La Ligue arabe demandera au Conseil de sécurité d'appeler à Israël à lever le blocus de Gaza. «Nous nous préparons à aller au Conseil de sécurité pour lui soumettre un dossier du conflit israélo-arabe dans son ensemble et lui demander, en coordination avec la Turquie, la levée immédiate et définitive du blocus de Gaza », déclare Amr Moussa, le secrétaire général de la Ligue à l'issue d'une réunion marathon extraordinaire - entamée mardi au niveau des ambassadeurs elle s'est poursuivie mercredi soir à huis clos avec les ministres des Affaires étrangères, dont M. Abdelkader Messahel -, convoquée pour convenir d'une réponse collective à l'assaut israélien contre des militants pro-palestiniens qui ont tenté de forcer ce blocus en vigueur depuis juin 2007. Joignant l'acte à la parole, la Ligue annonce qu'elle enverra dans les prochains jours des aides humanitaires et du matériel de secours et de construction dans la bande palestinienne pour « briser » ce blocus « par tous les moyens » sans donner des détails sur ces « moyens ». Dans leur déclaration, les chefs de la diplomatie arabes qui demandent au reste du monde de « prendre des mesures pour mettre fin au siège, d'ignorer ce blocus en envoyant de l'aide, menacent de démarches auprès de la Cour internationale de Justice pour poursuivre les responsables israéliens qui assument la responsabilité de cette attaque. Des ministres arabes, qui sont convaincus comme Amr Moussa qu'Israël « n'a pas l'intention de coopérer avec les efforts de paix », ont estimé après la réunion que la déclaration du Caire n'est pas à la hauteur de l'événement. Ils ont suggéré la « suspension » jusqu'à nouvel ordre des négociations dites de « proximité » entre les Israéliens et les Palestiniens et de « toute sorte de normalisation avec Israël » conformément aux décisions du sommet arabe de Syrte (Libye) de mars dernier. Quelques-uns ont demandé à l'Egypte et la Jordanie de rompre leurs relations avec Israël et de saisir cet « épisode » de la flottille comme un tournant dans le conflit israélo-arabe, car il exhorte le monde à agir pour briser le siège et voir la vraie nature de l'Etat d'Israël. « La situation à Gaza est inacceptable et ne peut pas durer ». Derrière les mots d'Hillary Clinton se dessine la condamnation du blocus. Même si au sens stricto sensu, la situation relève d'un embargo que les humanitaires ont fissuré. Lors de son retrait de Gaza en novembre 2005, Israël a conclu avec l'Autorité palestinienne un accord qui stipule clairement la réouverture de l'aéroport de Gaza et le passage de 400 camions par jour entre les deux territoires. L'ONU et le Quartette ne pensent pas autrement. Comme le principal allié d'Israël, Ban Ki-moon et Tony Blair trouvent la situation d'« inacceptable, immoral et intenable ». 70% des habitants vivent sous le seuil de pauvreté et près de 40% de la population est au chômage. Malgré tous ces appels, Netanyahu reste de marbre. Certains analystes estiment peu probable qu'il aille au-delà de gestes humanitaires. «L'Etat d'Israël continuera à exercer son droit à l'autodéfense et sa sécurité est au-dessus de tout », dit-il. Le supprimer, ajoute-t-il, reviendrait à faire de la bande de Gaza une base de lancement pour les missiles iraniens qui menaceraient à la fois Israël et l'Europe. Au mieux, selon son bureau, il pourrait permettre à des navires marchands de gagner le territoire palestinien mais à condition que leurs chargements soient préalablement inspectés.