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Face à l'usure du pouvoir : Ennahda tangue et se radicalise
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Publié dans El Watan le 06 - 03 - 2013

Les mains d'Ennahda sont-elles tachées du sang de Chokri Belaïd ? La Tunisie entière retient son souffle, attendant que la vérité éclate. L'annonce de l'identité des présumés meurtriers affiliés au courant salafiste n'a pas calmé la colère de la rue qui exige de connaître les commanditaires.
Au-delà de la responsabilité politique de l'acte, mise sur le dos d'Ennahda par la famille du martyr, plusieurs voix ont relayé des fuites, et parfois de vulgaires rumeurs, impliquant les hommes de Ghannouchi. De véritables tirs croisés contre le parti au pouvoir déclaré comme la source de tous les maux du pays, ennemi de la révolution, porteur d'un projet de société périlleux. De moins en moins populaire et perdant de jour en jour des alliés, Ennahda se radicalise et se frotte aux plus extrémistes.
L'initiative de Hamadi Jebali et son retrait ont révélé, cependant, au grand jour des divergences internes et la présence d'au moins deux courants au sein du parti islamiste.L'opposition de Ghannouchi, à l'initiative du Premier ministre de former un gouvernement de technocrates, a mis à nu la domination d'un clan d'ultras, appelés les «faucons», sur un autre groupe de dirigeants qualifiés d'«hirondelles». Selon Mohamed Cherif Ferjani, professeur de sciences politiques et chercheur à l'université Lyon II, «il ne faut pas avoir une approche essentialiste considérant le parti Ennahda comme un bloc homogène et immuable. Il y a des mouvements qui le traversent et ceux qui ne suivent pas le mouvement se condamnent à disparaître».
Des faucons et des hirondelles
Hamadi Jebali, Ali Laârayedh ou encore Rafik Abdeslem et Samir Dilou ressemblent plus à des islamistes BCBG capables de s'adapter à la démocratie. Les deux premiers et malgré leurs rangs élevés dans l'organigramme du parti se sont distingués depuis leur prise de responsabilité par des positions d'ouverture sur la société. A l'opposé, Abdelfattah Mourou, H'bib Ellouz et le chef suprême,
Rached Ghannouchi, représentent, quant à eux, les radicaux, et jusque-là, ceux qui l'ont toujours emporté. «L'attitude de Hamadi Jebali procède de la logique de composer avec les contraintes qui s'imposent. L'attitude de Ghannouchi et de l'aile radicale d'Ennahda est une fuite en avant suicidaire qui rappelle celle des années 1980», explique encore Ferjani dans un long entretien accordé au quotidien tunisien La Presse. En effet, à l'épreuve du pouvoir, le parti subit l'usure qui le tiraille quotidiennement entre les convictions et le vécu.
Face aux Tunisiens, Ennahda doit livrer des réponses qui, souvent, n'existent pas sur les manuels dogmatiques. Face à l'opinion internationale, il doit assumer aussi ses promesses rassurantes pour le respect de la démocratie.
La contradiction mine le parti : tourner le dos à la violence en suivant le modèle de l'AKP turc ou bien s'enfermer dans un projet islamisant radical quitte à s'aliéner de larges franges de la société. Après l'assassinat, le 6 février, du leader de la gauche nationaliste Chokri Belaïd, le séisme, qui a frappé la Tunisie, a atteint Ennhada dans ses murs. Les deux courants ont dû s'affronter pour trancher l'attitude du parti, mais Ghannouchi et ses faucons ont eu le dernier mot.
Schizophrénie
La crise interne a été désamorcée, certes, et le Premier ministre «déchu» a été transformé, grâce aux calculs machiavéliques de Ghannouchi, en sympathique candidat à la présidence. Mais l'orage a laissé des traces dans la maison Ennahda, réputée inébranlable. En tentant de se «débrouiller» face à l'impasse politique dans laquelle se trouve le pays, le parti emprunte une voie suicidaire contre la volonté de la rue et l'ensemble des partis de l'opposition. Ces choix indiquent qu'Ennahda relègue au second plan les dangers qui guettent le pays, notamment la violence politique qui s'invite au quotidien.
Des pactes pour garder le pouvoir
Ennahda entend garder le pouvoir coûte que coûte. Il n'est pas question pour le mouvement de renoncer aux dogmes ni de condamner les agissements des salafistes, dont il a besoin d'ailleurs pour gagner les élections. L'agrément de nouveaux partis islamistes, dont le salafiste At'tahrir et le Parti islamiste tunisien, découle de cette logique de constitution d'un bloc islamiste radical. La relation d'Ennahda avec les salafistes n'est cependant pas sans conséquence pour le premier. Les pertes peuvent parfois dépasser le profit tiré de cette liaison puisque à chaque fois que les salafistes recourent à la violence pour s'exprimer, l'image d'Ennahda est altérée davantage chez les Tunisiens.
En Tunisie, l'idéal serait de séparer les radicaux et les modernistes, estime Mohamed Cherif Ferjani. Les radicaux seraient facilement marginalisés par la réussite de l'aile d'Ennahda qui choisira, selon lui, de s'inscrire dans la démocratie et la modernité.
Mais pour le moment, et la crise Jebali l'a démontré, Ennahda finit toujours par agir comme un bloc homogène.


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