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Par qui, pour qui ?
LOI SUR L'INFORMATION
Publié dans El Watan le 31 - 08 - 2004

Le débat, qui a lieu à travers la presse nationale sur la nécessité d'une loi (code ?) de l'information, illustre et prouve, s'il en est, que le secteur de l'information (presse écrite et audiovisuelle privée et publique) vit une sérieuse crise « identitaire » et pose la question de son rôle dans la société ainsi que celle de son avenir. Malgré la qualité de ses contenus et la noblesse de ses combats, la presse vit en permanence une situation à la fois précaire, cafouilleuse et nerveuse.
Situation qui relève d'une responsabilité collective. Les institutions de l'Etat comme les acteurs directs du monde de la presse, c'est-à-dire les journalistes doivent avoir, ensemble, le courage de poser clairement le rôle de chacun dans la société et surtout de définir le type de rapports qu'ils entretiennent.
La culture démocratique
Le rôle (fonction ?) du journaliste est d'être au service de la démocratie. C'est pourquoi tout naturellement la déclaration universelle des droits de l'homme consacre dans son article 19 le droit d'opinion et d'expression : « Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considération de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit. » Ce principe général est repris par une multitude d'Etats démocratiques dans le monde et adapté à des chartes des droits et devoirs des journalistes, dont celle adoptée par la Fédération internationale des journalistes (FIJ) et l'ex-Organisation internationale des journalistes (OIJ) en 1971 et qui précise que : « le droit à l'information, à la libre expression et à la critique est une des libertés fondamentale de tout être humain. » Partie intégrante des droits de l'homme, la liberté d'expression (et de presse) est le résultat de plusieurs siècles de luttes et conquêtes des civilisations humaines qui ont consacré la démocratie. C'est en ce sens qu'un Etat qui nie la liberté d'expression, nie la lutte séculaire de l'humanité pour ce noble principe, la liberté. Citons encore l'exemple du conseil de l'Europe (48 Etats membres, plus les observateurs) qui, face aux menaces sur la liberté de presse par les effets monopolistiques des grands groupes financiers et économiques, a tiré la sonnette d'alarme lors de la 4e conférence ministérielle européenne sur la politique des communications de masse, tenue à Prague les 7 et 8 décembre 1994 : « Le conseil rappelle les obligations qu'ont les Etats membres du conseil de l'Europe de défendre et de promouvoir les libertés des médias et le pluralisme des médias conformément à l'article 10 de la Cour européenne des droits de l'homme... Les ministres et chefs de délégations réaffirment leur attachement à la liberté d'expression et d'information, et à la libre circulation de l'information et des idées à l'intérieur et à travers les frontières, sans ingérence, en tant qu'élément fondamental du fonctionnement de la démocratie pluraliste et de la sécurité démocratique en Europe... Ils reconnaissent que l'exercice, libre et sans entraves des libertés journalistiques est vital pour la libre formation des opinions et idées. » Ainsi, toute société ou pouvoir qui refoule la liberté d'expression refoule sa propre évolution, son développement et son épanouissement. Cela pour les principes fondamentaux et généraux qui encadrent les raisons de défendre la liberté d'expression, dont celle de la presse. Seulement, une société n'est, naturellement, jamais homogène ou uniforme sur le plan de la pensée. C'est-à-dire que ces principes fondateurs auraient suffi à protéger la liberté d'expression si tous les membres de la société, individus et institutions, les défendaient honnêtement. Comme ce n'est pas le cas, il va falloir aller au détail et mettre des balises pour que le principe de liberté soit protégé des manipulations ou instrumentation à des fins personnelles par quelque partie que ce soit : pouvoir, groupes de pression, partis politiques, journalistes...
