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Mémoire de mai
Publié dans El Watan le 08 - 05 - 2008


Les massacres de Sétif, Guelma et Kherrata, le 8 mai 1945, constituent l'une des pages sombres de l'histoire française. La répression menée par l'armée colonialiste avait fait des milliers de morts parmi les manifestants algériens sortis en grand nombre après la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Soixante-trois ans après les tragiques événements du 8 mai 45 en Algérie, les historiens, y compris français, s'accordent à souligner leur caractère prémédité et sa finalité criminelle. Il y a aujourd'hui le recul et certainement la sérénité aussi, nécessaires à la juste qualification de la terrible action punitive engagée par la France coloniale contre des Algériens épris de liberté. L'ampleur des moyens mobilisés pour réprimer étaient largement disproportionnés par rapport à une revendication pacifique des manifestants algériens qui ne s'attendaient pas à un aussi puissant déploiement guerrier. Les autorités coloniales, mais au-dessus d'elles le gouvernement français, avaient en fait adopté de longue date la conduite à tenir contre les manifestants algériens. Le général de Gaulle lui-même était un tenant de la répression implacable à laquelle il apporta sa bénédiction en tant que chef emblématique de la France. Son image de héros, sa stature de libérateur ne peuvent être, dans la balance de l'histoire, qu'entachées du sang des milliers de morts tombés à Sétif, Guelma et Kherrata. Des exégètes de la domination colonialiste ont certes tenté de minimiser l'importance des chiffres de la répression en imputant aux Algériens une volonté délibérée de les amplifier. Il se trouve que cette pratique du déni et de la censure qui a toujours marqué le discours officiel français sur l'Algérie est contrecarrée par les rapports des services de renseignements étrangers, l'espionnage américain en particulier, qui attestent de la violence effroyable des répressions. A telle enseigne que l'historien français Jean-Louis Planche a pu qualifier cette répression de crime d'Etat lors du colloque international sur le 8 mai 45 tenu dans la ville de Guelma. Crime d'Etat en grande partie parce que tous les courants politiques français étaient unanimes à frapper les Algériens : les avions qui ont bombardé les villes insurgées relevaient de l'autorité d'un ministre de l'Air communiste du gouvernement de Gaulle, Charles Tillon, auquel les massacres n'ont posé aucun problème de conscience. Le 8 mai 1945 est une date centrale qui fonde les nouvelles générations d'Algériens à ne pas accepter l'énoncé même du postulat selon lequel le colonialisme a pu avoir un rôle positif. C'est un repli idéologique qui ne dédouane pas la France des responsabilités qui sont les siennes dans une tragédie que les archives pourraient désigner non plus seulement comme un crime d'Etat, mais un crime contre l'humanité qui serait imprescriptible à ce titre et appuyé par des témoignages accablants. Cela ne diminue évidemment en rien de la portée éminemment symbolique des initiatives de l'ambassadeur de France en Algérie, tout comme celles de son prédécesseur. Ils ont fait des gestes de toute évidence nécessaires mais qui resteront insuffisants s'ils ne conduisent pas les décideurs français à transcender, enfin, ce continuum réducteur de la paix des cimetières qui, en 1945, avait entraîné les massacres d'Algériens à Sétif, Guelma et Kherrata.

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