La politesse exige que pour tout objet reçu ou tout service rendu, on remercie. La formule la plus courante dont on use est «saha», aussi bien en arabe qu'en berbère. Signalons toutefois que dans cette dernière langue, on recourt de plus en plus souvent à un nouveau mot, «tannemirt», connu dans quelques dialectes, notamment chez les Touareg. Revenons à «saha». Au lieu de l'interjection «saha !», on emploie le plus souvent une phrase, ya'âtik essah'a, littéralement «que les remerciements te soient donnés» (sous entendu : par Dieu). Le mot provient de «seh'a» (santé, bonne santé). En remerciant quelqu'un, on ne fait que lui souhaiter la bonne santé, c'est-à-dire ce qu'il y a de mieux à souhaiter. D'ailleurs, quand quelqu'un finit de manger ou de boire, on ne manque pas de lui dire : sah'a âlik ! (bonne santé à toi !). La même formule est utilisée pour des vêtements que l?on arbore pour la première fois, une voiture qu'on achète, etc. Bonheur et santé, jouissance et santé ! Saha sert parfois d'interjection pour exprimer un regret : sah'a, sah'a ! (pauvre de moi) ou, avec le même sens, sah'a fiya. Mais revenons aux remerciements. A la place du commun et combien répandu saha, on emploie des formules jugées d'un registre plus élevé. Ainsi, barak Allah u fîk (que Dieu t'accorde Sa Bénédiction) ; AIlah idjazik (que Dieu te récompense, sous-entendu pour le bien que tu fais) ; Allah issedjik ou Allah ikhelik (que Dieu te garde en vie), etc. On appelle aussi la récompense sur les proches du bienfaiteur, notamment ses parents et ses enfants. Si on remercie les hommes pour les services qu'ils rendent à leurs prochains, on remercie Dieu, ou plutôt on Le loue, pour les bienfaits qu'Il accorde. Ainsi, en buvant, en mangeant, en acquérant des biens, on dit : Elh'amdu Lillah ! (Dieu soit loué !). On peut dire aussi saha à Dieu, mais on préfère la formule cIassique chukrâne ya Rabbi «(Sois remercié Seigneur).