Souvent, on a eu à lire des affaires de soustraction d'enfants à leur mère. A Jijel, c'est un père divorcé qui crie à l'enlèvement de ses deux enfants, Melina (9 ans) et Yanis (7 ans) par son ex-femme et mère des deux enfants, une Algérienne établie en France. Abdelhalim Assaous, que nous avons rencontré dans notre bureau, est exaspéré par l'acte commis par son ex-femme et surtout par les complicités dont elle aurait bénéficié pour faire sortir ses deux enfants par l'aéroport international d'Alger le 12 juillet dernier, à bord d'un vol d'Aigle Azur. La remise des enfants à leur mère s'est déroulée après convocation des deux parties, en présence de leurs avocats, chez le procureur de la République près le tribunal de Jijel. Ce qui choque le plus notre interlocuteur, c'est l'attitude laxiste de l'institution judiciaire qu'il avait, nous dit-il, vainement tenté de prévenir de l'enlèvement programmé par la mère. Cette crainte a été accentuée par l'arrêt de la cour de Jijel prononcé le 10 avril 2011, donnant la garde des deux enfants au père avec droit de visite à la mère tous les samedis, pendant les fêtes nationales et religieuses et la moitié des vacances scolaires, sachant que les chérubins poursuivent leur scolarité à Jijel. Il y a lieu de souligner que le divorce avait été prononcé le 26 janvier dernier à Jijel en présence des concernés, mais le père avait décidé d'introduire un appel pour que la cour se prononce clairement sur la garde des enfants. Ce dernier, réticent, et qui redoutait un scénario d'enlèvement, avait, nous a-t-il raconté, demandé à l'instance judiciaire d'ordonner à son ex-femme de déposer son passeport avant de prendre ses enfants, vu qu'elle a présenté un document établissant son adresse à Aïn Azel, dans la wilaya de Sétif, où, normalement, doivent se trouver les enfants durant leur séjour avec leur mère. Malheureusement, un refus lui a été signifié. Outré par la transgression de l'arrêt de la cour donnant la garde des enfants au père après la sortie des enfants vers la France, le père, profondément meurtri et très inquiet pour la scolarité de ses enfants à l'approche de la rentrée scolaire, sollicite les autorités algériennes pour qu'elles interviennent afin que ses enfants puissent regagner l'Algérie où vit leur père et où ils poursuivent leur scolarité. M. Assaous est d'autant plus indigné que la sortie de ses deux enfants du territoire s'est faite illégalement et avec des complicités qui doivent être déterminées par les services concernés. Documents à l'appui, en effet, ses enfants sont encore portés sur son propre passeport. Se pose alors la question : avec quels documents de voyage ont-ils pu quitter le territoire national ? Il est utile de rappeler que l'instruction 10/008 du 15 juillet 2010 du ministère de l'Intérieur et des Collectivités locales relative à la sortie des enfants mineurs algériens du territoire national énonce que l'enfant accompagné d'un des deux parents doit présenter un passeport individuel ou, le cas échéant, être porté sur le passeport de l'un des parents. Puisque les deux enfants sont déjà portés sur le passeport du père, en cours de validité, comment ont-ils pu bénéficier d'un autre passeport ? L'autre question qui se pose est de savoir pourquoi l'interdiction de sortie des enfants du territoire, tel que stipulé dans ladite instruction, n'a pas été prononcée, puisque la garde a été donnée au père alors que la mère réside régulièrement en France ?