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Les documents remis par la France en 2007 ne comportent aucune information nouvelle
Colonel Hcene Gherabi. Chargé du dossier des mines antipersonnel
Publié dans El Watan le 01 - 08 - 2014

-Des plans des zones minées ont été remis par la France au ministère de la Défense en 2007. Vous ont-ils été utiles dans le travail de déminage que vous avez accompli ?
La remise des cartes et autres documents en rapport avec les mines antipersonnel a eu lieu le 20 octobre 2007 par le chef d'état-major des armées françaises au général de corps d'armée, vice-ministre de la Défense nationale, chef d'état-major de l'ANP, Ahmed Gaïd Salah. Il ne nous appartient pas de commenter ce geste unilatéral et solennel, ni la valeur historique certaine des documents remis. A notre niveau de compétence et en fonction de notre champ d'intervention qu'est la mise en œuvre de la Convention d'Ottawa, ces documents ont été examinés sous un angle technique, celui du paragraphe 2 de l'article 5 de cette convention qui met à la charge de chaque Etat partie le soin d'identifier toutes les zones minées ou susceptibles de l'être se trouvant sous sa juridiction. Après exploitation, il s'est avéré que ces documents ne comportaient aucun élément d'information nouveau nous permettant la découverte de champs de mines autres que ceux que nous connaissions déjà. Le résultat infructueux de cette exploitation a fait l'objet d'une mention, notamment dans le rapport annuel de transparence du gouvernement algérien de 2008, transmis au secrétaire général de l'ONU.
-L'expérience algérienne en matière de déminage est devenue importante. Pouvez-vous nous en parler ?
Ce que je peux vous dire et d'une manière certaine, c'est que l'Algérie avait entamé dès 1963 un déminage systématique des champs minés. D'ailleurs, notre première Constitution dans son article 10 visait à détruire tous les vestiges du colonialisme. Parmi ces vestiges, il y a cet héritage lourd, notamment les fameuses lignes de Challe et Morice qui verrouillaient le territoire algérien au niveau de nos frontières avec le Maroc et la Tunisie. En 1963, il y a eu deux bataillons de déminage qui ont été créés avec l'aide de l'Union soviétique. Cela a permis aux combattants de l'ALN, devenus militaires de l'ANP, de faire ce travail que l'on ne qualifiait pas, jadis, d'humanitaire. Ce travail a été mené sans relâche, et ce, jusqu'à la dissolution de ces deux bataillons en 1988. Ils ont eu à leur actif un bilan très important reconnu de par le monde. Ils sont arrivés à détruire 7 819 120 mines antipersonnel et ont pu nettoyer plus de 50 000 ha de terre. Ces terrains ont été rendus à leur vocation initiale, comme terrains de parcours ou terrains aptes à la valorisation et au développement de projets socioéconomiques.
-Mais l'opération de déminage a repris en 2004…
L'adoption de la Convention d'Ottawa a permis l'éclosion du concept de déminage humanitaire. Forte de son expérience dans le domaine et aussi du poids de notre histoire, l'Algérie a été évidemment signataire de cette convention dès son adoption à Oslo en 1997. En la ratifiant, l'Algérie a entamé une deuxième phase, celle du déminage humanitaire. Le nettoyage des terrains non encore déminés a été relancé conformément à l'article 5 de la convention, le 27 novembre 2004. Au 30 juin 2014, les unités militaires ont neutralisé 920 125 mines antipersonnel et nettoyé près de 8000 ha de terrain.
-Les mines antipersonnel se trouvent seulement sur les lignes Challe et Morice ou existent-elles dans d'autres régions du pays ?
Affirmatif. Il existe des mines en dehors de ces lignes, soit de manière isolée ou sous forme de bouchons de mines d'importance variable. Cela prouve que partout où il y avait des combats, ces zones sont susceptibles de contenir des mines. Toutefois, il est important de relever que la plus forte densité de minage se trouve sur les lignes Challe et Morice.
-Cela fait trois ans déjà que nous n'avons pas enregistré de victime. Peut-on parler aujourd'hui de l'efficacité des opérations de déminage entreprises ?
