrent de précieux renseignement aux Turcs sur le PKK kurde, ils sont à l'origine de la capture de son leader Abdullah Ocalan. En cas de rupture totale, des intérêts économiques et stratégiques d'une haute importance en pâtiraient. Les dirigeants de l'AKP, quant à eux, ont mené une remarquable politique de communication vis-à-vis de leur électorat tout en jouant habilement avec les sentiments des Arabes. Les manifestations à connotation islamiste que l'on a pu voir à Istanbul et ailleurs, contre le raid israélien, n'agacent pas seulement les secteurs laïcs de la société, mais aussi les milieux populaires attachés certes à la religion, mais également aux valeurs modernes universelles comme la démocratie, l'économie de marché, etc. D'autres pays arabes n'ont pas intérêt à voir une dégradation de ces relations ; c'est le cas notamment de la Syrie qui escompte beaucoup de la médiation turque pour récupérer le Golan occupé.


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