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L'évolution du cours du baril de pétrole et le taux de change euro-dollar
Prospective : un scénario en puissance 2005-2008
Publié dans El Watan le 07 - 11 - 2005

“Qu'entend-on par vision prospective ? La vision prospective ne consiste pas à essayer de deviner l'avenir. Personne ne connaît l'avenir, même les prospectivistes et les futurologues. écrit Marc Luyckx Ghisi, expert auprès de la Commission européenne.
Mais si elle ne lit pas l'avenir, comme le dit cet expert, une vision prospective essaie néanmoins de distinguer les lames de fond qui traversent une époque des vagues en surface qui sont trompeuses...Et ces lames de fond peuvent être cernées, elles ressortent dans la décomposition cyclique de l'activité économique mondiale depuis la naissance de l'euro, en janvier 1999. Depuis, deux cycles économiques se sont succédé, un qui s'est terminé en décembre 2004, un autre encore en cours... Nous verrons que ce qui a été dit en puissance l'est précisément, et qu'il n'y a pas d'autres manières pour qu'il se réalise autrement... le lecteur pourra en juger, d'autant plus que ce présent document est soumis à la discussion.
Le premier cycle financier, juin 1999 - juin 2004
Un bref rappel :
En 1998, l'économie mondiale est entrée dans une zone de haute instabilité, tant l'opposition conjoncturelle entre la récession profonde dans laquelle s'enfonçaient le Japon et une partie de l'Asie en développement et la bonne santé apparente des économies européennes et américaine cadrait mal avec le processus de globalisation de l'économie mondiale. La puissance déstabilisatrice de l'onde dépressive qui s'est propagée tout au long de l'année 1997 depuis le Sud-Est asiatique vers l'Amérique latine en passant par la Russie en 1998 aura été pour la première fois une attaque spéculative à l'échelle de continents. Si ces événements marquent la fin d'un cycle financier 1994-1998, la crise des économies émergeantes n'en coïncide pas moins avec l'avènement d'une nouvelle donne, la naissance de l'euro. Profitant de la faiblesse du dollar, l'euro coté à 1,182 dollar à sa naissance le 4 janvier 1999, va amener certains experts internationaux à penser que si l'Asie, concentrant une large partie des réserves mondiales de devises, s'avisait de diversifier ses portefeuilles de titres internationaux, pour élargir ses marges de manœuvre face aux pressions économiques et politiques des Etats-Unis, et que si ce mouvement se confirmait et prenait de l'ampleur, il pourrait rendre plus difficile le financement du déficit croissant de la balance des paiements américaines et menacer à terme le statut de monnaie internationale du dollar. Telle était l'analyse qui prévalait à l'époque et encore aujourd'hui...
Le début du cycle
L'euro va maintenir sa parité face au dollar. La Banque centrale européenne BCE va profiter de cet avantage de change pour baisser son taux d'intérêt directeur, de 3% à 2,5% en avril 1999. Mais, en juin 1999, la Réserve fédérale américaine FED procède à un resserrement monétaire en augmentant son taux directeur d'un quart de point, de 4,75% à 5%... C'est le début du premier cycle financier. Les relèvements du taux d'intérêt directeur court vont se succéder depuis le début de cycle en six fois, dans l'ordre suivant : cinq (05) quarts de point consécutifs et un demi-point en mai 2000, pour atteindre 6,5% à cette date. Le deuxième semestre 1999, I'euro baisse pratiquement sans interruption. Le 10 juillet 1999, il atteint 1,0161 dollar, en janvier 2000, il passe sous le seuil de 0,90 dollar (0,8907), au point que le Nouvel économiste (1) écrit : « L'euro a perdu en un an plus de 15% de sa valeur. Sa chute booste les exportations, mais elle fait peur aux investisseurs. En créant l'euro, les onze pays membres de l'Union économique et monétaire ont-ils gagné au change ? » Vu la dépréciation de la monnaie unique, la BCE va se trouver dans l'obligation de relever son taux d'intérêt directeur pour limiter la fuite de capitaux vers les Etats-Unis. Le 5 novembre 1999, elle relève son taux directeur à 3%. En octobre 2000, l'euro est coté à 0,84 