Alger accueille, depuis ce mardi, la toute première édition des Journées du cinéma féminin, un événement dédié à la mise en lumière de la place des femmes dans la création cinématographique. Cette initiative ambitionne de révéler comment les réalisatrices et artistes contribuent à façonner une image du cinéma qui reflète les évolutions sociales, culturelles et humaines du pays. Organisée à la Cinémathèque d'Alger, cette manifestation se déroule jusqu'au 9 avril sous l'égide du ministère de la Culture et des Arts. Pour cette première édition, un hommage particulier est rendu à la regrettée artiste Baya Bouzar, connue du grand public sous le nom de Biyouna, disparue récemment. À travers ce geste symbolique, les organisateurs souhaitent saluer une figure marquante dont le parcours a profondément marqué la scène artistique nationale. L'objectif principal de ces journées est de valoriser les parcours et les créations de femmes algériennes qui, à travers leurs œuvres, interrogent la société et en captent les transformations. À travers leurs films, ces créatrices proposent des récits sensibles, souvent ancrés dans le réel, qui explorent les multiples facettes de la vie quotidienne et des mutations du pays. Le directeur de la Cinémathèque d'Alger, Adel Mekhalfia, a souligné que cette manifestation se veut avant tout un moment de reconnaissance envers plusieurs générations de femmes cinéastes. Selon lui, ces dernières ont su ouvrir des perspectives nouvelles et donner accès à des univers profondément humains, tout en contribuant à préserver et transmettre une mémoire collective riche et nuancée. Il a également insisté sur le fait que la présence féminine en Algérie s'affirme de plus en plus dans de nombreux domaines, y compris celui du cinéma. Loin de se limiter à une simple expression artistique, le cinéma réalisé par des femmes constitue aujourd'hui un espace de réflexion et de dialogue. Il offre une lecture différente du monde, nourrie par des expériences singulières et des préoccupations propres aux femmes. La cérémonie d'ouverture a été marquée par un hommage rendu à plusieurs figures emblématiques du cinéma algérien. Parmi elles, la réalisatrice Nadia Labidi, ainsi que les comédiennes Bahia Rachedi, Nadia Talbi et Lydia Larini, saluées pour leurs contributions remarquables à l'évolution du septième art en Algérie. Le programme de ces journées se distingue par sa richesse et sa diversité. Il propose la projection de films longs et courts métrages, suivis de débats et d'échanges avec le public. Ces rencontres visent à approfondir la compréhension des œuvres présentées, tout en mettant en avant les choix artistiques et les thématiques abordées par leurs créatrices. Plusieurs films figurent à l'affiche, notamment Derrière le miroir de Nadia Labidi, Parkour de Fatma-Zohra Zamoum, La Nouba des femmes du mont Chenoua d'Assia Djebar ou encore Leïla et ses sœurs de Sid Ali Mazif. Des courts métrages viennent également enrichir la programmation, à l'image de Nia d'Imane Ayadi, Rahma de Hanane Gherbi, Chebchak Marikan d'Amel Blidi ou encore Je reviendrai hier de Badra Hafiane. Au-delà des projections, l'événement propose aussi des ateliers spécialisés consacrés à la critique cinématographique, à l'écriture de scénarii et à la réalisation. Ces espaces de formation et de partage sont complétés par des conférences qui abordent l'évolution du cinéma féminin en Algérie ainsi que les défis auxquels il est confronté. Plusieurs professionnelles et expertes participent à l'encadrement de ces activités, parmi lesquelles la productrice Samira Hadj-Djilani, la chercheuse Nedjma Zerari, ainsi que les réalisatrices Hadjer Sebata, Fatma Ouazzane et Fatiha Bourouina. À travers cette première édition, les Journées du cinéma féminin entendent s'imposer comme un rendez-vous incontournable, célébrant la créativité des femmes tout en ouvrant de nouvelles perspectives pour le cinéma algérien.