Résumé de la 1re partie n Le sergent Peacock accompagne le lieutenant Gibson pour arrêter Réginald Buster, un gentleman de Mayfair... Il rentre quelques heures plus tard... — La voiture de police circule rapidement dans les rues de Londres. Mayfair n'est plus très loin. Le sergent Peacock déclare, après un long silence : — J'ai hâte de rencontrer ce gentleman !... Après avoir annoncé leur qualité, le lieutenant Gibson et le sergent Peacock sont introduits par un domestique dans le salon de l'hôtel particulier de Mayfair. Ils voient arriver Vivian Buster, l'air bouleversé. — Il est arrivé quelque chose à Reginald ! — Non, madame, rassurez-vous... — Alors vous venez pour...? — L'arrêter... Oui, madame. Vivian Buster se laisse tomber dans le grand canapé de cuir. — Il n'est pas là. Il est parti cette nuit... Qu'a-t-il fait ? — Nous le soupçonnons de vol. Vivian a un pauvre sourire. — Je savais qu'un jour ou l'autre Victoria lui ferait perdre la tête... Le lieutenant Gibson sursaute. — Pourtant, je ne croyais pas... — Qu'il avait une maîtresse ? Dans un sens, j'aurais préféré. Cela aurait été moins humiliant pour moi, mais j'ai tout de même une rivale... II y a un silence que les policiers n'osent pas troubler. Mme Buster reprend. Il y a deux ans, mon mari a acheté un manoir dans les Cornouailles. Il s'y est fait installer des écuries. Le lieutenant Gibson hoche la tête. — Je sais. — Vous savez tout, alors... — Non. Où va-t-il à cheval ? — Peu importe où ils vont, Victoria et lui. Ils galopent des heures dans les bois ou sur les plages... Ils vont au hasard. Le lieutenant Mark Gibson ouvre de grands yeux. — Vous ne voulez tout de même pas dire que...? — Que ma rivale est un cheval ? C'est pourtant vrai. Une rivale aux cheveux blancs, ou plutôt à la crinière blanche... Victoria est une jument blanche. C'est pour elle que Reginald a acquis le manoir d'Husby. En fait, le manoir est secondaire, seules comptent les écuries. — Et c'est pour elle qu'il aurait volé ? — Bien sûr ! C'est pour elle qu'il m'a quittée la nuit dernière. C'est pour elle qu'il a détruit notre ménage. Le lieutenant Gibson et le sergent Peacock se regardent... Le lieutenant finit par demander : — Comment est-ce possible ? Vivian a un soupir. — Tout s'est passé simplement. C'est incroyable comme tout a été simple... Vivian Buster a beaucoup de retenue et de distinction dans sa douleur. Elle s'exprime avec un sourire résigné, comme si elle savait depuis longtemps qu'elle aurait un jour ces choses à révéler aux policiers. — Nous nous sommes mariés très jeunes, Reginald et moi. C'était un mariage d'amour, car nous n'étions pas du tout du même milieu social... Le regard de Vivian Buster se voile légèrement. Elle est en ce moment un peu plus de vingt ans en arrière. — Comme vous le savez peut-être, j'appartiens à une famille connue de la bourgeoisie de Londres. Reginald, lui, est de l'Assistance publique. Pourtant, mes parents ne se sont pas opposés à notre union. Père était très clairvoyant et il a tout de suite senti chez Reginald quelque chose d'exceptionnel. Vivian Buster parcourt du regard le salon cossu dans lequel ils se trouvent tous les trois. — Cet hôtel particulier à Mayfair, c'est Reginald qui l'a gagné grâce à son travail... A notre mariage, il s'est installé comme agent de change et il a tout de suite réussi. Il avait beaucoup de charme, il inspirait confiance et il avait un flair incroyable pour faire des bons placements. Seulement, Reginald n'a jamais oublié son enfance à l'Assistance publique et je crois que tout vient de là... (à suivre...)