dollar, soit une perte de change de 40% par rapport au billet vert depuis sa première cotation en janvier 1999. Le cours du baril de pétrole, coté en janvier 1999 à 10 dollars, va remonter à 14,5 dollars en avril 1999... En août, la barre psychologique des 20 dollars est passée... Janvier 2000, le cours atteint 26 dollars... Le 4 février 2000, la BCE emboîte encore le pas à la FED, et relève son taux directeur à 3,25%... Le 6 octobre 2000, le taux directeur de la zone euro atteint 4,75%, soit en sept hausses depuis le 5 novembre 1999. Le 6 septembre 2000, malgré la saison estivale, le cours du baril atteint 36 dollars sur les marchés internationaux, tandis que l'euro se maintient toujours entre 0,84 et 0,85 dollar... Par cette hausse du cours du brut, l'inflation importée est revenue en force en Europe via le renchérissement du pétrole et des matières premières... et des capitaux qui ont fui l'Europe pour trouver refuge aux Etats-Unis. Ces derniers en se convertissant en dollars, vont déprécier encore plus l'euro... Le resserrement monétaire américain de 4,75 % à 6,5 % avait obéi à deux paramètres essentiels et liés, attirer le plus de capitaux étrangers (entre autres européens) aux Etats-Unis pour financer la balance courante américaine et en même temps via ces capitaux fournir les liquidités en dollars pour les transactions pétrolières... Rappelons que la monnaie de facturation du pétrole est le dollar, donc au lieu de procéder à une émission monétaire américaine massive pour la facturation des exportations pétrolières, ces capitaux recyclés devaient précisément pondérer l'émission monétaire américaine... De surcroît, ils permettaient de maintenir la force du dollar au-dessus des autres monnaies dont l'« euro »... Cependant les hauts taux d'intérêt américains couplés à la hausse du dollar nuisaient non seulement aux agrégats intérieurs.., faible consommation... crédits trop chers pour les ménages et les investisseurs.., mais aussi à la compétitivité de l'industrie américaine. Un dollar cher freine les exportations. D'où la débâcle boursière de Wall Street en avril et septembre 2000. En fait les Etats-Unis, en relevant le taux d'intérêt, cherchaient à museler la monnaie intruse, l'« euro » dans le commerce mondial...
Le retournement du cycle...
Dès le premier trimestre 2001, la croissance américaine qui avait été de 1,9% au dernier trimestre 2000, est passée à 1,3 % pour tomber ensuite à 0,7 % en rythme annuel... Dès le 3 janvier 2001, la FED anticipe et ramène son taux directeur de 6,5% à 6%... C'est le retournement du cycle. Devant le risque de récession, la FED a encore baissé son taux directeur... En comptant celle de janvier, la Réserve fédérale, s'efforçant de ranimer la Bourse, aura baissé à six reprises son taux directeur, au cours du premier semestre... Ainsi les taux interbancaires à court terme sont passés de 6,5% à 3,75%... au point qu'en mai 2001, le taux court européen était supérieur au taux court américain, pour la première fois depuis la création de l'euro... Après un exercice 2001 marqué par les événements tragiques du 11 septembre 2001 et l'effondrement des valeurs technologiques, le taux d'intérêt à court terme de la FED a encore baissé en cinq reprises entre le 11 septembre et décembre 2001, de 3,75% à 1,75%. Le 6 novembre 2002, il baissera encore d'un demi-point, à 1,25%... en juin 2003, d'un quart de point, à 1%, le niveau le plus bas depuis 46 ans. Le 1er mai 2001, la BCE procède pour la première fois depuis le début de novembre 1999, à la baisse de son taux directeur d'un quart de point, il est à 4,5%. Soit quatre mois après la FED. De mai à décembre 2001, le taux est encore ramené à trois reprises de 4,5 à 3,25%. Décembre 2002, il est à 2,75%... En 2003, il sera ramené à 2% pour ne plus bouger jusqu'à aujourd'hui. Mais malgré le soutien des politiques macroéconomiques et un cours favorable des matières premières, le ralentissement économique mondial se fait ressentir durant toute l'année 2002. En revanche, l'euro s'est raffermi, et le 27 mai 2003, il atteint un point historique : 1,19 dollar dépassant son niveau d'introduction de janvier 1999...
