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La gestion des projets doit s'insérer dans le cadre d'une planification stratégique
Planification et gestion des projets
Publié dans La Nouvelle République le 09 - 04 - 2026

Cette présente contribution, en fonction de mon expérience sur le terrain, loin des théories abstraites pendant plus de 40 années, est une analyse objective de la gestion des projets, expérience qui peut être utile pour l'Afrique.
Nous assistons depuis de longues années – et cela ne date pas d'aujourd'hui, à des déclarations des responsables chargés de l'investissement qui sont contredits par les indicateurs macroéconomiques et macro sociaux du pays, car si tous les projets déclarés avaient été réalisés, l'Algérie serait déjà un pays émergent.
Or, le président de la République Abdelmadjid Tebboune, lors du Conseil des ministres du 5 avril 2026 a ordonné un bilan serein, loin de toute euphorie mais également de toute sinistrose, insistant sur des réalisations concrètes palpables sur le terrain. Ainsi concernant le secteur mines, mais cela s'adresse à l'ensemble des secteurs, il a ordonné au gouvernement de définir avec précision et en détail les filières minières prioritaires pour la prochaine étape, tout en établissant rigoureusement les échéances d'exploitation et de production en insistant sur le fait que, dorénavant, seule une cadence soutenue dans l'exécution des orientations données et des plans d'action convenus sera acceptée comme choix incontournable visant à garantir une stabilité en matière de développement. Ainsi en reprenant certaines déclarations officielles des responsables chargés de l'investissement (source APS).
Entre 2002 et 2010, selon l'ANDI, aurait enregistré près de 2.000 milliards de dinars d'investissement avec plus de 25 000 projets d'investissement, dont 360 projets étrangers. En 2015, toujours selon l'ANDI, l'Algérie aurait enregistré 7950 projets déclarés contre 9904 en 2014 pour une valeur de 1473,41 milliards de dinars dont 98% sont des investissements locaux. Lors d'une journée d'information, organisée par l'Agence Algérie Presse Service (APS) et l'AAPI, sur le rôle des médias nationaux dans la promotion de l'investissement et le renforcement de l'attractivité de l'économie nationale, le nombre de projets enregistrés via les guichets uniques décentralisés et le guichet unique des grands projets et des investissements étrangers, entre le 1er novembre 2022 et le 21 décembre 2025, nous avons 19.054 projets déclarés, pour une valeur totale de 8.242 milliards de DA, lesquels devraient créer plus de 470.000 emplois.
Le 31 mars 2026, le bilan de l'AAPI a fait état de 21 087 projets d'investissement pour une valeur d'environ 8945,8 milliards de dinars, soit près de 68/70 milliards de dollars avec la création d'environ 520.000 emplois, mais précisant que 12 % sont en exploitation et 54 % en cours de réalisation et 34% n'ont pas démarré. Selon la CNUCED, les IDE qui ont été entre 2024-2025 au niveau mondial de 1600 milliards de dollars, 59 milliards de dollars pour le contient Afrique, une baisse de 38% et pour l'Algérie en légère augmentation pour un montant d'environ 1,43 milliards de dollars.
Qu'en a été réellement de la mise en exploitation des projets annoncés, des abandons de projets ou de projets ayant fait faillite ne répondant pas aux normes de rentabilité entre 2000 et 2025 et du non remboursement des prêts non remboursés souvent provenant de banques publiques ?
Selon les sources officielles (APS), entre 1997 et 2021, l'ex-Ansej (devenue ANADE), pour l'emploi pour les jeunes, a financé environ 371 528 entreprises, mais que ce dispositif a fait face à un taux d'échec élevé de près de 70 % des entités créées nécessitant une prise en charge en 2021, avec plus de 10 000 dossiers de dettes de projets en difficulté à rembourser ? Quant à l'AND devenue AAPI elle ne donne pas le taux précis de projets abandonnés, mais certaines données indiquent un nombre important de projets en souffrance, souvent liés à la bureaucratie, bien que des actions de dégel ont récemment permis de réactiver 890 dossiers en suspens, sur des milliers d'investissements enregistrés annuellement.
