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le bricolage assombrit davantage le climat des affaires
l'économie algérienne otage de l'instabilité politique
Publié dans El Watan le 25 - 05 - 2015

Surgissant au moment où l'Algérie doit afficher une volonté politique sans faille pour faire face aux périls qui se profilent à l'horizon, c'est, bien au contraire, à une cacophonie de l'action gouvernementale que l'on assiste depuis le début du très controversé quatrième mandat du président Abdelaziz Bouteflika.
La formation d'un nouveau gouvernement qui ne brille ni par la qualité de l'écrasante majorité de ses membres, ni par la clarté des actions dont il sera chargé conforte, de surcroît, cette fâcheuse tendance à l'improvisation qui ne convient guère à un pays qui a plus que jamais besoin de mener de profondes et courageuses réformes pour réamorcer sur de bonnes bases son développement économique et social.
A l'absence de visibilité politique et économique qui caractérise depuis plusieurs années déjà le pays, est, en effet, venu s'ajouter une série de couacs dont la conséquence la plus apparente est sans conteste le refroidissement du climat des affaires qui n'était déjà guère brillant. Les investisseurs nationaux et, sans doute encore plus les étrangers, ne feront certainement pas preuve d'enthousiasme à risquer leur argent dans une telle conjoncture faite d'incertitudes et de maladresses politiques.
C'est universellement connu, les détenteurs de capitaux ont besoin de sécurité, de stabilité et d'un Etat fort pour promouvoir des investissements productifs réputés coûteux et risqués. A défaut et quand les conditions générales le permettent, les activités de négoce (import-export) constituent des créneaux particulièrement lucratifs que ces derniers n'hésitent pas à occuper en attendant que l'environnement des affaires s'améliore.
C'est sans doute ce qui explique la présence d'environ 60 000 sociétés d'importation et l'engouement pour le négoce plutôt que pour l'investissement productif, au moment où l'Algérie est en proie à une désertification industrielle sans précédent.
Les entreprises de production restantes continuent, de surcroît, à fermer les unes après les autres sous l'effet d'une ambiance des affaires qui ne s'améliore guère et d'une action gouvernementale qui brille par son incohérence, ses volte-face et l'absence totale de signaux forts en faveur des industriels. L'édification d'une infrastructure industrielle moderne et performante requiert en effet, d'abord et avant tout, la présence d'un Etat fort qui affiche clairement ses objectifs en matière de soutien aux producteurs et aux investissements productifs, ce qui n'est, à l'évidence, pas le cas aujourd'hui.
Ce n'est effectivement pas une image de cohérence et de sérénité que renvoie la présidence de la République et le Premier ministère depuis quelques mois, avec notamment cette série d'ordres et de contre-ordres relatifs à la formation du nouveau gouvernement et à la gestion de certaines filières de l'économie qui trouble les citoyens en général et les acteurs économiques en particulier. Il faudrait, sans doute, ajouter à cette incohérence qui caractérise l'action gouvernementale les intrusions de plus en plus persistantes de certains oligarques proches du cercle présidentiel dans la haute sphère politique.
Ces derniers ont en effet pris un poids politique, notamment depuis qu'ils ont contribué financièrement à la réélection de d'Abdelaziz Bouteflika. Lorsqu'un manque de visibilité politique, comme c'est le cas actuellement, se présente, il est de tradition que les acteurs économiques et, notamment les investisseurs, mettent en veilleuse leurs projets en attendant de voir plus clair.
C'est précisément ce qui explique l'immobilisme (certains experts parlent même de panne) qui affecte notre économie en général et l'industrie en particulier. A défaut de visibilité, les détenteurs de capitaux continueront à être, chaque année, plus nombreux à rejoindre les rangs des importateurs.
Trop longtemps victimes de l'instabilité juridique et des errements des dirigeants politiques, les acteurs économiques algériens ne croient, du reste, plus à une éventuelle amélioration du climat des affaires, du moins sur le court terme.
La promesse d'une promulgation d'un nouveau Code des investissements plus incitatif et sécurisant que celui qui est actuellement en vigueur n'ayant pas été tenue, il est à l'évidence bien difficile de convaincre les opérateurs économiques concernés des bonnes intentions de nos dirigeants politiques en matière de soutien qu'ils promettent d'apporter aux investisseurs.
Les échéances politiques annoncées (révision de la Constitution) ou supposées (élection présidentielle anticipée) ne sont, par ailleurs, pas du tout de nature à estomper leurs craintes, notamment pour ceux qui envisagent de promouvoir de coûteux investissements au moyen de leurs fonds propres.
La machine économique se trouve de ce fait grippée et de plus en plus rivée sur les activités d'importation et ce n'est certainement pas la campagne médiatique pour la promotion de la production nationale en cours qui réussira à changer le cours des choses.
Bien qu'il n'ait jamais été sollicité par la classe politique et, encore moins par l'opinion publique, le dernier remaniement politique a, de surcroît, fait perdre à l'Algérie tout espoir de redressement économique et social.
Aussi bien par le choix de certains nouveaux ministres qui avaient brillé par leurs échecs aux postes qu'ils avaient occupés précédemment, que par le maintien de ministres gravement mêlés à des affaires de corruption, le nouveau gouvernement porte, en effet, en lui tous les germes d'un échec annoncé et d'une perte de temps supplémentaire dont l'Algérie n'avait nullement besoin.
L'échec est d'autant plus certain que le nouveau gouvernement ne dispose d'aucune feuille de route émanant d'un président de la République qui, bien que gravement affaibli par la maladie, continue à accaparer tous les pouvoirs de décision et à entraver la tenue des Conseils des ministres au moyen desquels il est censé transmettre ses instructions au gouvernement en place.
A ce sombre tableau des points faibles de ce nouveau gouvernement, il faudra, sans doute, ajouter la révision de la Constitution qui le fera automatiquement disparaître dès son adoption avant la fin de l'année en cours, si on s'en tient aux déclarations de certains hauts dignitaires du régime.
Faute de pouvoir redresser l'économie du pays, nos gouvernants seront très certainement enclins à dépenser le plus gros de leur énergie dans des actions de diversions (répression d'actions politiques et syndicales, manipulation de la religion et de l'islam radical, accentuation de la division dans la société, etc.), plongeant ainsi l'Algérie dans une redoutable crise morale que l'on voit du reste déjà poindre à travers certaines polémiques véhiculées par les réseaux sociaux, les émeutes et les grèves qui ponctuent l'actualité de nombreuses entreprises et localités du pays, qui se sont exacerbées ces dix derniers mois.


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