L'offensive tous azimuts des Etats-Unis
« Si les Nations unies n'agissent pas, si elles font preuve de mollesse dans leurs responsabilités, et si Saddam Hussein ne désarme pas, les Etats-Unis conduiront une coalition au nom de la paix pour le désarmer. » C'est un ultimatum que le président George W. Bush lançait le 24 octobre 2002, aux membres du Conseil de sécurité, après que Washington eut présenté un projet de résolution particulièrement dur sur l'Irak. Mais la volonté du président américain de faire entériner ses objectifs par les Nations unies se heurte à la fois aux réticences des opinions publiques d'Europe et des pays du Sud et à une résistance de la France et de la Russie. Mais celle-ci ne suffira pas a enrayer la marche à la guerre. La campagne contre l'Irak en fait s'inscrivait dans une stratégie globale, imposée à Washington par des intérêts stratégiques hautement vitaux... Le 20 mars 2003, sans l'aval de l'ONU, les Etats-Unis lancent une offensive contre l'Irak, contrevenant ainsi au droit international. Le régime irakien s'effondra trois semaines plus tard, mettant ainsi fin au règne de Saddam Hussein qui a cherché à affaiblir sa puissance monétaire, en libellant le 28 septembre 2000 son pétrole en euro. Le 2 mai 2003, le président américain annonçait la fin de la « phase des hostilités majeures »... Dans un climat d'euphorie, les néoconservateurs suggéraient d'utiliser la même technique de « renversement de régime » contre l'Iran, la Syrie, voire l'Arabie Saoudite... Sur le plan de l'offensive américaine en Irak en mars 2003, il était clair que les antagonismes entre les puissances et l'unilatéralisme des Etats-Unis dans la crise irakienne obéissaient à des enjeux quasi vitaux... Ce qu'on peut souligner pour les pays arabes, majoritaires dans l'organisation pétrolière l'OPEP, la guerre en Irak leur servait d'avertissement.., et à toute prétention sur la donne monétaire du pétrole, celle-ci quasi vitale pour les Etats-Unis... Un autre conflit mais masqué celui-ci... car ses vrais enjeux sont sur le long terme, et ne concernent pas seulement la Corée du Nord, mais toute l'Asie dans l'échéance 2010-2014... Le 27 décembre 2002, Pyongyang annonçait la rupture unilatérale de l'accord signé avec les Etats-Unis en 1994 et déclarait s'apprêter à congédier les inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AEIA). Si l'Amérique s'est montrée intraitable face à l'Irak, elle a affiché une attitude mesurée face à la Corée, affirmant que le conflit serait résolu par la diplomatie...
