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Ali Enmer en fête
Yennayer à Batna
Publié dans El Watan le 15 - 01 - 2013

Le nouvel an berbère est célébré avec la même passion, même si de nombreuses traditions ont été perdues au fil du temps.
Sur la RN77, non loin de la commune de Merouana, une petite bifurcation nous invite à voyager dans le temps, au travers d'un chemin menant au village du nom de Ali Enmer, ex-Bozo. Au fil des deux kilomètres qui le séparent du flux de «civilisation», l'on s'engouffre dans une faille spatio-temporelle, où l'héritage culturel de la Numidie, matériel et immatériel, est encore vivace. Ici, dans l'un des derniers bastions de l'amazighité, on est sommé de faire attention au vocabulaire. En effet, le mot amazigh à un sens des plus sacrés. La langue parlée est unique et inchangée.
Les regards sont méfiants et incisifs à l'utilisation d'une autre langue. Inlassablement, et pour la 2963ème fois, on célèbre le nouvel an berbère, avec la passion si caractéristique du peuple éponyme, mais avec des moyens réduits, à la hauteur de la participation de chacun. Toute la journée du 12 janvier, coïncidant avec le premier Yennayer, a été l'occasion de célébrer l'accession au trône d'Egypte du roi Chechnaq, et aussi le début de l'année agricole.
Après l'hommage rendu au défunt chercheur sur l'histoire amazighe, le docteur Ammar Negadi, par un recueillement solennel sur sa tombe, les habitants se sont donnés rendez-vous à la maison de la culture où une exposition de plats et de mets traditionnels a été organisée. La journée continue avec une conférence donnée, au même lieu, par Mohamed Merdaci, proviseur à la retraite et chercheur, sur l'influence de la langue amazighe sur la langue d'Egypte. La soirée a été, quant à elle, libératrice. Au milieu d'une rue du village, une scène a été dressée. Au programme : l'infatigable Massinissa, Youba, Jimmy et Alaoua Toto, tout ce beau monde pour enchanter l'audience avec des rythmes entraînants et des paroles souvent engagées et militantes pour la cause amazighe. La chanson «le Roi Chechnaq» du nouvel album de Massinissa, a été interprétée en exclusivité pour l'occasion.
Au milieu d'un public enflammé, Kamel, un habitant rencontré sur place, nous parle, nostalgique, des traditions perdues de Yennayer. Naguère, au premier jour du nouvel an, on changeait les yenyens, les trois pierres qui servaient de socle de cuisson dans les cheminés. «Elles (Les trois pierres) étaient jetées dans une pente et l'on interprétait leur position comme de la chance pour celui qui les a jetées. L'appellation de Yennayer vient directement de ces yenyens», a-t-il affirmé. Au deuxième jour, on changeait les hanbel (toutes sortes de couvertures et de tapis).
Les vieilles femmes du village retournaient quelques pierres dans les champs pour interpréter les dessous révélés comme ce qu'on aurait comme bétail.
Et finalement, au troisième jour, on jouait aux jeux traditionnels. Le Thakourth, sorte d'ancêtre du cricket, était joué, selon Kamel, jusqu'aux années 1990. «J'étais l'un des derniers à avoir joué à ce jeu», s'est attristé notre interlocuteur. La venue de ce qu'il nomme comme «civilisation», a participé grandement à l'oubli des traditions et de l'identité berbère, qui leur sont si chères. «N'importe quelle région qui a été urbanisée, ne fête plus, et comme il se doit, le début de notre calendrier », a-t-il constaté. Par ailleurs, les nouvelles de la proclamation de Tamazight comme langue nationale en Libye, et celle de l'imposition du tifinagh au détriment de la graphique latine au Maroc, viennent croître le sentiment de déception de la population par rapport au pouvoir algérien à l'égard de cette constante identitaire.


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