Le lancement de gros travaux d'assainissement et de réfection de conduites d'AEP au centre-ville de Béjaïa, coïncidant avec le coup d'envoi de la saison estivale, irrite la population et les estivants. L'entreprise qui a pris en charge la réalisation de ce projet poursuit les travaux au niveau de Sidi Ahmed, où les engins et les effectifs ont été déplacés. Le projet vise vraisemblablement à surdimensionner les canalisations souterraines afin de régler le problème des inondations que connaît la ville de Béjaïa pratiquement chaque hiver. Cependant, à Dawadji, les riverains sont pénalisés par ce qui s'apparente à un chantier ouvert, puis abandonné, à en juger par la non-remise en état de la chaussée, les tranchées et les avaloirs laissés ouverts et sans sécurisation. Un habitant de Sidi Ahmed estime que «ces travaux risquent de s'étaler encore longtemps vu la faible cadence des travaux, malgré la mise en place d'une équipe de nuit sur le chantier». Des axes importants, comme la route des Aurès, la route passant par l'Ecole militaire des cadets, le boulevard de l'ALN, ainsi que la route qui mène vers le quartier Sidi Ahmed sont mis en chantier et restés défigurés. Et ce n'est pas fini. Selon l'APC de Béjaïa, six autres sites sont concernés par ces travaux. Routes excavées, trottoirs défoncés, trous béants et des déviations créées pour réguler, sans succès, une circulation infernale. «En entrant en ville, nous avons l'impression de traverser un chantier au milieu des engins mécaniques, des camions et le vacarme qui en découle, et ce, sans compter les dangers potentiels qui peuvent y survenir», dit un fonctionnaire originaire d'Akbou, qui se rend à Béjaïa tous les jours. Pour un automobiliste, «les artères de la ville sont transformées en véritables pistes agricoles poussiéreuses et jonchées de nids-de-poule et de crevasses. Certaines routes sont réduites à une seule voie à cause des travaux, on y passe plus d'une demi-heure avant d'arriver à destination». Les désagréments de ce chantier et sa lenteur, qui a pourtant démarré à un rythme soutenu, ont fait réagir, également, les commerçants, notamment les propriétaires de fast-food, de restaurants et de cafés, dont les activités commerciales ont été pénalisées à cause de la poussière et l'accessibilité parfois réduite à leurs établissements. Quant aux riverains, ils multiplient les acrobaties en se déplaçant sur les trottoirs parsemés de planches, de blocs de pierre et de trous. De grosses buses occupent toujours des coins de trottoir. Sur la route des Aurès, où les travaux semblent achevés, comme ailleurs dans la ville, la chaussée n'a pas été remise en état. L'entreprise a décampé en laissant derrière elle des caniveaux ouverts, des matériaux de construction déposés sur les trottoirs représentant un danger pour les conducteurs et compliquant la marche et la circulation automobile. Les pouvoirs publics, qui déclarent être soucieux de la quiétude des habitants et des visiteurs de la ville et avoir réuni les bonnes conditions d'accueil pour les milliers d'estivants, ont réussi à courroucer tout ce monde. Nous avons tenté de joindre les responsables de la mairie pour plus de détails sur ce chantier, en vain.