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Assurer le futur de l'ONU
Les Nations unies ont rarement été aussi fragiles
Publié dans La Tribune le 06 - 09 - 2016

Au-delà de ces éléments spécifiques, deux questions fondamentales se profilent à l'horizon de l'ONU : étant donné le déficit de gouvernance mondiale au 21e siècle, les organes délibérants de l'ONU sont-ils capables d'intervenir et de prendre les grandes décisions requises par la situation ? Et le mécanisme institutionnel de l'ONU est-il à même d'appliquer efficacement les politiques une fois qu'elles sont décidées ?
Puisque l'ordre international existant se fragmente de plus en plus, de solides institutions de gouvernance mondiale sont indispensables pour faire face aux défis stratégiques, économiques et environnementaux mondiaux. Pourtant, nos institutions existantes – y compris, en premier lieu, les Nations unies – ont rarement été aussi fragiles.
L'ONU n'est pas morte, mais est en grande difficulté, en particulier parce que de nombreux pays la considèrent comme une arrière-pensée diplomatique polie et cherchent ailleurs des solutions aux grands problèmes mondiaux. Ceci a été évident concernant des questions aussi variées que la Syrie, l'Iran, la Corée du Nord, le terrorisme, la cybersécurité, les demandeurs d'asile et les réfugiés, les migrations, le virus Ebola et la crise émergente du financement de l'aide humanitaire.
Bien que l'ONU ait encore de nombreux points forts, elle fait également preuve de faiblesses structurelles claires. L'écart entre ce qu'elle aspire à faire et ce qu'elle fait est de plus en plus grand. Or, le monde a besoin d'une ONU qui, non seulement délibère sur des politiques, mais qui soit également active sur le terrain.
L'ONU compte – fortement. Elle est une composante profondément ancrée de l'ordre de l'après Seconde Guerre mondiale. Si sa pertinence diminue – si elle devient lentement «simplement une autre ONG» – les pays changeront leurs hypothèses fondamentales quant à la façon de traiter les uns avec les autres à l'avenir. L'unilatéralisme et la loi de la jungle – la marque d'un passé maintenant lointain – feraient leur grand retour dans les relations internationales.
L'ONU a montré par le passé qu'elle est capable de se réinventer. Mais, aujourd'hui, elle doit le faire par nécessité, et non par commodité. Il faut de toute urgence reconcevoir ses fonctions, sa structure, ses mécanismes et ses finances, afin de maximiser l'obtention de résultats mesurables dans tous les domaines relevant de sa compétence, de la paix et la sécurité au développement durable, en passant par les droits de l'Homme et l'engagement humanitaire.
En particulier, le prochain secrétaire général de l'ONU devrait envisager de prendre plusieurs mesures clés. Pour commencer, il ou elle devrait convoquer une réunion au sommet – dans l'esprit de la Conférence de 1945 à San Francisco, où les délégués avaient défini la charte fondatrice de l'ONU – au cours de laquelle les Etats membres devraient réaffirmer leur attachement au multilatéralisme comme principe fondamental. Le sommet devrait être conçu pour mettre en évidence les avantages essentiels de la coopération et repousser la vue émergente qui ne considère le multilatéralisme que comme un fardeau à porter.
En outre, le nouveau secrétaire général devrait mettre l'accent sur le rôle de l'ONU dans la construction de ponts entre les grandes puissances, en particulier pendant les périodes de tension, ainsi que le rôle des grandes puissances pour permettre à l'ONU de bénéficier à l'ensemble de la communauté internationale.
Troisièmement, le secrétaire général devrait faire usage de l'article 99 de la Charte des Nations unies. Cela signifie d'introduire de nouvelles initiatives visant à relever les défis de gouvernance mondiale, même si une initiative existante peut échouer. Cela signifie d'établir une doctrine globale de la prévention, qui met l'accent sur la planification de politiques de long terme solides, afin que l'organisation puisse empêcher, ou tout au moins se préparer à de futures crises, au lieu de se contenter de réagir aux situations lorsqu'elles se présentent.
Plus précisément, ce nouveau programme devrait inclure la lutte contre le terrorisme et l'extrémisme violent, l'amélioration de la cybersécurité, la limitation de la prolifération des systèmes d'armes autonomes mortelles, l'application du droit international humanitaire dans les contextes de guerre (une priorité absolue), ainsi que l'élaboration d'une approche globale sur les limites planétaires et l'empreinte écologique de l'humanité, en particulier dans nos océans.