Indéniablement, ceci est le fruit du travail de nettoyage entrepris. Il y a aussi le travail de sensibilisation que nous effectuons dans les zones minées. Dans ce domaine, nous travaillons en collaboration avec la société civile au moyen d'outils développés, notamment avec Handicap International et sept associations locales algériennes de victimes de mines antipersonnel.
-Quelles sont les difficultés que les militaires rencontrent sur le terrain ?
Il y a le problème des conditions climatiques qui engendrent des phénomènes comme l'érosion qui emporte les mines en dehors de leur position initiale. Il y a aussi la difficulté du relief lorsque celui-ci présente des difficultés d'accès. L'expérience acquise compense généralement toutes ces difficultés. Mais notre objectif est de parvenir à une Algérie exempte de mines en avril 2017.
-Ces difficultés constituent-elles les raisons de la demande en 2011 de prolongement du délai fixé par l'article 5 ?
A la relance des opérations de nettoyage en novembre 2004, l'armée a opté pour la méthode de nettoyage manuel. Cette méthode est connue pour être lente, mais efficace et sûre. Les unités militaires progressent, minutieusement, centimètre carré par centimètre carré, afin d'assurer un travail de qualité. Un programme allant jusqu'à avril 2017 a été proposé par l'Algérie. L'assemblée générale des Etats parties à la convention l'a validé en décembre 2011. Actuellement, ce programme est conforme à nos prévisions. Des rapports d'étape d'exécution dudit programme ont été déposés à cet effet devant les assemblées annuelles des Etats parties.
-Quels sont vos partenaires dans ce vaste chantier ?
Ils sont plusieurs à partager cette cause avec nous. Nous trouvons en premier lieu les Nations unies avec lesquelles un projet d'appui a été conclu en décembre 2006. Il y a aussi Handicap International, le Comité international de la Croix-Rouge, le Conseil national économique et social (CNES) ainsi que la société civile algérienne représentée par sept associations implantées dans les zones traversées par les lignes Challe et Morice et en dehors.
-Peut-on considérer aujourd'hui que la Convention d'Ottawa est une solution au problème des mines antipersonnel dans le monde, et en Algérie particulièrement ?
Oui incontestablement. D'ailleurs, cette convention est venue après un échec constaté en 1996 à la suite de l'adoption d'un modificatif au deuxième protocole additionnel de la Convention de 1980 sur les armes classiques. Il a été remarqué que les mines antipersonnel n'étaient pas totalement interdites. La société internationale s'est alors mobilisée pour demander l'interdiction totale de leur utilisation. D'où l'adoption en 1997 de la Convention dite d'Ottawa qui interdit définitivement aux Etats membres l'emploi de la mine, notamment.
-Mais elle n'oblige en aucun cas les pays non signataires de la convention, notamment les Etats-Unis, la Russie ou la Chine, grands pays producteurs de mines, à se soumettre à l'interdiction.
Vous évoquez là le problème de l'universalisation de la convention. Comme pour tous les instruments internationaux concernant le désarmement, tant que les conventions ne rassemblent pas l'ensemble des pays, elles restent relatives. Aujourd'hui, nous avons 164 Etats parties. Nous avons de grand pays producteurs qui n'ont pas émis le désir de signer ladite convention. Il faudra atteindre son universalisation un jour pour qu'on puisse dire que la mine antipersonnel est totalement interdite.
-Conformément à la Convention d'Ottawa, l'Algérie avait détruit son stock de mines antipersonnel en 2005. Pouvez-vous nous parler de cette opération ?
L'Algérie détenait, avant la ratification de cette convention, des mines antipersonnel, un stock qui était soit en dotation, soit dans ses magasins. Donc, conformément à l'article 4 de cette convention, l'Algérie s'est attelée à détruire le sien. Des séquences de destruction de ce stock ont été programmées. La dernière a eu lieu le 21 novembre 2005, six mois avant les délais exigés, qui sont de quatre ans.
-Revenons à la Convention d'Ottawa. On constate que l'accord oblige les Etats membres au déminage, mais elle ne pénalise guère les Etats responsables. Pourquoi ?
Je pense que cela est dû au fait que cet instrument de désarmement n'a pas retenu le principe du pollueur-payeur. Cette question a été évacuée avec l'assentiment de tous lors des débats qui ont précédé son adoption.


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