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«Le père est une invention sociale !»
Ziara du Tunisien Nawfel Saheb Ettaba projeté à Alger
Publié dans El Watan le 09 - 06 - 2014

Ziara, lune noire, du Tunisien Nawfel Saheb Ettaba, en compétition au 2e Festival d'Alger du cinéma maghrébin, plonge dans le monde insondable de la schizophrénie.
Le cinéma maghrébin est traversé par un nouveau courant qui pourrait s'appeler le drame psychologique. Le public du 2e Festival d'Alger du cinéma maghrébin, qui se tient jusqu'au 11 juin, a l'occasion de voir plusieurs films qui peuvent s'inscrire dans ce registre comme Formatage, du Marocain Mourad El Khoudi, ou Ziara, lune noire, du Tunisien Nawfel Saheb Ettaba. Ziara est une fiction qui met le spectateur mal à l'aise dès les premières images.
Youssef (Ghazi Zaghbani), chauffeur de taxi, sillonne la ville mais semble perdu. Que cherche-t-il ? Sa mémoire ? Son identité ? Youssef se retrouve, par hasard, dans une cérémonie de «stambali» (diwan ou gnawi tunisien). Il entre en transe, semble revenir vers le passé. Oui, mais lequel ? Une mystérieuse fille, transportée par une nuit pluvieuse, le mène vers un quartier, une maison qui ravive des souvenirs éparpillés. Souvenirs douloureux également. Youssef va tenter de remonter le temps péniblement. Nawfel Saheb Ettaba s'est appuyé sur les mystères et légendes qui entourent l'univers du diwan pour explorer les terres profondes de la schizophrénie. Le cinéaste a voulu «s'installer» dans la tête de Youssef, en jouant sur les situations dramatiques, sur les images et sur les lumières pour suggérer la schizophrénie latente du chauffeur de taxi.
Le film est sombre comme peut l'être l'âme d'un homme sans mémoire. Mais ce côté obscur a failli dénaturer le récit, voire troubler la vision. Le va-et-vient entre l'univers imaginaire du schizophrène qui s'ignore et la réalité est parfois insaisissable, vaporeux. Ghazi Zaghbani s'est plutôt pas mal débrouillé pour un rôle complexe, malgré des petits passages à vide. Le jeu théâtral a quelque peu marqué l'interprétation du comédien (il est connu pour des pièces de théâtre comme La leçon et Le poids plume). Yacine Azaiez et Mahdi Ahmadi ont composé une musique qui a bien porté l'histoire de la fiction. «Je ne fais pas de films pour les Tunisiens, mais pour le cinéma. Libre aux gens d'y voir un film tunisien ou pas.
Ziara est ancré dans un décor tunisien (…). J'aime beaucoup le cinéma de David Lynch. Il m'arrive de ne pas comprendre ce qu'il entreprend. Je me suis rapproché de David Lynch dans Ziara avec le plan d'ensemble de la fille qui arrive chez Youssef, où l'on voit des murs, des couleurs, une certaine ambiance… J'ai revu Mulholland drive, j'ai compris le film cette fois-ci !» a confié Nawfel Saheb Ettaba, lors du débat sur le film, hier, à la Cinémathèque d'Alger. Sorti en 2001, Mulholland drive raconte l'histoire d'une femme amnésique qui fait la rencontre d'une autre femme rêvant de devenir comédienne à Hollywood.
Cette fiction a obtenu le prix de la mise en scène au Festival de Cannes. Nawfel Saheb Ettaba a avoué ne pas vouloir brouiller les pistes, comme l'Américain David Lynch, dans ses films. Le cinéaste tunisien a plongé dans le monde du «stambali» pour réaliser un documentaire sur cette musique et cette tradition d'essence africaine (en 2002). Il en a profité pour élaborer le scénario de Ziara (coécrit avec Tarek Ben Châabane). «Dans Ziara, j'ai évité le côté folklorique. Je voulais ancrer le ‘‘stambali'' dans la réalité populaire. Youssef se retrouve dans cet univers. Un univers qu'il a connu sans qu'il le sache. J'ai demandé aux personnes qui sont entrées en transe sur ce qu'elles ont vu durant ces moments. En fait, elles ne souviennent de rien ! Je ne voulais pas montrer le vide, le néant» a précisé Nawfel Saheb Ettaba, grand amateur de la musique stambali ou gnawie. Ziara, lune noire, comme la plupart des fictions maghrébines de ces dernières années, malmène le père. «Je me suis rendu compte que je tue toujours le père dans mes films.
C'est inconscient. J'ai un problème avec le père. Cela fait longtemps que j'ai ‘‘tué'' mon propre père, mais lui ne veut pas lâcher. Je vis avec. Le père est une invention sociale, une arnaque des religions. Je vous donne un détail : Moïse n'a pas connu son père. Idem pour Jésus. Saydna Mohamed fut orphelin. Alors, c'est quoi le père ?» s'est-il interrogé, lui-même père d'une fille. Nawfel Saheb Ettaba, qui est également producteur, a réalisé sa première fiction El Kotbia (La librairie) en 2003. Il prépare le tournage d'un nouveau long métrage, El Bachalauriat sur le phénomène de l'immigration clandestine.


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