Les commerçants se plaignent des longs délais d'approvisionnement, de l'éloignement des centres d'approvisionnement et de la lenteur des formalités d'acquisition de marchandises. C'est ce qui ressort d'une enquête menée par l'Office national des statistiques (ONS) auprès des professionnels du secteur du commerce. Portant sur la situation et les perspectives dans le commerce au 4e trimestre 2013, l'enquête relève aussi que plus de la moitié des commerçants grossistes et près de 28% des détaillants enquêtés ont déclaré avoir enregistré des ruptures de stocks de produits. Une rupture qui a touché fortement les «combustibles lubrifiants» et les «textiles habillement et cuirs», ainsi que les produits de droguerie, quincaillerie, appareils électroménagers et parfumerie (Dqaemp), précise l'enquête qui a touché 533 entreprises commerciales dont 255 publiques et 278 privées. Près de 50% des grossistes et la majorité des détaillants se sont approvisionnés durant le 4e trimestre 2013 auprès du secteur privé uniquement, principalement ceux des «textiles habillement et cuirs» et des «machines et matériel d'équipement». Par ailleurs, l'enquête révèle que plus de 50% des grossistes se sont approvisionnés auprès des secteurs public et privé à la fois, les secteurs les plus concernés sont : l'agro-alimentaire, les produits de Dqaemp et les combustibles et lubrifiants. Pour les prix d'acquisition des produits, près de 30% des grossistes enquêtés et plus de 10% des détaillants jugent qu'ils sont plus élevés, notamment ceux de l'agroalimentaire et des matières premières et demi produits. En revanche, 5% des grossistes les jugent moins élevés, principalement ceux des combustibles et lubrifiants et des textiles-habillement et cuirs. Selon l'ONS, 25% des grossistes et près de 10% des détaillants ont acheté leurs marchandises en première main particulièrement ceux de l'agroalimentaire et des textiles habillement et cuirs. L'enquête relève aussi que la majorité des commerçants (grossistes et détaillants) juge que la qualité des produits commercialisés sur le marché algérien est «bonne». Ils ont également de «bonnes appréciations» sur le conditionnement des produits. Citant les grossistes, notamment ceux de l'agroalimentaire, de la Dqaemp et du commerce multiple, l'enquête révèle que l'activité commerciale en Algérie, a connu une hausse, au dernier trimestre 2013. Les détaillants ont relevé que l'activité commerciale a baissé. Cette dernière a touché particulièrement le commerce des combustibles et lubrifiants, des matières premières et demi produits, ainsi que des machines et matériel d'équipement. Les commerçants touchés par l'enquête relèvent une hausse des prix de vente des produits touchant principalement les matières premières, les demi produits et le commerce multiple, ainsi que les machines et matériel. En revanche, les prix ont baissé pour les combustibles et lubrifiants, et les textiles habillement et cuirs et sont restés stables pour l'agro-alimentaire. L'état de la trésorerie est jugé «bon» par près de 25% des grossistes et par près de 10% des détaillants. En revanche, près de 35% des grossistes et près de 20% des détaillants ont estimé qu'il est «mauvais» et le reste des enquêtés l'ont jugé «moyen». L'enquête a révélé encore que près de 20% des commerçants grossistes et plus de 80% des détaillants ont recouru à des crédits bancaires. Près de 20% des grossistes et plus de 20% des détaillants ont eu «des difficultés» à contracter ces crédits. Les grossistes prévoient, par ailleurs, une hausse de leur activité durant l'année en cours avec une hausse des prix de vente, au moment où les détaillants s'attendent à une baisse de l'activité, néanmoins la majorité des détaillants ne s'est pas prononcée sur leur prix de vente pour les prochains mois. B. A./APS