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Le sol algérien la lui donnera le 13 février 1960 à 7 h 04 par la ''Gerboise bleue'' Comme les USA, la Russie et l'Angleterre, la France voulait sa bombe nucléaire
C'est à partir de Reggane, une ancienne oasis, devenue chef-lieu de daïra dans la wilaya d'Adrar, dans le Sud du Sahara, que tout se joua pour un tel événement mondial qui va placer la France dans le rang des pays détenteurs de la bombe atomique. C'est donc de Reggane, cette localité autour de laquelle vivaient, à cette époque plus de 20.000 personnes et où étaient installés des camps militaires, que le tir nucléaire fut programmé et qui devait connaître un succès. D'autres tirs furent lancés dans le prolongement de cette réussite française à partir du Sahara algérien, mais qui auront, par la suite des conséquences graves sur les habitants, mais aussi sur l'environnement. Tout le monde et en particulier les scientifiques mais aussi pour une toute autre raison, les malades, ainsi que les personnes atteintes de séquelles sur la santé, personne n'ignore tout cela, à l'exception des autorités françaises qui, à ce jour, ne veulent rien entendre. Et cela, comme si l'expression, « pollueur payeur », bien sûr à moindre niveau et dans un autre domaine que ces essais nucléaires, n'avait aucune importance, pour une telle puissance militaire. Il est clair que la France d'aujourd'hui n'est pas directement responsable des drames qui se sont joués depuis ces tirs atomiques, mais elle l'est devenue par ricochet, héritière du passé, d'autant plus qu'elle se mûre dans un silence, dans une sorte de mépris affiché aux yeux du monde, indifférence qui ne peut que desservir son image et sa crédibilité dans ce cas particulier mais rare, et par-là surtout quand on se réclame du pays des droits de l'Homme, de la démocratie et de la liberté, ce que d'ailleurs personne ne conteste, sauf que parfois, certains font semblant de l'oublier, pour peut-être, mieux asseoir leurs positions d'orgueil mal placé, positions « malentendantes et non-voyantes. » Avant les opérations militaires françaises de cette époque, pré-indépendance de l'Algérie, devenue d'ailleurs inéluctable, les négociateurs des Accords d'Evian, avaient réussit à inscrire au cours des échanges, une clause de maintien d'occupation de territoire de cette région du Sahara, en zone militaire où se trouvaient déjà les bâtiments, les casernes et autres installations de l'armée française. Cette disposition a été signée par les deux parties sachant que les Algériens ne pouvaient pas faire autrement que d'y convenir, puisque l'objectif était de mettre fin à la guerre qui a tant fait de mal au pays, aux hommes, et qui a, par conséquent, causé des millions de morts, tant de souffrance à la population civile. En effet, cela a été un désastre sur la santé, sur la nature, sur la pollution du sous-sol du Sahara algérien qui garde encore secrètement tous ces débris et éléments radio-actifs. Il y a eu 17 tirs nucléaires dont le premier à partir du site de Reggane, ce 13 février 1960, et 3 autres jusqu'en 1966, toujours dans l'atmosphère, suivis de 13 autres à partir des entrailles de la terre du Hoggar, sous la montagne du Béryl. Certains diront qu'il fallait bien des essais préalables pour obtenir la bombe atomique, oui personne ne peut nier cette évidence, mais s'il y a échec, les retombées peuvent être terribles, cela aussi personne ne peut le nier. Oui, pour le cas, il y a eu un « raté » qui aurait occasionné des dégâts dans les installations mais aussi touché les hommes (militaires) des camps d'essais. D'aucuns, sans pour cela être ni initiés, ni férus en la matière, peuvent comprendre qu'il ne s'agissait pas là d'une simple pollution anodine, sans conséquences, sans séquelles, sans gravité sur la santé humaine, sur la vie des animaux, sur la nature. Sortir cette vérité qui sommeille sous le sable Depuis les tirs nucléaires, tout le monde s'accorde à reconnaître les dégâts sur la population à des centaines de kilomètres à la ronde, mais aussi sur les militaires français qui se trouvaient dans les environs immédiats de ces lieux. Beaucoup auront souffert encore de nos jours, des conséquences,et des retombées. Beaucoup sont morts sans savoir qu'ils étaient atteints. Beaucoup sont malades et auront été affectés sur le plan de leur santé, par toute cette radio-activité. Ce qui est intolérable, c'est qu'il semblerait que les familles des militaires, des techniciens, enfin de tout le personnel français, ces populations qui résidaient dans ces environs, auraient été évacués mais que des prisonniers algériens auraient été disposés ici et là, autour de la zone de tir, pour que les scientifiques puissent, par la suite, analyser les retombées, et l'impact sur