Explosion - Il est 12h 05, en ce 11 juillet 1978, quand un camion-citerne transportant 25 tonnes de propylène quitte la raffinerie Enpetrol de Tarragone situé dans la commune d'Alcanar (Province de Tarragone) en Espagne. En ce début d'après-midi d'été, le soleil espagnol brille haut sur la petite station méditerranéenne de San Carlos de la Rapita. C'est la période estivale et en cette saison, le camping Los Alfaques situé en contrebas de la route, le long de la mer Méditerranée, affiche complet. À 14h chacun des 600 touristes venus apprécier ce décor paradisiaque dans ce camping tranquille, vaque à ses occupations. Les retardataires s'affairent à se mettre à table, certains devant leurs tentes, d'autres dans leurs remorques ou encore à même l'herbe pour un pique-nique à l'ombre sous les palmiers et les cyprès qui décorent la station San Carlos. Le tout baignant sous cette chaleur d'été et le chahut des enfants. À 14h 25 le camion-citerne passe à proximité du camping quand le réservoir contenant le liquide hautement inflammable se rompt, ce qui produit son évaporation violente. Cette dernière est telle qu'elle désoriente complètement la trajectoire du véhicule avant de le retourner. En à peine quelques secondes, ce dernier s'embrase presque dans sa totalité. À 14h 30, la citerne explose. Du moins, c'est ce qui a dû s'être produit selon les expertises effectuées après la catastrophe. Le liquide très inflammable se transforme alors en une gigantesque boule de feu atteignant plus de 1 000°C. Elle se déversera telle une vague sur Los Alfaques. La vitesse de propagation est telle, qu'elle carbonise quasi instantanément plus de 200 personnes. Certaines personnes furent carrément figées dans l'état où elles se trouvaient quand elles furent touchées par la vague, tant elles ne s'en sont pas rendu compte. La catastrophe fit 217 morts et de nombreux blessés (200 grands brûlés). Comme la plupart des hydrocarbures simples, le propylène est incolore, inodore et très inflammable. Toutes les personnes dans un rayon de 150 mètres sont mortes. Un cinquième des personnes se trouvant entre 150 et 250 mètres décéderont de leurs blessures. Les nombreuses et très impressionnantes photos qui furent diffusées alors dans la presse mondiale étaient si insupportables qu'elles provoquèrent un scandale, relançant le débat sur les limites de ce qui pouvait être publié par les médias. Les photos parues dans le magazine français Paris Match, dont certaines montraient des enfants brûlés, furent tout simplement qualifiées de sordides.