Début du deuxième cycle financier, juin 2004
L'euro a repassé pour la seconde fois à la mi-novembre 2003, à son plus haut niveau historique face au billet vert, 1,1956 dollar, il a progressé de 40%... depuis ses plus bas niveaux, à 0,84 dollar... Conséquence : bon nombre d'investisseurs internationaux ont placé leurs capitaux en Europe. Quant au baril de pétrole, il a dépassé les 33 dollars en novembre 2003. Au plan politique, cette hausse met l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) dans l'embarras et pulvérise la stratégie de maintien des cours du brut dans une fourchette de 22 à 28 dollars le baril, de nature à satisfaire à la fois pays producteurs et pays consommateurs. Plusieurs raisons à cette hausse sont invoquées : fuites dans des réservoirs, interventions des hedge funds (fonds spéculatifs) sur les marchés de matières premières, mauvaise météo, chute du dollar, baisse des réserves stratégiques aux Etats-Unis... En février 2004, l'euro bute sur 1,30 dollar... En juin 2004, la FED procède pour la première fois à un resserrement monétaire d'un quart de point, de 1% à 1,25 %... C'est la fin de la détente monétaire et le début du deuxième cycle financier... depuis l'avènement de l'euro. En août 2004, le taux d'intérêt directeur court est porté à 1,5%. Le resserrement monétaire va se poursuivre, et après onze relèvements depuis juin 2004, le taux d'intérêt de base passe en septembre 2005, à 3,75%, Les déficits jumeaux américains s'établissaient fin 2004... budgétaire à 422 milliards de dollars, conséquent à une politique de baisse d'impôts (le président Bush a fait adopter un plan décennal de réduction d'impôts de 350 milliards de dollars, de quoi encore creuser le déficit budgétaire fédéral)... commercial à 640 milliards de dollars (les Américains importent plus qu'ils n'exportent). Quant aux cours de pétrole, le 12 octobre 2004, le seuil de 54 dollars le baril est franchi. L'irrésistible hausse du baril commence à inquiéter l'Europe, et les conséquences sur la croissance du PIB. L'euro qui est passé à 1,2 dollar début 2004, se rapproche de 1,35 dollar fin 2004.
Le cours du pétrole et les besoins de liquidité en dollars...
Le 4 mars 2005, le Brent à Londres est coté à 51,8 dollars le baril... l'euro vaut 1,31 dollar... Le 27 juin 2005, le baril de pétrole a touché un record, 60,47 dollars.., les cours ont augmenté de 39% depuis janvier... l'euro vaut 1,213 dollar... Le 30 août 2005, le cours du pétrole a atteint un record historique, 70,85 dollars... l'euro est à 1,20 Le 2 septembre 2005, l'euro est à 1,2477 dollar... Si l'ouragan Katrina n'a pas intervenu, l'euro aurait probablement glissé.., à la baisse... Le 22 septembre 2005, le Brent est à 65,31 dollars et le « light sweet crude » à 67,83 dollars... l'euro à 1,21 dollar... Le 23 octobre 2005, le baril de « light sweet crude » crude à 64 dollar, l'euro à 1,195 dollar... Quel est le cheminement entre le prix du baril et le besoin de liquidité en dollars ? Si pour la production mondiale qui est de environ 84 millions b/j, on soustrayait la production non marchande, c'est-à-dire celle qui est consommée sur place, il resterait environ 45 millions de barils/j pour les importations mondiales, une hausse du prix du baril de 10 dollars nécessiterait une immobilisation en billets verts de 164,25 milliards de dollars/an... Une hausse de 20 dollars puisque le prix du baril est passé de 40 dollars en moyenne en 2004 à environ 60 dollars en 2005, nécessiterait le double en besoin de liquidité en billets verts, soit environ 328 milliards de dollars par an. L'impact sur les besoins de fonds de roulement liés au pétrole est en réalité deux fois plus important que les chiffres donnés, car il convient de prendre en compte les produits raffinés qui eux aussi suivent la hausse du cours du brut. Il faut donc 656 milliards de dollars/an, au lieu de 328 miIliards. Ces liquidités considérables s'obtiennent surtout des excédents asiatiques et arabes qui viennent se placer sur le marché financier américain. De plus, pour les excédents pétroliers des pays arabes, une partie sert pour le remboursement de la dette - les pays arabes sont lourdement endettés -, donc au lieu d'être remise dans le circuit économique mondial, la monnaie supplémentaire liée au pétrole se trouve donc détruite... l'autre partie investie sur les places financières américaines... Et dans les deux cas, il y a diminution de liquidité en billets verts sur les marchés internationaux pour la commercialisation du pétrole. Et précisément ces excédents arabes joints aux excédents asiatiques qui vont se placer aux Etats-Unis, en retournant dans le circuit international via le financement des déficits américains compenseront en partie ce déficit de liquidité. Ce triple mécanisme « la hausse du prix du pétrole qui obligerait tous les Etats consommateurs à acheter plus de dollars pour leurs transactions pétrolières, le remboursement des dettes, le recyclage des excédents arabes et asiatiques par le truchement des déficits jumeaux... et une politique monétaire coordonnée », confirme bien le processus en cours de la réappréciation du dollar... La hausse du cours du baril de pétrole induit.., une appréciation du dollar.
