Hidaoui rencontre le président du Forum de la jeunesse de l'OCI    Organiser la plus grande édition de l'IATF    « Plusieurs comportements quotidiens sont à l'origine du gaspillage d'importantes quantités d'eau »    L'Algérie préside une réunion sur le renforcement des consultations entre le CPS de l'UA et le Groupe africain A3+    La Palestine appelle à un embargo international sur les exportations d'armes vers l'entité sioniste    Les clubs font leurs pas dans la nouvelle saison    Le Sénégal prend la 3e place    Décès d'Issaâd Dohmar : Le président de la FIFA rend hommage à l'ancien président de la FAF    Extinction de l'incendie de forêt à Béjaïa    Vingt-et-un participants à la première compétition nationale    Programme spécial pour la célébration du Mawlid Ennabaoui Echarif    Lancement du Festival culturel et artistique « L'été de Mascara »    Les restes des primates Lucy et Selam exposés à Prague    Une cité suspendue au fil des siècles    Un sommet réunissant les agences africaines de promotion de l'investissement vendredi prochain à Alger    Le Bureau du correspondant de la Télévision algérienne à Ghaza endommagé par un bombardement sioniste    Foire internationale de Damas : les entreprises algériennes discutent des possibilités d'exportation de leurs produits vers la Syrie    Décès de l'ancien membre du CN Pr Rachid Bougherbal : Nasri présente ses condoléances    Lancement prochain du grand prix de l'innovation scolaire    Agression sioniste contre Ghaza: le bilan s'élève à 63.371 martyrs    Début à Alger des travaux de l'université d'été des associations à caractère culturel    Protection civile : évacuation aérienne de deux enfants suite à une explosion de gaz à Ouargla    Relizane: lâcher de 300 perdrix locales dans les forêts de la wilaya    La Palestine exprime "un profond regret" après la décision des Etats-Unis de refuser des visas pour les responsables palestiniens    Une délégation de l'APN visite le Congrès de la République du Guatemala    La Turquie rompt ses relations commerciales avec l'entité sioniste et ferme son espace aérien à ses avions    De simples gestes pour la préservation de cette ressource précieuse    Saïd Chanegriha reçoit en audience le Chef d'Etat-major des Forces terrestres indiennes    Le président de la République met fin aux fonctions de Nadir Larbaoui et nomme Sifi Ghrieb Premier ministre par intérim    Foot/ Ligue 1 Mobilis : l'O. Akbou et le MB Rouissat co-leaders    Sommet mondial de la jeunesse 2025: Hidaoui rencontre le président du Forum de la jeunesse de l'OCI    Programme du mercredi 27 août 2025    Foot (décès d'Issaâd Dohmar) : le président de la FIFA rend hommage à l'ancien président de la FAF    Le président de la République met fin aux fonctions de Nadir Larbaoui et nomme Sifi Ghrieb Premier ministre par intérim    Foot/Mondial-2026 (Qualif's): Petkovic dévoile une liste de 26 joueurs    Guelma: la pièce "un élève studieux en vacances" ouvre le festival des loisirs et du divertissement    Rebiga rend visite au moudjahid Rabah Zerari pour s'enquérir de son état de santé    La Fifa organise un séminaire à Alger    L'Algérie et la Somalie demandent la tenue d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité    30 martyrs dans une série de frappes à Shuja'iyya    Lancement imminent d'une plate-forme antifraude    Les grandes ambitions de Sonelgaz    La force et la détermination de l'armée    Tebboune présente ses condoléances    Lutte acharnée contre les narcotrafiquants    La Coquette se refait une beauté    Cheikh Aheddad ou l'insurrection jusqu'à la mort    Un historique qui avait l'Algérie au cœur    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



A l'heure de la diplomatie du hashtag
140 signes suffisent désormais à menacer, congratuler ou créer des tensions entre pays
Publié dans La Tribune le 22 - 03 - 2017

