Le commissaire de police Azzedine Merazka, chef du service central de lutte contre le commerce illicite de drogue, a annoncé, hier, au forum de la sûreté nationale, la saisie de 57 tonnes de cannabis en 2012 et l'arrestation de 11.685 personnes. Pour les premiers cinq mois de l'année en cours, les forces de l'ordre ont saisi 13 tonnes de drogue et arrêté 6336 individus. La lutte contre ce trafic est l'une des priorités des services de sécurité puisque même les drogues dures ont été saisies en 2012 (1 kg d'héroïne et 7 kg de cocaïne). Cette saisie a été opérée à l'aéroport Houari-Boumediene. Concernant les comprimés psychotropes, les quantités vont crescendo. La sûreté nationale a pris les devants en mettant en place un plan. Il s'agit, entre autres, de la formation du personnel pour lutter contre la contrebande des psychotropes et le renforcement de la prévention. Pour le Pr Khiati, président de la Forem, les quantités saisies ne représentent que 10 à 30% de ce qui existe sur la marché y compris pour les autres drogues. « Ceci démontre le danger qui guette les jeunes, qui constituent la majorité de la population ». Le plus dangereux, c'est l'utilisation des enfants par les dealers qui savent qu'un mineur échappe à la prison. Reste la cellule familiale qu'il faut soutenir car des parents démissionnaires signifie prise en charge par la rue des enfants qui manquent de loisirs et d'attention parentale. A son tour, le président des anciens scouts musulmans algériens (SMA) a fait part de son programme de lutte contre la toxicomanie par les caravanes qui ont sillonné plusieurs wilayas pour sensibiliser sur ce phénomène. Abderahmane Bergui de l'association Ouled Lhouma appelle à s'attaquer aux causes profondes de la toxicomanie avec des stratégies et des partenaires car le jeune rejeté par tous, affirme-t-il, a besoin de considération. La présidente de l'association Adjialouna a relevé, quant à elle, le manque de centres de désintoxication pour prendre en charge les jeunes qui veulent « décrocher ». Mais en l'absence des représentants des secteurs de la Santé et des Sports, son constat est resté sans suite.