Il a défié tous les obstacles pour atteindre son objectif, celui d'être artiste plasticien. Nous l'avons rencontré au Zenith, où il a exposé ses œuvres lors de la semaine culturelle de la wilaya d'Adrar à Constantine, à l'occasion de l'évènement culturel de 2015. Youcef Debagh nourrissait une passion pour le dessin depuis sa jeunesse. A Adrar, sa ville natale où il a vu le jour le 4 janvier 1980, il n'a cessé de développer ses dons alors qu'il était collégien et lycéen, jusqu'à ce qu'il décide de rejoindre un jour l'école des beaux arts d'Oran. Malgré l'éloignement et les difficultés d'un jeune arrivé d'une ville du sud située à 1400 km, il réussira à intégrer l'école après avoir passé avec brio le concours d'entrée en 2005. «J'ai pu obtenir une note de 14/20, ce qui n'était pas du tout facile à l'époque ; c'était comme dans un rêve», révèle-t-il. Entre 2005 et 2009, Youcef Debagh passera ses études, non sans difficultés. C'était encore l'autre défi de sa vie. «Pendant mon séjour à Oran, je faisais des travaux de décoration durant les week-end pour pouvoir subvenir à mes besoins», nous dira-t-il. De ce séjour, il garde de très beaux souvenirs d'El Bahia, mais aussi de ses enseignants Ahmed Benzodmi, et Madame Seghier, qui l'on beaucoup marqués. Après l'obtention de son diplôme en spécialité sculpture, il sera recruté comme enseignant d'éducation artistique dans un collège, avant de rejoindre la maison de la culture d'Adrar en 2013 où il continue à ce jour de former et d'encadre des talents en herbe. «Bien qu'il y ait de vrais talents à Adrar, qui ont un grand engouement pour le dessin, ils ne trouvent pas assez d'encadrement; nous avons un manque terrible en enseignants d'éducation artistique dans le secondaire», regrette Youcef. Ce dernier optera dans sa carrière pour les arts plastiques, où il s'est illustré dans l'art abstrait qu'il a adopté parmi tant d'autres. «C'est une forme d'expression que j'apprécie beaucoup pour le choix de mes sujets, car elle n'a pas de limites ni dans le temps dans le lieu», notera Youcef. Ses thèmes, il les puise de son environnement, de la nature à Adrar, des traditions locales, de la lutte de l'homme pour la survie dans une région aride, et des scènes de la vie quotidienne, en utilisant des techniques qu'il a innovées lui-même à partir du sable, du tissu et des objets récupérés. Ses références parmi les sommités de l'art demeurent Picasso, Léonard de Vinci, Nasredine Dinet et surtout M'hamed Issiakhem pour lequel il voue une énorme admiration. Le vœu le plus cher de Youcef Debagh est l'ouverture d'une école pour l'apprentissage de l'art à Adrar, même si elle soit un établissement privé. «C'est un rêve que je caresse depuis des années, et que j'espère qu'il sera une réalité un jour», conclut-il.