Près de 180 ans après la mort de Talleyrand, l'une des citations du célèbre diplomate raisonne avec un écho particulier à l'heure du tout numérique et des réseaux sociaux : «Soyez à leurs pieds. A leurs genoux...
Près de 180 ans après la mort de Talleyrand, l'une des citations du célèbre diplomate raisonne avec un écho particulier à l'heure du tout numérique et des réseaux sociaux : «Soyez à leurs pieds. A leurs genoux... Mais jamais dans leur mains.» Avec les milliards de smartphones en circulation, les chefs d'Etat n'ont plus le choix : ils sont, au sens premier du terme, «entre les mains des peuples» et à ce titre eux aussi assujettis à l'emprise des réseaux sociaux (Twitter, Facebook...) et à leur immédiateté digitale.
Une nouvelle forme de diplomatie
A l'heure où Donald Trump fait un usage débridé de Twitter et où le ministre pakistanais de la Défense utilise ce même réseau social pour menacer Israël d'une riposte nucléaire (tweet retiré depuis), une nouvelle forme de diplomatie fait son apparition. On parle désormais de «diplomatie digitale» en tant que nouvelle vision de la gestion des affaires internationales qui remet en cause, pour ne pas dire «ubérise», le monopole des diplomates, presque uniques représentants en charge de la gestion des relations politiques entre les pays. Ces nouveaux usages diplomatiques digitaux rendant obsolètes télégrammes et dépêches officiels venant en appui aux relations bilatérales entre chefs d'Etats. A l'heure du numérique, la politique étrangère sort ainsi de l'ombre et utilise ces nouveaux canaux si éloignés des salons feutrés des ambassades et des organisations internationales.
Twitter arme d'influence
Impossible de décrire cette notion de diplomatie digitale sans citer deux comptes Twitter qui font régulièrement la une des journaux : @realDonaldTrump (1) et @POTUS (2) (acronyme pour désigner «Président Of The United States»). Tantôt en tant que «Donald Trump», tantôt en tant que Président des Etats-Unis, Donald Trump continue de contourner les canaux médiatiques et diplomatiques classiques en faisant de Tweeter son principal média d'influence.
Au titre de son compte personnel - @realDonaldTrump- près de 1 000 tweets mis en ligne depuis son élection le 6 novembre dernier parmi lesquels des messages sous forme d'effets d'annonce «j'annoncerai le nom de mon ministre des Affaires étrangères», d'autres sous formes d'ordres comminatoires «Boeing construit un 747 Air Force One tout neuf mais les coûts sont hors de tout contrôle. Annulez la commande !», de démentis cinglants «la Russie n'a jamais essayé de faire pression sur moi» ou encore de messages diplomatiques tel ce tweet à destination de Vladimir Poutine «j'ai toujours su qu'il était intelligent» envoyé quelques heures après la décision d'Obama d'expulser des diplomates russes des Etats-Unis alors que son homologue russe se refusant de céder à ce même mouvement d'humeur.
18 millions d'abonnés lors de son élection
A peine élu mais pas encore en fonction, Donald Trump profita pleinement de ses 18 millions d'abonnés Twitter (aujourd'hui 26,5 millions contre seulement 41 comptes suivis) pour tweeter chacune de ses réflexions, colères et décisions afin que ses électeurs puissent être aux premières loges de ce feuilleton d'autoglorification relayé dans tous les pays.
Si nul ne peut aujourd'hui contester que le pari gagné du candidat Trump est largement dû au fait qu'il a cassé les codes de le communication politique en s'affranchissant des médias classiques au profit de ce langage en 140 signes, reste à voir si cette nouvelle grammaire diplomatique, caractérisée par sa concision, sa spontanéité et sa provocation, deviendra une nouvelle norme ou une exception comme semble le souhaiter la Chine s'adressant au nouveau Président américain pour lui rappeler que «la diplomatie n'est pas un jeu d'enfant 53)» et d'enfoncer le clou en rappelant que Madeleine Albright, ancienne ministre des Affaires étrangères (Secretary of State) avait elle-même rappelé que «Twitter ne devrait pas être un outil de politique étrangère (4)» («Twitter should not be a tool for foreign policy»).
Ambassadeur numérique
En diplomatie, le moins que l'on puisse dire c'est que cette «diplomatie du hashtag» est à l'opposé des habitudes des relations internationales caractérisées par leurs nuances, leurs secrets et leur formalisme. Pourtant, et du fait du poids du numérique dans nos sociétés et de la place central des «géants du Web», les Etats commencent à peine à s'organiser et établir de nouvelles formes de dialogue diplomatique ; en particulier avec les Gafa (Google, Apple, Facebook, et Amazon) comme ils le font depuis des siècles avec les nations.
Pour faire face à ces mastodontes numériques, qui pour certains d'entre eux ont des niveaux de trésorerie supérieurs aux PIB de pays industrialisés, le Danemark vient de franchir le pas en inventant la diplomatie du XXIe siècle en nommant un «ambassadeur numérique (5)». S'il est encore difficile de dire quelle forme prendra ce «dialogue diplomatique» entre un pays et ces multinationales de la tech, il n'empêche que les sujets ne manquent pas : impact de l'intelligence artificielle, gestion des mégadonnées, contrôle des objets connectés, protection des données individuelles, prévention contre la désinformation et les «fake news»... Bref, tout un nouveau dialogue diplomatique à construire et que n'aurait sans doute pas renié Leibniz, ce philosophe allemand du XVIIe siècle, par ailleurs diplomate et «inventeur» de l'idée de représentation diplomatique.
P. B.
In latribune.fr


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.