Avec 60% de la production locale, «l'Algérie se rapprocherait de l'objectif des 70% d'autosuffisance en médicaments». L'affirmation vient d'Oxford Business Group (OBG), s'appuyant sur les propos du directeur général de la pharmacie et des équipements de santé au ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière. Ce dernier affirme que la production algérienne de médicaments a été multipliée par cinq au cours des cinq dernières années, face à une baisse de 14% des importations. Sur 246 projets enregistrés fin 2015 dans le secteur pharmaceutique, 183 sont dédiés à la production de médicaments. «Si la valeur des importations a augmenté, passant de 1,87 milliard de dollars en 2015 à 2 milliards de dollars en 2016, le volume de celles-ci a chuté de 12,3%, conséquence de la croissance de la production locale et de la dépréciation de la monnaie nationale», explique le communiqué d'Oxrfd Business Group, qui analyse la situation et l'évolution du secteur pharmaceutique en Algérie, qui est en pleine expansion depuis l'année 2016, au cours de laquelle sa valeur a fait un bond de 22% , atteignant 3,3 milliards d'euros, et plaçant le marché algérien au deuxième rang dans le continent après l'Afrique du Sud. Ces résultats optimistes pour le marché du médicament Made in Algeria a «suscité l'intérêt de nombreux investisseurs, pour qui le pays constitue une destination d'investissement attrayante et une base intéressante pour exporter vers les autres nations africaines», souligne OBG en notant que la croissance de ce secteur a été favorisée par, entre autres mesures, l'interdiction de l'importation de médicaments pouvant être produits localement et la création du Laboratoire national de contrôle des produits pharmaceutiques. Prochaine ouverture de la plus grande usine Sanofi en Afrique L'attractivité du marché algérien du médicament se traduit par de nombreux projets. Le plus attendu est celui du plus grand centre de production en Afrique et au Moyen-Orient, que compte ouvrir le laboratoire Sanofi à Alger et plus précisément dans la localité de Sidi Abdellah. Les travaux de construction de cette plus grande usine régionale de Sanofi sont à un taux d'avancement de 90% aujourd'hui, et l'entrée en production de l'usine est prévue pour la fin de l'année en cours. Avec un investissement consenti de 85 millions d'euros, la nouvelle usine Sanofi promet une capacité de production de 100 000 unités par an soutenue par une équipe de 300 employés. «Le site, destiné à la fabrication de formes sèches et liquides, produira environ 80% des volumes de Sanofi distribués dans le pays, ce qui en fera le plus grand centre de production du géant pharmaceutique en Afrique et au Moyen-Orient», lit-on dans le communiqué d'Oxford Business Group. Autre projet porteur souligné par OBG, celui liant le laboratoire pharmaceutique algérien HUP Pharma et le jordanien Jamjoom portant sur l'ouverture d'une usine de fabrication de produits ophtalmiques. «D'un montant de 130 millions de dollars, l'usine sera construite à Constantine selon la règle d'association des 51/49%, et aura une capacité de production de 250 millions de flacons de collyres par an. Elle fabriquera également une gamme de 15 produits ophtalmiques habituellement importés.»