Navi Pillay, la haut-commissaire de l'ONU aux Droits de l'homme, emboîte le pas à Ban Ki-moon, le Secrétaire général des Nations unies, qui exige des comptes à Israël après une attaque qui a ciblé jeudi des édifices scolaires de Janaliya, appartenant à l'UNRWA, Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient. Elle accuse l'entité sioniste de « défier délibérément » le droit international. « Toutes ces attaques dirigées contre des écoles, des hôpitaux et des bâtiments, placés sous la protection des Nations unies, ne semblent pas être accidentelles », dit-elle dans une conférence de presse, la dernière probablement qu'elle a animée avant de laisser son poste, dès le 1er septembre, à Zaïd Raad Zeid Al-Hussein, l'ambassadeur de Jordanie à l'ONU à New York. « Il est absolument incontestable que les principes de proportionnalité et de précaution ont été ignorés par Israël, que nous ne pouvons pas tolérer cette impunité et que toutes ces attaques peuvent être considérées comme des crimes de guerre », dit-elle avant de rappeler les conclusions du rapport Goldstone, établi à la suite de l'opération « Plomb durci » en 2008-2009 et de regretter que la communauté internationale ne les a pas mises en œuvre. Jan Eliasson, l'adjoint de Ban Ki-moon, en est formel. Selon lui, l'UNRWA a donné « 17 fois » les coordonnées de l'école refuge de Jabaliya à l'armée israélienne. « Forcément, dit-il, cette dernière est au courant de l'emplacement de cette école qui a été déjà visée mercredi par des tirs d'un char qui a tué 16 Palestiniens ». Pierre Krähenbühl, qui dirige l'UNRWA à Ghaza, est inquiet. Avec les centaines de milliers de réfugiés qui s'abritent dans les locaux, il évoque une population au « bord du gouffre ». Le 23 juillet, le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU a lancé, suite à une demande des Palestiniens, une commission internationale d'enquête sur les violations qui auraient été commises dans le cadre de l'offensive israélienne à Ghaza. Les membres de cette commission doivent désormais être nommés par le président du Conseil, en l'occurrence le Gabonais Baudelaire Ndong Ella.