La déontologie et l'éthique ou la loi et la morale
Vouloir cerner tous les problèmes et risques qui guettent le secteur de l'information par une loi, un code ou une charte est prétentieux. Seulement, c'est la seule alternative qui reste aux sociétés pour avancer librement et s'épanouir. Pour faire la part des choses, disons qu'il revient à l'Etat au sens régalien du terme, la responsabilité d'assurer un égal accès au droit à l'information à tous les citoyens. Tout le reste, c'est-à-dire l'organisation et la structuration du secteur de la presse, sont de la responsabilité des journalistes eux-mêmes. Des structures syndicales aux conditions d'accès à la profession de journaliste, au fonctionnement des rédactions et jusqu'à l'adoption de charte ou principes de déontologie et de l'éthique relèvent exclusivement de la volonté et du pouvoir des journalistes. Il est surprenant de voir que c'est souvent le gouvernement, plus précisément le ministère de l'Information qui remet à l'ordre du jour et débat des questions de déontologie et d'éthique qui sont du ressort des journalistes. Inversement, et aussi surprenant, ce sont les journalistes qui discutent et débattent du code de l'information qui relève, lui, de la compétence d'abord du gouvernement et des instances élues du peuple. Cette inversion des rôles ajoute à la confusion du débat. C'est peut-être par là qu'il faudrait commencer si l'on désire mettre de « l'ordre » dans le secteur. Clarifier les missions de chacun. Aux journalistes d'organiser leur profession (syndicats, conseil de déontologie et de l'éthique, conventions collectives de travail...) et au gouvernement de s'atteler à garantir l'égalité de tous à l'accès et la diffusion de l'information, de contenir les effets monopolistiques (loi sur la concurrence, publicité...) et par dessus tout d'accompagner et d 'encourager les programmes de formation, non seulement dans les écoles de journalisme, mais aussi dans tous les cycles de l'éducation, du primaire au supérieur. Des problèmes comme ceux liés à la déontologie, donc en rapport avec la législation, ne trouveront pas meilleur cadre d'approche que les écoles de journalisme. C'est dans le droit aussi bien civil que pénal, public et privé que les aspects de la déontologie sont identifiés. D'autres questions, telles celles liées aux salaires, statuts, contrats de travail... du journaliste sont des éléments de protection et de défense de la déontologie du journalisme. En somme, au delà des principes du droit qui cadrent la déontologie de la profession de journaliste, il y a ceux de l'organisation de la profession, elle-même, qui touchent au statut, conventions collectives... du journaliste. A tout cet « accompagnement » de la déontologie s'ajoute, évidement, l'attitude intellectuelle du journaliste durant l'exercice de son métier. Ici, on aborde d'une certaine manière la question de l'éthique ou de la morale professionnelle. Si la plupart des journalistes font leur travail correctement, il y a comme dans toutes les professions ceux qui s'écartent pour des tas de raisons des limites morales et intellectuelles du métier. Face à ce genre de comportement, c'est encore une fois, la profession qui doit agir. Deux principaux niveaux d'intervention sont possibles. Le premier peut se situer à la base, c'est-à-dire dans la rédaction de l'organe de presse. D'où la nécessité pour chaque média d'avoir son propre conseil d'éthique et de déontologie, voire une charte interne à l'organe comme c'est le cas de beaucoup de rédactions dans les grandes démocraties. Une charte propre à un journal par exemple peut non seulement édicter un ensemble de principes de conduite, mais aussi mettre en évidence le danger d'obéir ou de collaborer à des politiques ou stratégies de communication mises au point par les pouvoirs politiques ou économiques. Le deuxième niveau d'intervention est celui du conseil national de la déontologie et de l'éthique. Loin de nous l'idée de donner un exemple type de ce genre de conseil. La seule exigence est qu'il soit l'émanation de la volonté d'abord des journalistes. Ensuite, une charte ou code de principes régira son fonctionnement et ses prérogatives pour encadrer ses missions. Un tel conseil avec de vraies prérogatives (délivrance de la carte de presse, auto-saisine par rapport à des écrits ou conflits entre journalistes et éditeurs...) sera, comme c'est le cas ailleurs, l'instance qui jugulera les dérapages et manquements graves à la profession. Le rôle des pouvoirs publics dans ce cas précis serait d'épauler, réglementairement, et en partie financièrement une telle structure professionnelle. Soyons réalistes et regardons ce qui se passe de par le monde. En Europe par exemple, toujours lors de la 4e Conférence ministérielle sur les politiques de communication de masse tenue à Prague en 1994, il est clairement énoncé dans la résolution n°2 portant sur les libertés journalistiques et les droits de l'homme que « les ministres s'engagent à reconnaître à tous ceux qui sont engagés dans la pratique du journalisme, le droit d'élaborer des normes d'auto-régulation telles que les codes de conduite, décrivant la manière dont leurs droits et libertés doivent être conciliés avec d'autres droits, libertés et intérêts avec lesquels ils peuvent entrer en conflit, ainsi que leurs responsabilités ». C'est donc, en situant et en précisant le rôle et les responsabilités de chaque partie (institutions gouvernementales et médias) dans la structuration (au sens noble) du monde des médias que l'on protégera le droit de la presse et la liberté d'expression des dérives et calculs de tout genre, y compris ceux à des fins politiciennes. Enfin, une telle entreprise commande la collaboration de tous, où les journalistes sont invités à donner leurs avis lorsque le gouvernement et le Parlement mettent en chantier un projet de loi sur l'information et, réciproquement, les représentants du gouvernement et autres institutions (justice, information, universités...) sont invités à s'exprimer lorsque les journalistes s'attelleront à élaborer une charte de déontologie et de l'éthique qui sera le missel de leur conseil national.


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