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Abu Bakr, premier calife de l'Islam / 2-Le différend avec Ali et ses proches
La succession au prophète (QSSSL) et les premiers Califats
Publié dans Horizons le 22 - 07 - 2013

Le jour qui suivit, Abu Bakr alla à la mosquée du Prophète (QSSSL). Là, des gens prêtèrent serment d'allégeance. Lorsque tout fut fini, Abu Bakr monta sur une estrade en tant que Calife de l'Islam. Alors il parla à la foule comme suit : « Ô les gens, j'ai été élu comme guide bien que je ne sois pas meilleur que quiconque d'entre vous. Si j'agis bien, soutenez-moi. Si je m'égare, remettez-moi dans le droit chemin. Ecoutez, la vérité est l'honnêteté et le mensonge est la malhonnêteté. Les plus faibles d'entre vous sont puissants à mes yeux, tant qu'on ne leur donne pas leur dû, si Dieu le veut. Les plus puissants d'entre vous sont les plus faibles à mes yeux, tant qu'ils ne prennent pas de leurs richesses pour rendre ce qu'ils doivent aux autres, si Dieu le veut. » « Ecoutez si les gens cessent de combattre pour Allah, Allah fera s'abattre Sa disgrâce sur eux. Si un peuple devient malfaisant, Allah fera s'abattre ses calamités sur lui. » « Ecoutez vous devez m'obéir aussi longtemps que j'obéis à Allah et à son Messager. Si je désobéis à Allah et Son Messager, vous êtes libres de me désobéir. » Pendant six mois Ali et certains de ses proches ne firent pas allégeance à Abu Bakr. C'était à cause d'une divergence d'opinion avec le Calife. Le saint Prophète (QSSSL) avait des terres à Médine et Khaibar. Sa fille, Fatima, et son oncle, Abbas, réclamèrent cette terre. Mais Abu Bakr mit cette requête de côté, à la lumière de ce que le saint Prophète (QSSSL) avait dit : « Nous, les Prophètes, ne peuvent laisser d'héritage. » disait-il « tout ce que nous laissons est propriété publique. » Fatima ne savait rien des paroles de son père. Elle pensait qu'elle était entièrement dans son droit en réclamant son dû. Cela créait une légère amertume dans son esprit, et dans l'esprit de son époux, Ali. Les hypocrites en profitèrent pour en ajouter à cette incompréhension. Mais Abu Bakr et Ali étaient également généreux. Pendant la maladie de Fatima, Abu Bakr lui-même alla la voir et éclaircit le malentendu. Après sa mort, Ali alla voir Abu Bakr et lui dit : « Ô Siddiq, nous admettons ta supériorité. Nous n'envions pas la position qu'Allah t'a accordée. Mais en tant que proches parents du Saint Prophète (QSSSL), nous pensions que le Califat était notre droit. Tu nous avais pris ce droit. » Ces mots amenèrent des larmes aux yeux d'Abu Bakr et il dit « Par Allah, les parents du Prophète (QSSSL) sont plus chers à mes yeux que mes propres parents. » Ces mots rassurèrent Ali. Il alla à la mosquée et prêta publiquement allégeance.
L'expédition d'Oussama relancée
Plusieurs semaines avant sa mort, le saint Prophète (QSSSL) avait choisi Oussama pour conduire une expédition contre la Syrie. Il devait venger la mort de son père Zaïd tué lors de la bataille de Muta. Les préparatifs de l'expédition étaient en cours lorsque le Prophète (QSSSL) tomba sérieusement malade et trépassa. Cet événement retarda l'expédition d'Oussama de quelques semaines. Dès qu'Abu Bakr devint Calife, sa première pensée fut d'accompagner cette expédition. La mort du Prophète (QSSSL) fit croire aux gens que l'Islam allait s'éteindre avec lui. De nombreuses tribus avaient découvert leur foi en l'Islam seulement depuis peu de temps. Ils n'étaient absolument pas fermes dans leur foi. Plusieurs d'entre eux, maintenant, donnaient des signes d'éloignement de l'Islam. Abu Bakr devait faire face à une situation difficile.
