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Fatema Bakhai. Romancière : «Je raconte l'histoire du peuple algérien»
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Publié dans El Watan le 02 - 11 - 2010

-Vous venez de publier aux éditions Alpha Izuran III, au pas de la Sublime porte, est-ce la fin de la trilogie ?
Oui. Je raconte l'histoire du peuple algérien. Vous direz que c'est ambitieux ! Je commence au néolithique. C'est une manière de contrecarrer certaines assertions qui ne me plaisaient pas sur les origines de la population maghrébine et sur les véritables composantes du peuple algérien. Il me semble qu'il suffit de dire : «Je suis algérien». Inutile de dire je suis arabe, kabyle, oranais, chaoui…
-Et c'est quoi être algérien ?
C'est la résultante d'une Histoire que les Algériens doivent connaître. Tout le monde devrait lire la série d'Izuran. Avec Izuran, au pays des hommes libres, j'ai commencé avec le néolithique jusqu'à la veille des conquêtes musulmanes. Avec Izuran II, les enfants d'Ayye, je démarre des conquêtes musulmanes jusqu'à la chute de Grenade. Je ne suis pas historienne, mais il me semble qu'il s'agit de moments importants dans l'évolution de la société maghrébine, algérienne en particulier. Izuran III, au pas de la Sublime porte remonte à la chute de Grenade jusqu'au fameux «coup de l'éventail» qui justifiait la colonisation de l'Algérie par les Français.
-C'est du roman enquête, du roman historique, comment peut-on l'appeler ?
C'est aux critiques de le dire. J'ai raconté une histoire, le reste ne m'appartient plus. J'ai fait beaucoup de recherches qui ont duré six ans. Le plus difficile fut les recherches pour écrire Izuran, au pays des hommes libres. Il y a un manque de documentations. Pour les deux autres romans, c'est encore plus difficile, parce qu'il y avait trop de documentations. Il fallait faire un choix et trier.
-Pensez-vous avoir tout dit dans ces trois romans ?
Bien sûr que non. Je donne une idée. Peut-être qu'il y aura une suite. J'ai choisi le terme «Izuran» qui signifie racines en tamazight. C'est un terme joli. Pour «Ayye», c'est la grand-mère. Ce terme est utilisé en Kabylie et dans l'Oranais. A Oran, on l'appelle parfois «yaya». Nous sommes donc les enfants d'Ayye. Dans le roman, Ayye est un personnage qui marque le passage de la préhistoire à l'histoire. Mes précédents romans ont évoqué la période coloniale. Je suis une passionnée de l'Histoire car je veux comprendre. Quand on cherche, on trouve beaucoup de réponses.


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