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L'inquiétude des voisins
A deux jours du référendum constitutionnel en Irak
Publié dans El Watan le 13 - 10 - 2005

L'Irak s'enfonce dans la violence. Cela reste une évidence avec de nouveaux attentats hier et cela malgré un accord électoral arraché in extremis aux différents groupes sunnites pour ne pas bloquer le référendum sur la constitution prévu ce samedi.
Tout le monde en est ciblé, à l'image de la mission de la Ligue arabe, tombée lundi dans une embuscade. Selon M. Ben Helli, la délégation qu'il présidait, avait pour objectif de préparer une visite du secrétaire général de l'organisation, Amr Moussa, et l'organisation d'un « dialogue national irakien sous les auspices de la Ligue arabe ». Mais son appréciation est franchement pessimiste. « La situation est tellement tendue qu'il y a réellement une menace de guerre civile dans l'air, une guerre qui pourrait éclater d'un moment à l'autre, même si certains estiment que c'est déjà le cas », avait affirmé samedi Amr Moussa. En fait, et selon des analyses convergentes, les capitales arabes craignent que l'adoption de la nouvelle constitution irakienne augmente l'influence de l'Iran dans la région en consacrant la domination des chiites sur l'Irak. Après des décennies de marginalisation politique, les chiites d'Irak, qui représentent plus de 65% de la population, ont remporté les élections législatives de janvier. Fruit d'un compromis remis en question par les sunnites (grands perdants du scrutin de janvier, qu'ils avaient boycotté), le texte de la nouvelle Constitution fait de l'Irak un pays fédéral et prévoit que « deux ou plusieurs régions peuvent se regrouper en une seule entité à la suite d'un référendum », ce qui fait craindre à certains un éclatement du pays entre Kurdes au Nord, chiites au Sud, qui se partageraient les richesses pétrolières au dépens des sunnites, au milieu. Face à cette perspective inquiétante, les sunnites se sont prononcés contre le texte, mais un accord politique de dernière minute est intervenu mardi ouvrant la voie à un « oui » de leur communauté au projet de constitution. Il permet d'amender ce texte après les élections de la nouvelle Assemblée en décembre. A l'image du roi Abdallah II de Jordanie qui, en décembre 2004, avait estimé que Téhéran avait « tout intérêt à voir s'instaurer une république islamique en Irak » qui favoriserait la création d'un « croissant » chiite allant de l'Iran jusqu'au Liban, les dirigeants de plusieurs pays arabes, comme disent régulièrement leurs craintes de voir l'Iran étendre son influence dans la région. La crainte est particulièrement vive dans les monarchies du Golfe, où vivent d'importantes minorités chiites. Fin septembre, le ministre des Affaires étrangères saoudien, Saoud Al Fayçal, s'est inquiété publiquement de ce qu'il a appelé les « ingérences » de Téhéran chez son voisin irakien. « Les Irakiens se plaignent d'interventions (iraniennes) englobant l'entrée d'hommes, de capitaux et d'armes, ainsi que d'immixtion dans la vie politique », a-t-il dit lors d'une visite aux Etats-Unis. « Si ces interventions étaient avérées (...), la situation serait d'une extrême gravité », avait-il ajouté. L'Arabie Saoudite « redoute que ce qui se passe en Irak conduise à sa partition (...) ce qui mettrait en péril l'identité arabe du pays », déclarait quelques jours plus tard un responsable saoudien, accusant l'Iran de « chercher à accroître son influence en Irak à travers la communauté chiite ». Plus que cela, pour Wahid Abdel Majid, analyste au Centre d'études stratégiques Al Ahram du Caire, « la perspective d'une guerre de religion semble de plus en plus probable ». Selon lui, tout renforcement du pouvoir des chiites ne fera que renforcer la rébellion sunnite et les actions des plus fondamentalistes d'entre eux agissant sous la bannière d'Al Qaîda. « Finalement, cette guerre deviendra un conflit régional dans lequel interviendront l'Iran, les Saoudiens, les Turcs et d'autres pays, et les Etats-Unis seront incapables d'y mettre un terme », prédit M. Abdel Majid, qui rejette une grande part de responsabilité sur les pays arabes « qui ne sont pas intervenus au bon moment en Irak, quand c'était nécessaire ». Professeur de sciences politiques à l'université de la Sorbonne à Paris, Burhan Ghalioun, est du même avis. « Les inquiétudes exprimées par les Arabes ne sont rien d'autre qu'une tentative de masquer leurs propres échecs en Irak », a-t-il dit. « Plutôt que de tout faire pour permettre l'établissement d'une entité régionale capable de protéger tout le monde, chaque pays arabe en particulier ne pense qu'à ses propres intérêts et à la façon de protéger son régime », estime-t-il. « L'Iran a toujours eu de l'influence en Irak (même avant la guerre), de la même manière qu'il a eu de l'influence sur la Syrie et le Liban, parce que la Ligue arabe n'a aucune influence dans la région », dit-il, « le problème ne vient ni des Américains ni des Iraniens ». Il devient alors hasardeux de partager cet optimisme né de l'accord de mardi en vertu duquel et après le référendum de samedi, chiites, Kurdes et sunnites d'Irak auront en point de mire les élections générales de décembre, qui leur permettront d'élire un nouveau Parlement et d'y débattre de plusieurs questions aiguës qui continuent à les diviser. L'accord politique, fruit de très longues tractations entre sunnites, chiites et kurdes, avec l'appui de l'ambassade américaine, ouvre la voie à un amendement de la Constitution après les élections de la nouvelle Assemblée, en décembre. « L'enjeu principal pour les sunnites est maintenant les élections générales », a indiqué récemment un spécialiste des affaires irakiennes à Baghdad, alors qu'un diplomate occidental a estimé qu'« ils (les sunnites) se préparent aux élections ». Quel que soit le résultat du référendum, les élections générales se tiendront le 15 décembre, et la nouvelle Assemblée nationale jouera un rôle-clé dans la gestion du pays. Juan Cole, professeur d'histoire moderne du Moyen-Orient à l'Université américaine du Michigan, souligne que « la Constitution a plusieurs faiblesses », notamment parce qu' « elle renvoie des questions essentielles à des lois organiques du Parlement », au risque « d'autoriser ainsi une sorte de tyrannie parlementaire de la majorité ». Actuellement, l'Assemblée nationale est dominée par l'Alliance chiite, avec 146 députés sur un total de 275 sièges, et ensuite l'Alliance kurde avec 77 mandats. Toutes ces analyses font terriblement peur, surtout qu'elles soulèvent des points jusque-là occultés ou tout simplement ignorés. Que sera alors l'après-référendum ? La boîte de Pandore a été ouverte, l'Irak a bien été exposé à des risques majeurs, mais qui en paiera le prix ?

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