Reprise Le Théâtre national algérien s'est ouvert, en cette fin de mois d'août synonyme de congés, à une équipe d'artistes et de techniciens venus d'outre-mer. Ce déplacement est motivé par le projet de mise en scène de La main damnée, une pièce de Dalila Oukili, écrite en 2001 et directement inspirée d'événements qui se sont produits dans notre pays. La pièce raconte les affres et le dilemme de toutes ces filles enlevées par les groupes terroristes, qui sont parvenues à s'enfuir et se retrouvent confrontées au regard des autres avec toutes les difficultés, parfois insurmontables, à réintégrer un quotidien qui ne leur offre plus aucune place. Ce projet entre dans le cadre d'une convention entre le TNA et l'association française Les Evadés, qui aide les artistes à créer et à diffuser leurs projets. La convention signée entre les deux parties, prévoit deux représentations, l'une en français l'autre en arabe, au TNA les 8 et 9 septembre. Le texte en arabe de cette pièce écrite en français existe déjà, la traduction ayant été assurée par Abdelkader Yamina. La distribution est, en revanche, totalement algérienne, avec Lynda Sellam dans le rôle de Imane, la fille enlevée qui «porte en elle le poids de la douleur» et Ahmed Benaïssa dans celui du père, «l?homme tiraillé qui n'a que l'honneur en tête». Dalila Oukili, qui se consacre actuellement à donner à son travail de mise en scène l'épaisseur et la profondeur qu'exige le traitement d'un tel thème, s'efforce, tel qu'elle l'explique, de «créer un autre environnement, d'extraire le discours de son contexte et d'étendre la portée de son sujet». En se risquant à apporter une réponse qu'elle estime «possible» à tous les questionnements inévitables relatifs au martyre de ces filles par le biais de cet outil qu'est l'écriture théâtrale, l'auteur prévient que La main damnée n'est pas à vocation documentaire, mais que «c'est avant tout une fiction théâtrale». Dalila Oukili, qui a débuté sa formation de comédienne en 1984, découvre le travail de mise en scène et de direction d'acteurs en animant des ateliers de théâtre avec Moïse Touré, dont elle est l'assistante pour la Scène nationale de Guadeloupe. Elle se fait accompagner aujourd'hui dans la création de La main damnée par le Malien Adama Traoré (de la compagnie Acte 7) et l'association Les Evadés.