L'impact de la hausse du prix du pétrole sur la croissance économique
Un cours du baril de pétrole à 80 dollars.., ou à 100 dollars, ne doit pas tellement surprendre. Il y a bien actuellement un cours à 65 dollars, et celui-ci dure depuis quelques mois sans que pour cela il y ait un krach mondial ou un essoufflement des économies des pays développées. Evidemment, la hausse des cours du pétrole n'a rien à voir avec celle des années 1970 et 1980, années de forte inflation. Il faut se rappeler seulement qu'au cours des années 1980, lors du second choc pétrolier en 1984 où le cours du change du dollar/franc était au plus haut, le dollar s'échangeait environ à 9,25 F et le cours du baril de pétrole cotait environ 35 dollars. Au taux de change constant de 1978 (1 dollar valait 3,98FF), le baril en 1984 ne valait pas 35 dollars mais 81,34 dollars. Il s'augmente encore des pertes de change. A 80 dollars par exemple, le calcul donnerait pour la Chine un surcoût de 61,55 milliards de dollars, soit 3,5% du PIB, donc une éviction de 1,75% selon la simulation de l'Observatoire français des conjonctures économiques ou OFCE (1 point de PIB du prélèvement pétrolier aurait un impact sur le PIB de - 0,5 point), ce qui ralentirait la croissance de la Chine en 2006 à 6,25%. C'est à peu près les prévisions données par les grandes institutions internationales pour la Chine.
Pour le sixième cycle (2)... un seul scénario
Ceci étant, il faut comprendre ce qui s'apparente à un phénomène, cette nouvelle hausse des cours du pétrole, où les pronostics les plus déconcertants sur les prix ont cours... un prix à 80 dollars le baril, voire plus... Même le Fond monétaire international (FMI) dans son dernier rapport sur l'économie mondiale n'écarte plus la thèse d'un baril à 100 dollars. Le premier cycle... Il faut rappeler la situation des Etats-Unis au moment où la FED a procédé au resserrement du taux d'intérêt directeur en juin 1999 (début de cycle). Avec un dollar fort et un solde budgétaire positif, les capitaux asiatiques, arabes et européens se disputaient au portillon pour financer le déficit des paiements américains, renforçant ainsi le dollar. Jamais décennie n'a été plus profitable pour les Etats-Unis que celle de 1990. On a parlé du new age américain (l'âge d'or), la performance des Etats-Unis avait dépassé celle des autres pays, d'autres ont mis ce succès sur leurs performances dans la nouvelle économie. Le prix Nobel Robert Solow lors d'une conférence sur la recherche en économie a déclaré : « Il se passe quelque chose de structurel » pour expliquer cette accélération jamais vue de productivité américaine. Sur le plan financier, les Etats-Unis croulaient sous l'afflux de capitaux étrangers. Lorsque la Réserve fédérale a dû augmenter les taux d'intérêt pour mettre fin à cette euphorie financière, le resserrement monétaire a eu pour conséquence les résultats que l'on sait : deux krachs à Wall Street, avril et septembre 2000 du Nasdaq. Tandis que l'euro n'en finissait pas de se déprécier. Autre fait qui conforte la bonne santé de l'économie américaine, c'est le solde budgétaire de l'année 2000, positif, il porte sur un excédent de 236 milliards de dollars. Evidemment toute cette bonne santé est liée au recours généralisé au crédit, à la chute de l'épargne, une forte consommation et déficit extérieur. Celui-ci (4% du PIB) a été comblé par les capitaux étrangers désireux de s'investir outre-Atlantique, renforçant ainsi le dollar. Le 3 janvier 2000, la FED avait anticipé et ramené son taux directeur de 6,5% à 6%... c'est le retournement du cycle. Il s'est passé combien de temps entre le début du cycle et le retournement ? De juin 1999 à janvier 2001, soit une année et demie... Le deuxième cycle... Il a commencé en juin 2004 avec le resserrement monétaire de la FED, le taux d'intérêt directeur est passé de 1% à 1,25%. La situation qui prévaut en octobre 2005
Des déficits jumeaux astronomiques à combler, plus de 1000 milliards de dollars.
