Jeudi soir, le prestigieux Opéra d'Alger « Boualem Bessaih » s'est transformé en véritable écrin sonore à l'occasion d'un concert qui restera parmi les temps forts de la saison culturelle. L'événement, pensé comme une rencontre entre excellence artistique et rapprochement culturel, a célébré la richesse du patrimoine lyrique international tout en mettant à l'honneur le dialogue entre l'Algérie et la Tunisie. Placée sous le signe de la lumière musicale, cette soirée a offert au public un programme exigeant et varié. La direction musicale était assurée par le maestro Lotfi Saidi, dont la gestuelle précise et expressive a permis à l'orchestre symphonique de livrer une prestation d'une grande cohérence. Dès les premières notes, la complicité entre le chef et les musiciens s'est révélée évidente, donnant naissance à une interprétation vivante et nuancée. L'ouverture du concert a été confiée à une œuvre emblématique de Gioachino Rossini, installant immédiatement une atmosphère brillante et festive. Le voyage musical s'est poursuivi avec des extraits de l'univers dramatique de Georges Bizet, dont les suites orchestrales ont transporté la salle dans un univers riche en contrastes et en intensité émotionnelle. La présence du ténor tunisien Hassen Doss a constitué l'un des moments les plus attendus. Sa voix ample et maîtrisée a donné toute sa dimension aux œuvres de Giuseppe Verdi, notamment à travers des airs majeurs du répertoire italien, interprétés avec élégance et profondeur. L'émotion a atteint son apogée lors de l'interprétation d'un air célèbre de Gaetano Donizetti, saluée par une ovation spontanée du public. La performance s'est poursuivie avec un moment particulièrement intense autour d'une œuvre mythique de Giacomo Puccini, qui a littéralement captivé la salle grâce à la puissance expressive du ténor invité. La scène a également mis en valeur les talents nationaux. Le ténor algérien Billel Sahraoui a impressionné par son assurance vocale et sa présence scénique remarquable. De son côté, la soprano Syrine Khiari a séduit le public par une interprétation pleine de délicatesse d'un air signé Wolfgang Amadeus Mozart. Le concert a également proposé des œuvres plus contemporaines et populaires, permettant de toucher un public encore plus large. Le duo entre Syrine Khiari et Hassen Doss dans une composition de Francesco Sartori a illustré l'esprit de partage artistique qui a marqué toute la soirée. L'ambiance s'est ensuite faite plus festive avec une chanson napolitaine de Luigi Denza, reprise avec enthousiasme. Le programme a aussi surpris le public avec une évocation musicale du film Le Parrain, créant un pont original entre musique classique et culture populaire. Des pièces issues du patrimoine musical algérien sont venues enrichir l'ensemble, apportant une dimension identitaire forte et une résonance émotionnelle particulière. Au-delà de la performance artistique, cette soirée a surtout symbolisé la capacité de la musique à dépasser les frontières. La collaboration entre artistes algériens et tunisiens, soutenue par l'orchestre de l'Opéra d'Alger, a illustré avec force le rôle de l'art comme vecteur d'unité et de dialogue entre les peuples. À la fin du concert, les applaudissements nourris ont confirmé l'adhésion totale du public. Plus qu'un simple spectacle, cette soirée a incarné une célébration vivante de la musique comme langage universel, porteur de mémoire, d'émotion et d'espoir pour l'avenir culturel.