Photo : S. Zoheir Par Tassadit Lazili «Conservation et restauration de la céramique» est le thème d'une rencontre qu'a animée Pascale Gérard, restauratrice française, spécialiste de la céramique et du verre, samedi dernier au musée national du Bardo. La conférence a vu la participation de quelques experts en archéologie et restauration. Le débat a tourné autour des différentes étapes et procédés de restauration de la céramique et de l'importance de la conservation préventive. La conférencière précisera dans ce sens que «la conservation-restauration comprend la conservation préventive, la conservation curative et la restauration». «Avant de commencer toute opération de restauration, on doit se poser la question ‘‘pourquoi et dans quel cas restaurer ?''» a-t-elle souligné, tout en expliquant que l'opération est engagée pour une meilleure évolution esthétique et/ou lisibilité de l'œuvre, lorsque la restauration est source d'altération ou quand les conditions de conservation sont également source d'altération. A ce propos, l'intervenante précisera : «On a recours à la restauration quand l'objet est cassé, que les matériaux ont jauni, que les matériaux de restauration ont évolué, quand on a un problème de lisibilité, ou encore lorsqu'il y a eu un problème de typologie lors d'une précédente restauration.» Elle ajoutera qu'il faut toujours justifier le besoin de la restauration. «Chaque objet a un protocole de restauration. Avant d'entreprendre cette opération, on doit d'abord s'assurer de sa nécessité, proposer une méthode et hiérarchiser les étapes de la restauration», dira la conférencière avant de détailler les différentes étapes de cette opération qui sont : l'établissement d'un constat de l'état de l'objet, le diagnostic, le nettoyage, le collage, le comblement, la couleur et le conditionnement. «L'établissement de l'état de l'objet va permettre de reconnaître les altérations sur l'objet», a indiqué Pascale Gérard. «On ne doit pas consolider automatiquement un objet, mais seulement lorsque c'est strictement nécessaire, selon la fragilité de l'objet», précise-t-elle en soulignant la nécessité d'accorder toute son importance au choix des produits à utiliser, car ils ne sont pas neutres, mais peuvent avoir des effets mécaniques et chimiques sur la céramique, ce qui crée un risque d'altération sur l'objet traité. Concernant le décor, la spécialiste française dira qu'on «ne reprend aucun décor, sauf dans les cas où on est absolument certain, sinon on projette de la couleur acrylique avec la technique de pointillage». Une fois le décor terminé, dira-t-elle, il faut rédiger une fiche de restauration de l'objet sur laquelle il faut mettre tous les matériaux utilisés, les cordonnées du fournisseur et toutes les étapes de la restauration. Pour conclure, Pascale Gérard a rappelé le statut et le rôle du conservateur-restaurateur qui est, selon elle, un important «maillon de la chaîne patrimoniale». A la fin de la conférence, l'attachée de conservation au musée du Bardo, Adila Talbi, a présenté un film montrant les différentes étapes de restauration de trois objets, à savoir un grand plat fragmenté et lacunaire, un pot lacunaire et un pot fragmenté et lacunaire. A noter que la conférence entre dans le cadre des activités que le musée a programmées dans le cadre du mois du patrimoine.