Difficultés de financement suite à la désaffection des capitaux européens pour les places financières américaines. Dans une note de conjoncture (3) en 2003, « le montant des investissements étrangers aux Etats-Unis a fortement décru depuis trois ans (-31% entre 2000 et 2002), alors que l'augmentation du déficit courant (+31% entre 2000 et le troisième trimestre 2003 - cf. graphique n°2) nécessite une hausse de l'épargne étrangère. Cela crée des tensions sur le marché des changes.”
La remontée des taux d'intérêt, bien qu'elle reste modérée, va freiner la consommation et l'investissement, mais poursuivie elle aura des retombées sur la croissance et l'emploi.
Seuls les capitaux asiatiques et arabes continuent de financer les déficits jumeaux américains, mais en quantité insuffisante. Résultat : forte émission monétaire américaine et correction par les marchés financiers.
Le prix du pétrole a été multiplié par trois depuis 2002, contre 2,6 fois en 1973, et 2,1 fois en 1979.
Des catastrophes naturelles (Katrina et Rita) se sont ajoutées aux déficits et nécessitent selon les chiffres annoncés 200 milliards de dollars pour reconstruire ce qui est détruit.
La guerre en Irak mobilise de gros moyens financiers.
Le seul point positif est l'appréciation du dollar ces deniers mois de 2005. « Après trois années de baisse ininterrompue, 2005 aura finalement été une année de répit pour le dollar. Sur les neuf premiers mois, le billet s'est même apprécié de 9% par rapport à l'euro, et il a à peine souffert des ouragans Katrina et Rita. Cette performance doit beaucoup au choc pétrolier, qui augmente la demande de billets verts, et aux rapatriements exceptionnels des profits réalisés à l'étranger par les entreprises américaines, grâce à des incitations fiscales fin en décembre », l'article (4) est signé Sébastien Julian. Au vu de cet exposé, comment doit-on comprendre le resserrement monétaire de la FED en juin 2004 ? Est-ce que la FED a agi comme elle l'a fait quatre ans plus tôt, c'est-à-dire corriger les excès monétaires puisque deux krachs boursiers ont suivi en 2000 ? A cette époque, on a dit un dolIar fort et une Amérique croulant sous le poids des capitaux étrangers... les capitaux se bousculaient au portillon de l'eldorado américain. Force est de constater que le resserrement obéissait plus à lutter contre une poussée inflationniste, donc corriger l'euphorie boursière dopée par l'excès de capitaux. Or, aujourd'hui, la situation est incomparable. Un dollar faible, un ralentissement des entrées de capitaux et des déficits jumeaux colossaux. En effet, en procédant modérément à la hausse du taux d'intérêt court, les autorités monétaires américaines sont conscientes que la hausse du taux d'intérêt directeur à lui seul ne peut rendre attractif le dollar. De plus la désinflation (forte émission monétaire) ne pourrait s'obtenir que par un retour des capitaux. Il faudrait donc une autre donne qui compenserait cette désaffection étrangère, et la seule comme l'a écrit Sébastien Julian, « cette performance doit beaucoup au choc pétrolier, qui augmente la demande de billets verts ». Pour ce qui est des « rapatriements exceptionnels des profits réalisés à l'étranger par les entreprises américaines, grâce à des incitations fiscales fin en décembre », ils sont limités alors que le prix du pétrole est modulable pour le plus grand bénéfice du dollar. Jamais situation n'a été aussi préoccupante pour les Etats-Unis que celle d'aujourd'hui ! Dès lors, on arrive au but recherché dans cette étude. Quel scénario pour les Etats-Unis pour les années à venir ? On ne peut oublier aussi que si l'Amérique décroche, ce