FUSILLADE DE STRASBOURG : Le frère du tireur arrêté en Algérie    PRODUCTION D'AGRUMES : Près de 40.000 quintaux d'oranges récoltés    EXPLOITE DE MANIERE SCANDALEUSE EN FRANCE : Le médecin algérien payé ‘'à moitié prix''    LE FLN ET LE RND SE LIVRE UNE RUDE BATAILLE : La campagne des sénatoriales bat son plein à Oran    INTERDICTION DU NIQAB : Les Zaouïas appellent à une interdiction totale    LES NEGOCIATIONS ABOUTISSENT A DE "BONS RESULTATS" : Une zone de libre-échange africaine dans 10 ans    TIARET : Un homme et une femme écroués pour charlatanisme    AIN TEMOUCHENT : 07 harraga portés disparus en mer    ORAN : Un jeune arrêté pour chantage sur facebook    L'art de la confusion.    Dans les coulisses de : Naïma Salhi «chassée» de Naciria et de Chabet ElAmeur    Après la découverte d'une bombe à M'chedallah, les villageois réclament la sécurité    Emeutes à Si Mustapha (Boumerdès) : la population se révolte en signe de soutien au président d'APC    Turquie 9 morts et 86 blessés dans un accident de train à Ankara    Défi de survie pour le mouvement des «gilets jaunes»    Natation : Sahnoune éliminé sur 50 mètres en Chine    Mouvement au sein des chefs de sûreté de wilaya    Ouverture demain du Salon international des dattes    Exploitation des mines d'or dans le Sud : les discussions avec les partenaires étrangers avancent    CNAS : tenter de réduire les accidents du travail    Ouadhias (Tizi Ouzou) : Deux voleurs de batteries de relais téléphoniques identifiés par la police    Soins des Algériens en France : Y a-t-il un changement ?    Issiakhem : Il aurait sans doute ri !    Léo Rojas, nous y étions !    Kamel Messaoudi : Le chanteur qui a osé    La menace terroriste plane à nouveau sur la France    Bouira : Le DJS sur la sellette !    Tournoi de beach-volley demain et dimanche à Oran    Le FLN part en favori    Trio malien pour JS Saoura-IR Tanger    Votre week-end sportif    «Tôt ou tard, le tarif de l'électricité doit être revu»    Sidi-Saïd prend de vitesse ses détracteurs    L'auto-satisfecit algérien    Déclaration de politique générale du gouvernement: Ouyahia dément tout empêchement de la présidence    Un individu sous les verrous: Chantage sur le Net    Aïn El Turck: Cinq femmes tuées par le monoxyde de carbone    Démission du SG et menaces du RCK: La FAF et la LFP retombent dans leurs travers    Division nationale amateur - Ouest: Le dauphin à l'assaut du leader    Défaitisme    L'histoire à méditer    Coup d'envoi de la première rencontre culturelle «Voix de femmes»    Une ville au passé révolutionnaire    Réminiscences de mots à l'Espaco    Brexit : Theresa May à la peine dans son tour d'Europe pour obtenir des concessions    Répression meurtrière à la suite de manifestations de l'opposition    Mondial des clubs: Vers une finale River Plate-Real Madrid    Un monument à Soljenitsyne inauguré à Moscou le jourde son centenaire    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





Mohand A. Cherifi
« L'Algérie sera réduite à un comptoir d'importation »
Publié dans El Watan le 10 - 09 - 2005

