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Quand la criminalisation de l'antisionisme préfigure l'abolition de toute contestation
France
Publié dans La Nouvelle République le 19 - 04 - 2026

Quand ils ont commencé à pourchasser les militants pro-palestiniens, beaucoup ont détourné le regard ; ce n'étaient, disait-on, que des «islamistes». Leur disqualification a suffi à rendre leur sort indifférent. On ne se préoccupe pas des injustices qui frappent ceux que l'on a déjà exclus du champ de la légitimité politique et privés de toute dignité humaine. Quand ils ont interdit les manifestations contre le génocide des Palestiniens de Gaza, les voix indignées se sont faites plus rares encore ; c'était, assurait-on, pour préserver « l'ordre public ». La restriction des libertés n'a plus été perçue comme un problème, mais comme une évidence. Et ce qui aurait dû inquiéter a été présenté comme une protection.
Quand ils ont harcelé, marginalisé, puis réduit au silence les intellectuels antisionistes, le mutisme s'est installé ; c'était, disait-on, pour « lutter contre l'antisémitisme ». L'accusation a suffi à disqualifier toute parole pro-palestinienne, toute critique d'Israël. On n'a plus répondu à des arguments : on a suspecté, stigmatisé, puis exclu. Car il ne s'agissait plus seulement de disqualifier ou de marginaliser, mais de faire taire : de transformer une position politique en délit, et ceux qui la portaient en cibles à surveiller, à isoler, voire à sanctionner. La solidarité avec les Palestiniens n'a plus été discutée : elle a été progressivement rendue suspecte, puis réprimée, et finalement criminalisée.
Puis le mécanisme a débordé ce premier cadre. Les travailleurs en lutte, les militants syndicaux comme les révolutionnaires ont à leur tour été visés, disqualifiés, désignés comme des fauteurs de trouble, et leurs mobilisations comme des dérives à réprimer. Là encore, les mêmes procédés ont été mobilisés : délégitimer les revendications, disqualifier les militants, criminaliser les formes d'organisation. Ce qui relevait hier du conflit social a été progressivement requalifié en trouble à l'ordre public, puis en menace légitimant l'interdiction de toute manifestation.
Quand l'opinion elle-même a commencé à être traitée comme un délit, il ne restait déjà presque plus personne pour protester. Non parce que chacun avait disparu, mais parce que les conditions mêmes de la contestation avaient été anéanties.
C'est ainsi que procède l'étouffement de la liberté : non par un coup de force brutal, mais par une série de renoncements acceptés, d'exceptions tolérées, de disqualifications jugées légitimes.
Ainsi, peu à peu en France, le champ du dicible s'est rétréci. En public, ce qui relevait hier du débat est devenu prohibé ; dans les familles, ce qui pouvait encore être discuté est devenu indicible.
Parallèlement, la contestation sociale a été méthodiquement désarmée : ce qui relevait hier du combat ouvrier a été disqualifié ; ce qui pouvait être syndicalement organisé a été entravé.
Chaque étape répressive a été justifiée, chaque recul de la liberté imposé comme nécessaire, chaque silence face aux guerres génocidaires érigé en conduite raisonnable.
Et quand toute critique a été prohibée, il n'y avait plus personne pour protester, non parce que tout le monde consentait, mais parce que plus personne n'était autorisé à ne pas consentir.
En France, il ne s'agissait plus seulement du verrouillage de tout débat, mais d'une systématique mise au pas.
Après la criminalisation de l'antisionisme est venue celle de l'anticapitalisme. Alors, critiquer le capitalisme est devenu interdit ; le contester, impensable ; le combattre, impossible.
L'outil du silence était forgé ; il ne restait qu'à l'appliquer méthodiquement à toutes les formes de dissidence. Désormais, ce n'était plus une opinion que l'on proscrivait, mais la possibilité de penser autrement, d'imaginer une alternative. On ne réduisait plus les hommes au silence : on éradiquait jusqu'à l'idée même de manifester, de contester. En France, pays des révolutions, la révolte elle-même avait disparu de l'imaginaire collectif.
Dans ce même mouvement destructif, la mentalité guerrière et l'esprit belliciste se sont emparés de toute la société française, désormais profondément militarisée et dressée à se sacrifier sans réserve dans les guerres interminables du capital.


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