Questions sans réponses    Facebook s'invite à la présidentielle    Makri sensible à l'option    50 millions de dollars de services numériques exportés    L'Algérie manque de cadres dans le commerce international !    Création d'une agence de régulation    Le maréchal dira-t-il me voilà ?    «Le plan de partition de la Syrie n'est pas nouveau»    Mohammed Bensalmane en quête d'alliés et de contrats en Asie    Le temps des regrets    Rien ne résiste au NC Magra    «La nature de la demande syndicale a changé»    Deux amateurs de parapente meurent accidentellement au cours d'exercices    Un assassin sous les verrous    Création de l'orchestre symphonique de la ville d'Oran    Les Constantinois renouent avec le cinéma    Tikoubaouine à la conquête de la capitale du chaâbi    Chlef : L'annexe d'athlétisme fermée devant les participants aux championnats de wilaya    Division nationale amateur - Ouest: La JSMT maintient la pression sur l'OMA    Conférence internationale sur la sécurité: La fracture de l'Occident    Allez-y tout doucement Messieurs !    Le ras-le-bol    Prescription des traitements d'oncologie innovants: Le ministère de la Santé revoit sa copie    Anem: Près de 400 cadres demandeurs d'emploi placés en 2018    Le Complexe olympique de Belgaïd aborde sa dernière ligne droite: Le poids des «aberrations» du passé et des «fausses» réserves    RC Relizane: Latrèche démissionne, Beldjilali limogé    80ème anniversaire de la Guerre civile espagnole: Oran, pour un hommage aux réfugiés républicains    Le terroir algérien à l'honneur: Une semaine gastronomique de la ville d'El Oued à l'hôtel Royal    Commémoration de la Journée du Chahid    La révolution algérienne, un exemple pour la liberté des peuples    Les droits de l'Homme infiltrent nos prisons    La France domine la compétition, l'Algérie au tableau des 32    La double confrontation CRB - NAHD au stade du 5-Juillet    Abdelaziz Bouteflika : «L'Algérie attachée à ce choix stratégique et populaire»    La revendication sociale se transforme en atteinte à la Sûreté de l'Etat    Le système actif à Oran, Alger et Annaba    Les candidatures sont ouvertes jusqu'au jeudi 4 avril 2019    «Si on venait à mourir, défendez nos mémoires» (Didouche Mourad)    Un terroriste arrêté à Alger    L'or perd-t-il de son éclat ?    L'opposition cherche toujours un candidat    Chine : Les prix ralentissent, la crainte d'une déflation monte    Accord de pêche UE-Maroc : Appel au boycott des produits issus du Sahara occidental occupé    Selon Moscou : Un coup d'Etat militaire au Venezuela devient une priorité des USA    EDF : L'Ebitda a rebondi en 2018 mais risque de stagner cette année    17 millions de dinars dérobés !    Horreur à Haouch El Makhfi    14e Salon international de défense à Abou Dhabi.. Gaïd Salah prend part à l'ouverture    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





Marchés informels : La plaie béante de l'économie
Economie : les autres articles
Publié dans El Watan le 21 - 07 - 2017