« Personne n'a le pouvoir de changer un commandement d'Allah »
Mais Abu Bakr devait mener à bien les commandements du Prophète (QSSSL) coûte que coûte. Il était déterminé à mener l'expédition prévue. « Comment pourrais-je mettre en berne le drapeau que le Prophète (QSSSL) a dressé lui-même. C'est tout simplement impensable » , dit-il. Abu Bakr accompagna Oussama à quelques kilomètres de Médine. Le jeune commandant était à cheval alors que le Calife marchait à ses côtés. Oussama dit « Ô successeur du saint Prophète (QSSSL), monte aussi à cheval et permets à un homme de descendre. » « Par Allah », répondit Abu Bakr, « je ne serai d'accord sur aucune de ces deux choses. Quel mal cela peut-il me faire d'avoir un peu plus de poussière sur les pieds, alors que j'avance sur le chemin d'Allah ? Pour chaque pas que quelqu'un fait vers Allah, il recevra la récompense de sept cent bonnes actions. » Omar était également un des hommes sous le commandement d'Oussama. Mais Abu Bakr avait besoin de lui, à Médine, pour le conseiller. Alors il demanda à Oussama d'autoriser Omar à rester à Médine. La requête fut acceptée. Avant que le Calife ne fasse ses adieux à Oussama, il lui donna quelques conseils utiles. L'expédition eut un autre effet positif. Elle ouvrit les yeux à ceux qui croyaient que l'Islam était en perdition. Ils eurent une preuve tangible que l'Islam était toujours capable de défier un des plus grands pouvoirs du monde. Certaines tribus, qui avaient effectivement quitté l'Islam, retrouvèrent leur foi. Abu Bakr trouva le pays en proie à la guerre civile. Les provinces éloignées, comme Nejd, furent les premières à ressentir des troubles. Ses populations avaient accepté l'Islam lorsqu'il semblait être le meilleur chemin à suivre, elles ne savaient rien du véritable esprit de l'Islam. Pendant des siècles, ils n'avaient connu aucune autorité externe. Ils étaient habitués à être libres comme les vents qui soufflent à travers le désert. L'Islam les avait soumis à la discipline. Ils devaient vivre sous les lois morales de l'Islam. Les beuveries et les jeux des « jours de l'ignorance » n'étaient plus. L'esprit sauvage du désert les fit se rebeller contre le contrôle moral. Ils refusèrent notamment de payer la Zakat. Abu Bakr réunit le Conseil et lui demanda son opinion. Plusieurs des membres du Conseil étaient en faveur d'une action douce. Abu Bakr n'écouta pas de tels conseils. Si d'autres personnes ne me soutiennent pas, je combattrai seul. Personne n'a le pouvoir de changer un commandement d'Allah. » Cependant, la situation était extrêmement tendue. Parmi les non-payeurs de la Zakat se trouvaient les tribus voisines de Abs et Zabyan, Asad et Tay. Ils pensaient soutirer une concession de la part du Calife, en proposant de rester Musulmans à condition d'être exemptés du paiement de la Zakat. Fidèle à son courage, Abu Bakr refusa fermement leur proposition. En même temps, il fortifia Médine, à cause des menaces d'attaques des troupes rebelles. La troisième nuit l'attaque traîtresse eut lieu. Mais Abu Bakr était prêt. Il riposta si fort que l'ennemi s'en fut à toutes jambes. En quelques jours, Oussama revint à Médine. Le Calife décida de marcher en personne contre les troupes des traîtres. Les gens lui demandèrent de ne pas risquer sa vie mais Abu Bakr ne voulut rien entendre. Il laissa Oussama à Médine en qualité de député, et le Calife mena son armée contre les Abs et les Zabyan et battit des tribus à plate couture. Il marcha avec l'armée environ 12 miles sur la route de Nejd. Là, il la divisa en onze bataillons. Chaque bataillon fut sous la commande d'un général expérimenté. On avait ordonné aux généraux de marcher contre les différents imposteurs. Avant que les armées ne partent, un avertissement général fut ordonné aux imposteurs et à leurs soutiens. On leur avait assuré le pardon s'ils revenaient à l'Islam. Le Calife donna les instructions suivantes à ses généraux. « Je demande aux soldats de l'Islam de craindre Allah, dans toutes les situations. Ils doivent faire de leur mieux pour obéir aux commandements d'Allah. Ils doivent combattre ceux qui ont quitté l'Islam et qui sont tombés dans le piège du démon. » Cette action ferme de la part du Calife convainquit de nombreux agitateurs qu'il était impossible d'accepter une partie de l'Islam et d'en rejeter une autre.


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