Mettre fin à l'abandon de la souveraineté dans l'économie, tel est le maître mot ayant accompagné l'exposé de Mohand Amokrane Cherifi au cours d'une conférence-débat tenue hier au siège du parti FFS à Alger.
Coordonnateur de l'Alliance mondiale des villes contre la pauvreté et expert auprès des organisations internationales, le conférencier a, dans son plaidoyer en faveur d'un changement du cours de l'histoire économique et sociale du pays, étayé son propos par des illustrations fort éloquentes. Selon M. Cherifi, l'abandon de la souveraineté dans l'économie s'est fait de manière « insidieuse » et ne date pas d'aujourd'hui. Cela a commencé, dit-il, avec la loi sur les hydrocarbures de 1992 autorisant les compagnies étrangères à devenir copropriétaires des gisements existants moyennant un droit d'entrée, suivie de l'accord de rééchelonnement de la dette passée avec le FMI dans les années 1994-1995 « imposant » à l'Algérie l'ouverture de son économie, dont la libéralisation des importations et les privatisations. Pour M. Cherifi, « le processus d'abandon de la souveraineté économique » a été caractérisé par un transfert de propriété sur les ressources minières, et d'un transfert des instruments de développement (démantèlement successif des droits tarifaires et non tarifaires, cession d'entreprises publiques...) et d'un transfert des décisions de gestion et de développement vers des centres de pouvoir basés à l'étranger (FMI, Banque mondiale et firmes multinationales). L'accord d'association avec l'Union européenne (UE), entré en vigueur le 1er septembre dernier, et l'accord d'adhésion avec l'Organisation mondiale du commerce (OMC), en cours de négociation, auront, de l'avis du conférencier, des effets dévastateurs sur l'économie nationale, dont les entreprises nationales ne peuvent faire face à la concurrence étrangère et seront, de ce fait, obligées de fermer l'ensemble de leurs activités productives avec les conséquences « dramatiques » sur l'emploi existant. Pis, l'ancien ministre du Commerce est allé jusqu'à considérer que l'Algérie, « dépossédée de ses ressources et de son appareil de production, sera réduite à un comptoir d'importation de produits étrangers (...), revenant ainsi à son statut antérieur de colonie sans perspective de développement ». Mohand A. Cherifi dit ne pas comprendre qu'un pays qui dispose d'une aisance financière avec des réserves de change avoisinant les 50 milliards de dollars, auxquelles il faut ajouter le stock d'or et le fonds de stabilisation des recettes, contre une dette de l'ordre de 20 milliards de dollars, se permet une cession systématique de son patrimoine à des capitaux étrangers. Pour cet expert international, l'expérience des pays industrialisés et des pays dits émergents a montré que « le développement ne peut s'opérer qu'en s'appuyant sur le génie national, l'apport étranger direct n'étant requis qu'à titre de complément et de façon minoritaire dans les secteurs stratégiques ». Prônant un « patriotisme économique » face à une politique actuelle du gouvernement qui « appauvrirait l'Algérie et les Algériens, si elle devait être poursuivie », selon ses dires, l'alternative face à un constat des plus sévères de la politique économique et sociale du pays est « dans la préservation des ressources et l'indépendance économique de l'Algérie ». Pour ce faire, l'orateur a prôné « l'examen secteur par secteur des différentes activités afin de définir des stratégies de branche et des restructurations d'entreprises, dans le cadre actuel de la mondialisation ». Et d'ajouter : « Toute ouverture de l'économie doit se faire de manière graduelle et ne devenir totale que dans les secteurs concurrentiels. » Sur le plan social, où il s'est dit « peiné » de voir l'Algérie classée à la 103e position dans le classement 2005 du PNUD, Mohand A. Cherifi a relevé « une crise du facteur humain » dans le pays. Le chômage « s'aggrave », dit-il, où un Algérien sur trois est sans emploi, alors que « la moitié de la population vit avec au moins de 2 dollars (200 DA) par jour ». Selon le critère des Nations unies, martèle le conférencier, « 12 millions d'Algériens vivraient en dessous du seuil de pauvreté ». Face à la paupérisation de la population et aux inégalités sociales qui « alimentent la violence », Mohand Amokrane Cherifi plaidera pour la mise œuvre des objectifs du millénaire pour le développement (OMD) que l'Algérie a ratifiés lors du sommet du monde tenu en 2000 par les Nations unies. Cet agenda pour réduire la pauvreté d'ici à 2015, dans une démarche altermondialiste et sociale, suppose, de l'avis de M. Cherifi, « l'instauration d'un Etat de droit et la mise en place d'institutions démocratiques ».

Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.