Ils sont disséminés dans toutes les villes du pays et emploient plusieurs milliers de personnes. Un programme de lutte contre le commerce informel a été initié par les pouvoirs publics.
Si certains marchés informels ont été éradiqués définitivement, d'autres finissent par réapparaître. Ces lieux de négoce illégaux persistent et représentent une tache tenace difficile à effacer. Analyse. Dans les rues des grandes et petites villes, sur des tables ou même par terre, plusieurs milliers de commerçants ambulants opèrent dans le commerce informel et proposent toutes sortes de produits aux passants. Vêtements, literies, bijoux, produits alimentaires et agroalimentaires… tout s'écoule dans les marchés informels, sans respect des règles les plus élémentaires de l'hygiène publique.
Cependant, si ce «commerce» fait le bonheur des quelque 50 677 intervenants illégaux, il fait aussi le malheur des commerçants formels. «Le marché noir étouffe l'activité légale ! Aujourd'hui, nous, propriétaires de magasins et opérant dans la légalité, trouvons plus de difficultés à écouler notre marchandise face aux autres commerçants illégaux», confie Mohamed, propriétaire d'un magasin de produits cosmétiques à Alger.
Et d'ajouter : «Le pire dans l'histoire, c'est que la plupart des consommateurs préfèrent acheter leurs produits dans le marché parallèle sans se rendre compte que cela peut, dans certaines situations, les mettre en danger, comme c'est le cas pour les produits cosmétiques ou alimentaires». Si ce phénomène affecte l'activité des commerçants légaux, il porte un sacré coup également à tout le secteur économique du pays vu les liens, directs ou indirects, qu'entretiennent les deux commerces. «Le secteur marchand informel s'alimente au début à partir du secteur officiel comme principale source en amont, et entretient des liens directs ou indirects avec le secteur officiel comme principal client en aval.
Les critères fondamentaux qui contribuent à cette accumulation du poids de ce secteur sont identifiés à partir des points de transactions où, à chaque étape, une part des flux devient invisible en passant par un autre canal non contrôlé, avant de revenir ensuite dans le premier circuit officiel en fin de parcours, et avec une valeur moins importante», explique l'expert économiste Souhil Meddah. Selon ce dernier, l'apparition et l'émergence des marchés informels sont intervenues il y a quelques années alors que la demande publique était le principal moteur de croissance.
«Diverses sous-activités ont fait leur apparition et se sont accrues à partir de la demande progressive à la consommation et un financement tiré à partir des ressources officielles distribuées pour tous les acteurs économiques dont certains sont identifiés et d'autres non.» Pour lui, cette liberté de disposer de sommes plus ou moins importantes sur le marché de la consommation a progressivement favorisé la multiplication des valeurs imperceptibles cumulatives avec le temps, mais qui sont replacées une autre fois dans le circuit officiel une fois passées par le l'espace informel.
Eradication
Pour sa part, l'économiste Mohamed Achir affirme que l'économie informelle représente en Algérie environ 45% du PNB, selon des statistiques officielles. Autrement dit, «45% du PNB qui n'est ni taxé, ni régulé, ni contrôlé. Cette partie de l'économie non formalisée doit constituer le défi majeur du gouvernement.
Ainsi, l'économie nationale est touchée surtout dans les ressources budgétaires de l'Etat, il y a un manque à gagner énorme pour le budget. Aussi, l'informel fausse la concurrence et la croissance des entreprises et crée des distorsions entre les opérateurs économiques.» Souhil Meddah, quant à lui, affirme que ce phénomène entraîne de facto une sous-fiscalisation et un faible niveau de bancarisation.
«Les deux aspects sont liés et se traduisent par une limitation de la liquidité sur l'une des phases les plus importantes du soutien économique en ressources financières, et par le fait que les recettes du Trésor public accusent un manque important avec un circuit bancaire limité dans ses ressources pour la création monétaire», explique-t-il.
Soulignant que cette situation engendre aussi d'autres effets qui ne sont peut-être pas visibles à court terme, mais qui influent progressivement sur le moyen et long termes par la limitation du rythme de fonctionnement des autres facteurs réels, l'activité économique, la contribution de l'Etat, les collectivités locales, l'emploi, les services, la consommation et l'inflation. Face à cette situation, le gouvernement algérien semble perdre la maîtrise. Et si plusieurs efforts sont marqués par les pouvoirs publics, le résultat n'est toujours pas ressenti.
En 2012, les walis avaient reçu l'instruction d'accélérer l'opération d'éradication du commerce informel pour l'intégration des différents intervenants dans le circuit officiel. Cinq ans après, les résultats de cette opération ne sont toujours pas atteints. Ainsi, les marchés anarchiques implantés un peu partout continuent à s'imposer. En effet, aujourd'hui, sur les 1453 marchés informels recensés en 2012 à l'échelle nationale, 403 restent encore à éradiquer, selon les dernières déclarations du ministère du Commerce.
Quant au nombre de marchés informels éradiqués jusqu'au 15 juin 2017, il a atteint les 1050, tandis que ceux qui ont réapparu après leur éradication a été de 216. Pour l'économiste Souhil Meddah, si le problème des marchés informels persiste toujours, c'est parce que le champ d'action des pouvoirs publics est relativement limité. Il explique : «Il y a même certains acteurs économiques non commerçants qui évoluent dans le secteur informel sans le savoir : l'exemple des activités entre particuliers, les ventes et achats, le commerce de détail. Et aussi les moyens de paiement bancaire ne sont pas adaptés pour avoir une meilleure traçabilité des flux entre acteurs».
Marchés de proximité
De l'avis des experts, cette résistance est également due au manque de marchés de proximité, considérés comme la seule alternative aux marchés informels. Seulement, suite à la baisse des ressources financières et les décisions qui ont suivi, dont le gel des projets de réalisation des marchés de proximité, la situation n'a fait que s'aggraver. Le nombre de projets de réalisation de marchés couverts au niveau national est passé de 291 à 80, soit uniquement moins du tiers à réaliser.
Jusqu'à fin 2016, le nombre de marchés couverts réceptionnés a été de 21 seulement, alors que pas moins de 44 nouveaux marchés informels ont fait leur apparition, selon un rapport du ministère du Commerce. Pour venir à bout de ce problème, Mohamed Achir assure que les institutions de l'Etat doivent être renforcées et modernisées. Il faut leur donner de multiples moyens et la latitude leur permettant de contrôler la traçabilité des transactions économiques et financières, sans recourir à la répression ou à des mesures autoritaires.
«L'intégration progressive des acteurs de l'informel doit être menée à travers une approche progressive, négociable et consensuelle. La formalisation ne peut réussir que si l'Etat propose des solutions fiables, efficaces et non bureaucratiques qui n'augmentent pas en effet les coûts de transaction. Une réforme institutionnelle de l'économie est primordiale pour formaliser et institutionnaliser des marques économiques traditionnelles telles que la finance solidaire et informelle», ajoute-il.
L'économiste Souhil Meddah conclut, quant à lui, en disant que le contrôle de ce marché nécessite le recours à d'autres moyens de régulation et de contrôle, comme «les paiements par voie électronique, la révision du système déclaratif pour les catégories à revenu fixe ou précaire avec la révision du poids des subventions dans les fluctuations des prix. L'élargissement du champ de contrôle par l'application des moyens de contradiction et de comparaison dans les détails avec les états déclaratifs des opérateurs défaillants, la canalisation des services et aussi favoriser des grands labels considérés comme des contribuables sérieux».


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.