Sorties d'Ould-Abbès et situation inquiétante du pays    Une direction collégiale pour le FLN    La start-up chinoise qui devance Samsung dans la course aux smartphones pliables    Donald Trump remercie l'Arabie Saoudite pour la baisse du prix    VOTRE WEEK-END SPORTIF    «Abid-Charef est prêt à aller jusqu'au bout pour se défendre et être blanchi»    Les applications mobiles «boudées» par une majorité de médias algériens    Plus de 50 000 enfants victimes de maltraitance annuellement    Journée de contestation du personnel de l'éducation    Brioche salée    La prochaine édition sera maghrébine    Tiaret : L'université abrite un colloque sur le développement durable    Emigration clandestine : 413 harraga secourus et 1478 autres interceptés à l'Ouest depuis janvier    Boufatis : Affichage de la liste de 300 bénéficiaires de logements    20 blessés par les pétards    Le club El Assil gagne son pari    Violence coupable    FAF: Boualem Charef claque la porte    Ligue 1 : NAHD 1 MCO 0: Le Nasria en toute logique    Pourquoi l'Arabie Saoudite baisse sa production pétrolière    Recherché pour un accident mortel ayant coûté la vie à un policier: Un individu en fuite arrêté à Bethioua    Macron et les Gilets jaunes: La bataille de l'ancien monde    De la servitude à la soumission politique    Les Algériens sont-ils fatalistes ?    «La crise migratoire en Afrique, état des lieux, défis, enjeux et perspectives»    52 enfants palestiniens tués et plus de 900 arrêtés en 2018    Une tentative de transfert illégal de 25.700 euros déjouée à l'aéroport    Au moins 43 morts dans un attentat-suicide pendant un rassemblement religieux à Kaboul    La taxe d'habitation sur les factures d'électricité et gaz fait défault    Les élus du RND, Taj et PLJ rallient le FLN    Ecrivain et linguiste le plus prolifique de sa génération    Une mosquée du début du XIe siècle    Parachèvement de l'étude de restauration    Algérie - Niger : Examen des opportunités de coopération dans le secteur des transports et des travaux publics    Migration clandestine : La formation à l'entreprenariat des jeunes, un moyen de lutte "efficace"    La situation se complique pour les Algériens    Présidence d'Interpol : Face à la polémique, un général russe cède la place à un Sud-Coréen    Cacophonie au FLN    Guitouni annonce: "Un plan d'investissements de 75 milliards de dollars en 2018-2022"    Renault : Le conseil va discuter du remplacement temporaire de Ghosn    CS Constantine : Vers le recrutement de deux joueurs congolais    Budget 2019 en France : Large vote à l'Assemblée mais la bataille du pouvoir d'achat se poursuit    En l'absence d'Ali Bongo : L'Union africaine préoccupée par la crise politique au Gabon    85.000 enfants morts de faim oude maladie    Constantine : Le savant et penseur Mohamed Salah Essedik distingué    La 9e édition du du 22 au 26 novembre    La déclaration de politique du gouvernement présentée à la mi-décembre: Ouyahia à nouveau devant les députés    Le terroriste abattu à Mila, identifié    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





Le 1er novembre 2011 de Nassima Hablal
Ce que j'en dis
Publié dans El Watan le 25 - 11 - 2011