l'Homme. Combien étaient-ils ? Comment le savoir tant que le silence perdurera. Nul ne peut nier la grande intensité des radiations devant les effets du souffle et de la chaleur. Il faut sortir cette vérité qui sommeille sous le sable du Sahara. Si ces militaires français et sans doute, leurs proches auront été indemnisés, les habitants algériens ne l'ont pas été et attendent encore une reconnaissance de la partie française, indiscutablement responsable de leur état de santé. Ces personnes souffrent encore de plusieurs pathologies, de plusieurs maladies inhérentes à l'impact de ces retombées des essais atomiques et qui continuent, malgré eux, de hanter les couloirs des hôpitaux. Non, la France des droits de l'Homme ne devrait pas agir de la sorte et maintenir cela depuis 1960. Au-delà de l'aspect humain et de la santé, les tirs nucléaires auront certes laissé des traces sur les corps mais le pire c'est que les responsables militaires de cette période, dans la précipitation de partir du pays, ont enterré ici et là, un peu partout, leurs matériels inévitablement radio-actif donc très dangereux. Mais où ? Dans quel secteur ? Dans quelle zone ? A quelle profondeur ? Une cartographie a-t-elle dessinée ? Toujours des questions sans réponses, en ce silence assourdissant pour celles et ceux qui ont subit ces drames mais aussi à celles et ceux qui ont en hérité sur place, en l'occurrence les autorités algériennes. Il faut noter qu'en mai 1962, juste avant la célébration du jour de l'indépendance, un autre tir atomique n'aura pas le succès escompté, et l'ensemble des matériels, inévitablement radio-actifs, ont été enterrés dans des lieux connus seulement de l'armée française qui, là encore, garde le silence. Respecter les valeurs d'humanité mais aussi reconnaître ses erreurs Ne pas indemniser les victimes, taire les lieux d'enfouissement, partir en laissant derrière soi, ces « déchets » atomiques, n'est pas à la hauteur des valeurs de cette France de l'époque comme celle de nos jours qui elle, aujourd'hui, a la possibilité de mettre un terme à ce silence qui dure depuis plus de soixante-six ans et qui ne peut plus être frappé d'un quelconque secret-défense, un secret-défense qui n'a plus aucune importance sauf pour les victimes et les autorités algériennes. Le monde entier serait à même de reconnaître l'élégance d'une nouvelle prise de position de la France, pour rétablir et corriger un tant soit peu, les erreurs de ce passé qui mine et qui pollue lourdement les relations entre les deux pays. En toute objectivité, la France doit assumer ses responsabilités, et il ne peut en être autrement tant que cette « tâche » continue à assombrir toute tentative de revenir à la raison. Quels sont donc les intérêts à traîner encore un tel boulet ? Faut-il continuer à le « fourguer », à le transmettre de génération en génération ? Jusqu'à quand, il y a déjà plus de soixante- six ans ? Cette histoire, aussi lugubre soit-elle, reste encore une histoire inachevée, alimentée en France, par une hystérie obsessionnelle de la part d'une certaine droite politique, droite dure voire radicale pour ne pas dire extrême ainsi que par des nostalgiques de l'Algérie française. Cette agressivité qui n'en finit plus, qui continue sous influence médiatique récente d'ailleurs, qui n'apaise pas la tension entre la France et l'Algérie. Et pourtant, l'esprit de se parler est réel des deux côtés mais reste en suspend, latent, freiné par des forces qui ne disent pas leur nom. Informer c'est mettre fin aux rumeurs, aux interprétations Les journaux de la presse algérienne en parlent, comme d'ailleurs le chef de l'Etat, Abdelmadjid Tebboune, en personne ainsi que des historiens français notamment Benjamin Stora et Christophe Lafaye pour ne citer que ceux-là, mais aussi tout récemment, Ségolène Royale, femme politique, ancienne candidate à l'élection présidentielle,en visite fin janvier en Algérie. Cependant, l'opinion publique n'est pas totalement au fait des détails de cette histoire de bombe atomique, tant le silence est observé par la presse écrite et télévisuelle française qui, en principe, compte tenu du poids de ce que ça représente dans les relations politiques et diplomatiques entre les deux pays, devraient très largement et en détail, alimenter leurs colonnes, leurs éditoriaux, leurs émissions et les discussions autour de chroniqueurs avertis sur les différents plateaux. Rien de tout cela, comme s'il y avait une gêne, voire une honte. Ces sentiments resteront tant que cette histoire restera inachevée, tant qu'elle ne sera pas totalement publique, tant qu'elle n'aura pas donné toute sa vérité. C'est cette vérité qu'il faut réveiller, ce silence qu'il faut éteindre au profit des deux peuples des deux côtés de la Grande Bleue.