Igli est une ville belle et calme distante à 160 km au sud du chef-lieu de la wilaya de Béchar. Cette daïra qui compte deux villages «Mazzeur et Touzdit» attend toujours la concrétisation des projets de développement local dont elle est destinataire, selon ses responsables et ses habitants. Une majeure partie parmi ces derniers sont de hauts cadres de niveau universitaire, parmi lesquels beaucoup sont «casés», malgré leurs niveaux élevés, dans des postes temporaires. Dans cette ville, dont les autochtones ne communiquent généralement qu'en chel'hi ou «tabaldite», des projets de développement local sont en cours dont le revêtement des routes et l'éclairage public, selon le président de l'APC, Youcef Djaber, sachant que cette commune a déjà bénéficié d'opérations de développement dans divers secteurs. Elle serait même dotée d'une unité de Protection civile selon le président d'APC de la wilaya de Béchar. Pour ce qui est du transport, les bus se déplacent vers Béchar et Béni Abbès à des heures précises selon une dame «nous ne sommes pas libres de prendre le transport à notre aise. Sinon c'est le ‘clandestin' et à des prix exorbitants», nous dira cette femme. En outre, la seule polyclinique manque de moyens et de personnel selon les citoyens qui se disent révoltés aussi de voir le gaz de ville passer à proximité de leur ville et ne pas en bénéficier. «On dépend des bonbonnes de gaz butane. On doit s'inscrire chaque semaine chez le vendeur ambulant afin de recevoir nos bonbonnes au prix de 230 DA et qu'on achète vides à 3 700 DA de Béchar pour ne pas tomber en panne. J'en ai 4 chez moi dont l'une pour la cuisine et une autre pour le chauffe-eau» nous dit un citoyen. Les agriculteurs nous ont également fait état de leur inquiétude relative au manque et à la forte salinité de l'eau ayant été à la source de grandes pertes dans leur oasis. La ville est très calme le matin, et ne retrouve son rythme habituel qu'après 17h où beaucoup de commerces restent fermés sauf les cafés où l'on passe son temps à parler de l'actualité en l'absence de journaux. Les habitants comptent uniquement sur les médias audiovisuels et la Toile afin d'être informés «ni revues, ni journaux. On reçoit des journaux avec 2 à 3 jours de retard. On lit un journal en collectif dans les cafés», nous dit un quinquagénaire. S. L.