D'une manière générale, le constat en ce mois d'avril 2026 est que les recettes en devises de l'Algérie proviennent toujours à 92% des hydrocarbures brut et semi brut et si on inclut les dérivées d'hydrocarbures comptabilisées selon les statistiques douanières dans la rubrique hors hydrocarbures pour 67%, nous avons 98% de dépendance vis-à-vis de cette rente. Certes à l'intérieur du PIB qui peut être considérée en mathématiques comme une matrice, les hydrocarbures représentent 33%, mais si on inverse cette matrice, le résultat est qu' en dehors du social (politique généreuse des subventions généralisées et sans ciblage voir mon interview le 07/04/2026 à France Infos concernant les carburants), que la majorité des secteurs dont le taux d'intégration ne dépasse pas fin 2025 environ 15%, sont irrigués à plus de 75% par la rente des hydrocarbures, ce qui contredit les déclaration de certains responsables chargés de l'investissement qui induisent en erreur les autorités du pays. Afin de mesurer réellement les impacts de telles déclarations sur le concret réel, il s'agit d'éviter des actions conjoncturelles de peu d'effets à moyen et long terme, étant souhaitable que toute politique s'insère au sein d'une véritable planification stratégique collant avec la société.
Toute planification stratégique doit tenir compte à la fois les mutations mondiales, de la morphologie interne de la société, de son histoire, de sa situation présente et de son évolution car tout projet de société étant porté forcément par des forces politiques, sociales et économiques, les réformes étant fonction des rapports de force au niveau de la société et non au sein de laboratoires de bureaucrates déconnectés de la société.
Le seuil de rentabilité des projets capitalistiques, sous réserve du respect des délais de réalisation, après leurs mises en exploitation est de six-sept ans et pour les projets faiblement capitalistiques (PMI-PME) au bout de trois-quatre années. Pour l'Algérie, les enquêtes ont montré la déficience dans la gestion de nombreux projets. Uniquement pour la période 2000/2020, selon un rapport officiel du Premier ministère, l'assainissement des entreprises publiques a coûté au Trésor public environ 250 milliards de dollars, mais ces assainissements ont continué pour plusieurs milliards de dollars entre 2021/2025. Tout projet doit montrer clairement la hiérarchie des objectifs, les résultats escomptés, les indicateurs de performance, les échéanciers précis et les risques.
Le contrôle de la qualité de gestion des projets et l'appréciation des conditions d'utilisation des fonds de l'Etat permet d'éviter les surcoûts et les réévaluations permanentes. Ce qui permet de renforcer l'impact des projets en termes de rentabilité et de retour sur investissements. Les déficiences observées dans l'avancement des projets et les goulets d'étranglement ont entraîné souvent une mauvaise exécution des programmes d'investissement. Toutes ces insuffisances aboutissent à une mauvaise programmation, à la surestimation des dépenses et à de longs retards dans la réalisation.
Parmi les carences importantes, nous avons le décalage entre la planification et les priorités budgétaires, l'absence d'interventions et d'actions efficaces, la séparation entre le budget d'investissement et celui de fonctionnement, ainsi que les écarts considérables entre les budgets d'investissement approuvés et les budgets exécutés. Les nombreuses faiblesses et incohérences trouvent leur origine dans la qualité des projets, la faiblesse de la préparation technique du personnel d'exécution, en plus des interférences et des chevauchements des responsabilités entre les diverses autorités et parties prenantes obéissant à des injonctions politiques.
Pour s'adapter, l'action gouvernementale doit définir clairement les objectifs stratégiques et poser les bonnes questions. Quelles sont les contraintes externes (engagements internationaux) et les contraintes sociales internes ? Quelles sont les contraintes socio-économiques, financières et techniques ? Quels sont les choix techniquement possibles et les ensembles de choix cohérents, et quelles sont les conséquences probables de ces choix ? C'est pourquoi, il faut insister sur l'effort d'une information de vérité pour montrer l'opérationnalité de ces projets et donc l'action gouvernementale au profit des générations présentes et futures.
Professeur des Universités
Expert international
Abderrahmane Mebtoul


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