Le nouveau leadership devra également introduire des procédures efficaces et les mécanismes organisationnels permettant de mettre en œuvre les principales initiatives actuelles, y compris les objectifs de développement durable. Si les ODD – qui comprennent 17 buts et 169 cibles spécifiques – ne devaient pas être atteints, cela équivaudrait à une véritable remise en cause de la raison d'être de l'ONU.
Pour éviter un tel résultat, il faudra un nouveau pacte mondial entre l'ONU, les Banques mondiales et régionales de développement, et des sources de financement privé pour financer les efforts sur les ODD. La même chose vaut pour la mise en œuvre de l'accord de Paris sur le climat obtenu en 2015, qui nécessitera de vastes investissements dans l'efficacité énergétique et les sources d'énergie renouvelable afin d'éviter une hausse des températures mondiales de plus de 2º Celsius.
Les agendas multiples de l'ONU – la paix et la sécurité, le développement durable, les droits de l'homme, l'humanitarisme – doivent être intégrés structurellement dans un continuum stratégique, plutôt que de rester des silos institutionnels rigides autonomes. Des groupes «équipe des Nations unies» multidisciplinaires pourraient être déployés sur le terrain pour briser les barrières départementales et relever les défis appropriés. Les groupes opéreraient sous un mandat commun à tous les organismes des Nations unies et seraient dirigés par les directeurs des opérations des Nations unies dans chaque pays.
Une cinquième étape devrait consister à intégrer les femmes pleinement et de manière égalitaire dans tous les domaines de l'action des Nations unies, et pas seulement dans des zones discrètes relatives aux questions «des femmes». Tout manquement à ce principe compromettrait davantage la paix, la sécurité, le développement, les droits de l'Homme et la croissance économique mondiale qui est déjà déprimée. Selon un rapport de 2015 par McKinsey, l'amélioration de l'égalité des sexes dans le monde entier pourrait ajouter 12 billions de dollars au PIB mondial d'ici 2025.
De même, les jeunes devraient être mieux représentés dans la prise de décision des Nations unies – pas simplement comme une arrière-pensée paternaliste, mais d'une manière qui leur permette de contribuer à façonner leur propre avenir. La jeunesse mondiale (de moins de 25 ans) représente désormais 42% de la population mondiale, et est en augmentation. En particulier, nous avons besoin de nouvelles politiques pour faire face au chômage des jeunes, étant donné l'échec des approches actuelles.
Plus largement, la culture de l'ONU doit changer – peut-être avec une nouvelle structure de rémunération – pour donner la priorité aux opérations sur le terrain, plutôt qu'aux opérations au siège de l'institution; pour mettre en œuvre les recommandations des rapports, plutôt que d'écrire toujours plus de rapports, et pour mesurer les résultats obtenus sur le terrain, plutôt que de compter le nombre de conférences organisées par les Nations unies.
Enfin, le prochain secrétaire général devra réfléchir au caractère pratique, et reconnaître que la capacité de l'ONU à atteindre ses objectifs en faisant preuve de flexibilité et d'efficacité se heurtera toujours à des contraintes budgétaires. Il n'y a pas de sens à espérer que les paradis fiscaux se rouvriront un jour par magie. Ils ne le feront pas.
Au-delà de ces éléments spécifiques, deux questions fondamentales se profilent à l'horizon de l'ONU : étant donné le déficit de gouvernance mondiale au 21e siècle, les organes délibérants de l'ONU sont-ils capables d'intervenir et de prendre les grandes décisions requises par la situation ? Et le mécanisme institutionnel de l'ONU est-il à même d'appliquer efficacement les politiques une fois qu'elles sont décidées ?
Avec suffisamment de volonté politique, un leadership fort et un programme de réformes orientées vers des objectifs clairs, l'ONU peut encore être un des piliers d'un ordre mondial stable, juste et durable. L'alternative est le laisser-faire, la désintégration institutionnelle et l'impuissance face aux grands défis de notre temps. Cela signifierait un monde de plus en plus instable pour nous tous.
K. R.
Traduit de l'anglais par Timothée Demont
* Kevin Rudd, former Prime Minister of Australia, is President of the Asia Society Policy Institute in New York and Chair of the Independent Commission on Multilateralism. He is the author of “UN 2030 – Rebuilding Order in a Troubled World.”
In Project Syndic


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