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La Constitution de 1997 n'a jamais été appliquée
Léonard Vincent. Auteur de Les Erythréens (éditions Rivages, 2012)
Publié dans El Watan le 20 - 02 - 2015

- Vous évoquez la naissance d'un mouvement de résistance, de désobéissance civile en Erythrée. Comment cela se traduit-il ?
Il s'agit d'un mouvement clandestin et pacifique, coordonnant des membres de la très nombreuse diaspora érythréenne avec des militants anonymes à l'intérieur du pays. Tout a commencé il y a deux ans, avec une initiative hebdomadaire, tous les vendredis. Après avoir réussi à mettre la main sur un annuaire téléphonique du pays, ils ont commencé à passer des appels ciblés, diffusant des messages d'information ou de mobilisation depuis l'étranger : les familles des prisonniers politiques demandaient la libération de leurs proches, par exemple. C'est pourquoi le mouvement s'appelle «Arbi Harnet», ce qui, en tigrinya, signifie «Vendredi de la liberté». Peu à peu, le mouvement a grandi, s'est mieux organisé et désormais colle des affiches, distribue des tracts et, depuis récemment, écrit des slogans subversifs sur les billets de banque.
- Que demandent ces Erythréens qui appellent à la désobéissance ?
Ils demandent tout simplement la fin du despotisme : la libération de tous les prisonniers politiques, la mise en œuvre de la Constitution de 1997, écrite mais jamais appliquée, la fin de la loi martiale et l'instauration de l'Etat de droit, les libertés civiles et politiques. Mais ils sont conscients que le parti unique, au pouvoir depuis l'indépendance, n'est pas en mesure, de par sa nature même, d'appliquer ce programme.
- Quelle est la situation politique aujourd'hui en Erythrée ?
Elle est absolument figée : une société totalement militarisée, où les lycéens sont enrôlés de force à l'âge de 17 ans et pas démobilisables avant la cinquantaine, un parti unique omniprésent verrouillant l'économie et la vie politique, une armée prétendument «populaire», bâtie sur le modèle maoïste, composée d'officiers fanatiques et de conscrits terrorisés, un pouvoir paranoïaque et mégalomane qui contrôle tout, aucune liberté, des prisons pleines de réfractaires n'ayant ni avocat, ni procès, ni visites, pas de système judiciaire.
Et tout cela sous l'autorité d'un seul homme, Issayas Afewerki, qui fut le chef de la rébellion indépendantiste qui a conquis le pouvoir au terme de 30 ans de guérilla, entouré d'une petite clique de militaires et d'idéologues qui fonctionnent sur un mode familial, ultra-secret, que beaucoup d'Erythréens qualifient de «mafieux».
- On entend souvent parler d'Erythréens qui migrent vers l'Europe. Comment se passent ces tentatives de migration ?
Quelques-uns parviennent à traverser la mer Rouge vers le Yémen ou l'Arabie Saoudite, d'autres font défection vers Djibouti ou, pour les fonctionnaires, profitent d'un voyage officiel à l'étranger pour fausser compagnie aux gardes qui les accompagnent. Mais une grande majorité d'entre eux —entre 3000 et 4000 par mois, selon l'ONU, pour un pays de 6 millions d'habitants— passent par les camps de réfugiés de l'ancienne ligne de front avec l'Ethiopie, et surtout par le Soudan, l'un des derniers alliés d'Asmara en Afrique.
De là, soit ils dépérissent dans des camps insalubres pendant des années, soit ils sont kidnappés par des trafiquants bédouins qui les conduisent dans des centres de torture en Egypte, d'où ils ne sont libérés qu'après avoir payé une rançon astronomique, allant jusqu'à 30 ou 40 000 dollars et subi des sévices inouïs ; soit ils parviennent à passer en Israël, où ils sont traités comme des moins que rien ; soit ils continuent leur fuite jusqu'en Libye, où ils sont parqués, rackettés, brutalisés, exploités, avant de prendre place à bord de l'une de ces coques de noix qui sombrent souvent en Méditerranée. Les Erythréens forment l'une des plus importantes communautés de réfugiés du monde, alors qu'il s'agit de l'un des plus petits pays du monde ! Le pays se vide, méthodiquement.


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