Ce 1er novembre 2011, Nassima Hablal n'avait qu'un mot à la bouche : «Il est parti sans m'avertir, il est parti sans m'avertir.» Il, c'est son fils unique, Youcef, décédé à l'hôpital, des suites d'une longue maladie.
Youcef a été hospitalisé en urgence, alors qu'elle-même recevait des soins à l'hôpital pour atténuer la douleur des tortures subies lors de son arrestation le 21 février 1957. Presque en même temps que Larbi Ben M'hidi. Les tortures et autres atrocités qu'elle a subies avec d'autres personnes, femmes et hommes d'origines algérienne, française, espagnole et autres, soupçonnées de soutenir le FLN en ces années 1950, ont laissé des traces indélébiles dans son corps et sa psyché. D'autant que «la question» à laquelle la société tout entière a été soumise et la terreur qui a été institutionnalisée par l'armée coloniale entendaient détruire toute forme de résistance à l'ordre établi. Nassima Hablal a connu à elle seule sept centres de tortures entre casernes, fermes (transformées en centres de tortures) et villa (Susini), où elle a subi des sévices plus atroces les uns que les autres : pendue au plafond la tête en bas, les électrodes, les bidons d'eau...
Inconsolable
Des tortures qui ont paralysé ses bras durant plusieurs jours (elle, la secrétaire d'Abane Ramdane, son agent de liaison avec Aïssat Idir, entre autres). Elle, la permanente au comité central de l'UGTA, qui saisissait le journal L'Ouvrier algérien, ainsi que le journal El Moudjahid de 70 feuillets à l'époque. Ces supplices qui ont sectionné ses nerfs, tuméfié ses muscles lui occasionnent aujourd'hui des douleurs insoutenables qui tenaillent ses os et son dos. Dans ces centres, elle a eu à subir, aussi, des tortures psychologiques : on la mettait à proximité des cellules de supplices pour qu'elle entende les hurlements des hommes soumis à la question et qu'elle croise des femmes hoquetant de douleur après ces séances d'une bestialité inimaginable, telles Denise Valbert, professeur à l'université, Salima Belhaffaf, épouse de Ben Khedda, Nelly Forget, une Française de gauche, ou Fatima Benosmane, une des pionnières du mouvement nationaliste. Nassima Hablal résidait en ces années-là dans une villa près du Jardin d'essai, choisie par le FLN pour servir de lieu de réunions et de contacts à Abane Ramdane avec toutes les personnes susceptibles d'aider le mouvement révolutionnaire naissant. Aujourd'hui, elle vit seule, sans son fils qu'elle vient de perdre, malade et inconsolable, dans un logement de fonction qui tombe en ruine.
Héroïne
S'il est vrai que ses voisines, amis(es) et parents l'entourent et la soutiennent dans sa dure épreuve, il n'en demeure pas moins qu'elle aurait droit à plus d'égards, d'autant qu'elle a tout, absolument tout donné à la Révolution algérienne, et cela depuis mai 1940, après qu'elle ait vu à Kherrata, exposé sur la voie publique, le corps en putréfaction de quatre jeunes assassinés et sans sépulture, sur ordre des autorités coloniales françaises. C'est à partir de ce moment et malgré le fait qu'elle travaillait au Gouvernement général (GG), qu'elle prendra fait et cause pour la Révolution algérienne et qu'elle commencera à fréquenter un groupe d'étudiants et activera dans une cellule à La Casbah, aux côtés de Fatima Zekkal (Mme Benosmane), Mimia Chentouf et d'autre jeunes filles, pour ramasser de l'argent pour le parti (PPA), en vendre le journal et surtout aider à la conscientisation des femmes de cette zone.
Juste avant 1954, elle commence à activer dans des réseaux aux côtés d'hommes comme Mustapha Ben Mohamed et avec des Français et des chrétiens de gauche pour soigner, vacciner et alphabétiser la population algérienne des bidonvilles. Mais arrêtons-là l'énumération des rôles joués (ô combien méconnus) par Nassima Hablal avant le déclenchement et durant la guerre de Libération. Il s'agit aujourd'hui d'aider une femme de valeur à traverser ces ultimes épreuves de façon qu'elle perçoive, même tardivement, notre respect, notre amour et la reconnaissance de ceux qu'elle a participé à libérer du joug colonial. Tout comme il s'agit aujourd'hui d'écrire l'histoire de Nassima Hablal, cette héroïne, témoin et actrice de la naissance du mouvement de Libération nationale, pour que son histoire personnelle éclaire la grande Histoire et qu'une transmission soit possible entre notre passé et notre présent et puisse articuler notre avenir.
Faïka Medjahed. Ppsychanalyste


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.