qui obligerait la première puissance mondiale à une cure d'austérité, celle-ci pourrait s'avérer douloureuse pour le monde entier. Donc, le seul scénario possible pour ce « sixième cycle historique 1996-2014 » (2) est cette stratégie déjà définie par les Etats-Unis et en cours. Elle consiste à réduire le déficit budgétaire, mettre fin à la détente fiscale (exonération d'impôts) et augmenter les prélèvements, relever le taux d'intérêt directeur court et mettre la pression sur le cours du prix du baril de pétrole. La hausse des cours du pétrole obligerait les Etats importateurs de pétrole à consacrer plus de leurs devises dans l'achat des dollars en excès sur les marchés monétaires. Si pour le premier cycle financier, entre le début et le retournement de cycle, il s'est passé un an et demi, et ce retournement s'est produit dans une situation très favorable - janvier 2001, le dollar était au plus fort avec en plus, pour les Etats-Unis, un excédent budgétaire de 236 milliards de dollars en 2000 - donc sans comparaison avec le deuxième cycle, force est de dire qu'aujourd'hui, vu la situation du dollar et les déficits jumeaux, il faut au moins trois années, c'est-à-dire un cours haussier du pétrole jusqu'à au moins 2008. Si le cours du baril de pétrole est important, 80 voire 100 dollars, fluctuant, haussier et durable, le taux d'intérêt suffisant, le délai peut être ramené à 2007. Jamais dans l'histoire américaine, la situation n'a été aussi périlleuse qu'en ce début de millénaire, au triple plan économique, financier et monétaire. C'est pour cela d'ailleurs que l'Amérique fait feu de tout bois. Pour les Arabes, le GMO... Pour la Chine le dumping monétaire... Pour l'Europe, de vieille Europe... Pour la Russie, on pardonne. Quel est le grain de sable qui perturbe la machine bien huilée du roi dollar ? L'euro ! et il va de soi qu'il va faire tâche d'huile, les prétendants ne manquent pas... en l'occurrence l'Asie, l'Amérique latine à l'horizon 2014. De là, on comprend pourquoi l'intérêt des Etats-Unis dans la libéralisation des gisements pétroliers dans le monde pour les sociétés américaines... pour damer le pion aux futures monnaies qui chercheraient à partager le privilège du dollar, c'est-à-dire à renvoyer leurs déficits au reste du monde. Un denier mot, celui-ci est pour l'Algérie ? Où en est-elle ? Sans centre de prospective et de recherche économique, elle évolue au gré des fluctuations des cours du baril... Pour le matelas de devises, s'il est utile pour les jours difficiles, il faut dire qu'on en est encore à « Joseph et le rêve du pharaon » mais ces temps sont dépassés, périmés. Par les temps qui courent, il y a une dynamique économique à mettre en amont pour l'économie algérienne... et donc une traçabilité d'une stratégie économique porteuse qu'une réflexion doit accoucher. Sinon on va perdurer dans la privatisation sans que rien ne sorte sinon la liquidation des EPE à moyen terme. Les modèles économiques de pays qui ont réussi existent de par le monde. Pourquoi ne pas s'en inspirer et ainsi redonner confiance et espoir aux générations montantes qui se posent des questions sur leur avenir ?
Notes :
Toute critique à cette analyse est la bienvenue, surtout si elle peut éclairer davantage. E-mail : [email protected]
Bibliographie :
1) Le Nouvel économiste (revue française) du 10 mars 2000, page 36
2) Medjdoub H. Au-delà des mots.., et des maux..., Appendice, p.338, 2005
3) Rapport de Agence financière, Ambassade de France à Washington du 31/12/2003.
4) L'Expansion, revue mensuelle française, octobre 2005, p. 26.


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