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La Cisjordanie : de l'«exfiltration» des Palestiniens à l'annexion de facto ?
Au regard de la politique israélienne qui y est menée
Publié dans La Tribune le 20 - 04 - 2010

Le statut des Palestiniens de Cisjordanie est en train de changer radicalement. Depuis le 13 avril dernier, ce sont officiellement des «infiltrés», en vertu de deux nouveaux ordres militaires israéliens. Selon ces documents signés en octobre 2009 et qui entrent en vigueur actuellement, toute personne qui réside en Cisjordanie sans justification «légale» est passible d'expulsion ou d'une peine de prison pouvant aller jusqu'à sept ans. Il s'agit en fait d'une reformulation d'un ordre de 1969 qui visait à empêcher Arabes et Palestiniens de pénétrer dans des pays dits «hostiles». Concrètement, que signifient ces deux nouveaux ordres ?
Les «infiltrés» de Cisjordanie
Joharah Baker répond à cette question en disant que des milliers de Palestiniens domiciliés dans la bande de Ghaza ou des épouses de Palestiniens ayant un passeport étranger seront considérés comme des criminels. Car, ce permis ou cette justification légale ne sont pas précisés, ce qui laisse à Israël la possibilité d'expulser n'importe qui. Selon l'article du journal Haaretz qui a révélé les faits, ces ordres incluent aussi les enfants de Palestiniens de la bande de Ghaza installés en Cisjordanie.
Les Palestiniens d'El Qods ne sont pas épargnés non plus, car beaucoup ont épousé des habitants de Cisjordanie et vivent de l'autre côté du mur pour des raisons pratiques et économiques. Ce groupe de personnes faisait déjà l'objet d'une étroite surveillance de la part des Israéliens en raison de leur statut précaire de résidents permanents d'El Qods ne vivant pas dans les limites de la municipalité autoproclamées par Israël. Avec l'entrée en vigueur de ces ordres, Israël disposera d'une base juridique pour les renvoyer dans la prison à ciel ouvert qu'est la bande de Ghaza.Les premières populations prises pour cible sont les Ghazaouis vivant en Cisjordanie et les conjoints étrangers d'habitants de Cisjordanie. Soit des dizaines de milliers de personnes. Depuis le début de la deuxième Intifadha en 2000, l'Etat hébreu a empêché la circulation entre la bande de Ghaza et la Cisjordanie. Avant cette interdiction, nombre de Ghazaouis étaient partis vers la Cisjordanie, plus riche, à la recherche de travail. Mais les cartes d'identité délivrées par Israël les identifient toujours comme Ghazaouis, ce qui les rendrait vulnérables au regard des nouvelles consignes. Jusqu'à présent, les tribunaux civils israéliens empêchaient en général des expulsions de Cisjordanie visant les personnes liées à Ghaza. Mais le décret prévoit que ces dossiers seront désormais soumis à la juridiction de tribunaux militaires : les personnes visées seraient alors jugées en tant «qu'infiltrées», susceptibles d'être expulsées vers le pays ou la région d'où elles sont venues «illégalement».
Dix organisations israéliennes de défense des droits de l'Homme, dont Hamoked, ont écrit au ministre de la Défense Ehud Barak pour réclamer l'annulation des nouvelles consignes. Selon elles, elles sont i floues, notamment quant au type d'autorisation nécessaire, que virtuellement tous les Cisjordaniens pourraient être concernés. Hamoked a appelé la communauté internationale à faire pression sur Israël pour qu'il annule l'ordre militaire qui pourrait provoquer l'expulsion de «milliers de Palestiniens» de Cisjordanie. Elle évoque la quatrième Convention de Genève qui interdit totalement des déplacements forcés de civils de leur domicile. Pour Baker, «ce qui est en jeu n'est pas le prétexte de“légalité” ou de “sécurité»” invoqué par Israël pour justifier ces mesures draconiennes à l'encontre des Palestiniens. Il s'agit des objectifs à long terme d'Israël, de sa convoitise à l'égard des terres palestiniennes». Même analyse chez l'ONG Gisha, pour qui «cet ordre fait partie d'une série de mesures prises par l'armée en vue de vider la Cisjordanie des Palestiniens, notamment en les transférant vers Ghaza».
Prise de contrôle de la Cisjordanie
La Cisjordanie est la partie la plus importante des territoires palestiniens. Elle entretient avec Israël une frontière, du nord au sud, longue de 320 kilomètres. Deux millions de Palestiniens y vivent. Là se trouve leur capitale administrative actuelle, Ramallah, à une trentaine de kilomètres d'El Qods. Ses villes principales sont Naplouse au nord, Jéricho à l'est, Hébron au sud. Après avoir conquis la Cisjordanie, Israël y a installé des colonies pour des raisons d'abord stratégiques, puis idéologiques.
La Cisjordanie compte actuellement entre 120 et 150 colonies israéliennes, dont la plupart poursuivent des travaux de construction, selon des données de «La Paix maintenant», non démenties par les autorités israéliennes.
En mars 2009, les autorités israéliennes annonçaient leur volonté de construire plus de 70 000 nouveaux logements dans les territoires palestiniens, ce qui pourrait déboucher sur un doublement du nombre de colons juifs en Cisjordanie, selon un rapport publié par «La Paix maintenant». Les pacifistes se sont notamment reférés aux informations publiées sur le site officiel du ministère de la Construction et du Logement concernant les projets de construction de 73 300 logements (appartements et maisons unifamiliales). 15 000 logements ont déjà été approuvés. Avec quatre personnes par logement en moyenne, le nombre de colons juifs sur les territoires palestiniens pourrait doubler par rapport aux 300 000 personnes actuellement recensées. Jacques Fournier affirme que la colonisation de Cisjordanie s'est à la fois systématisée et sophistiquée. Les colonies proches d'El Qods sont les plus peuplées, tandis que celles à l'intérieur du territoire palestinien, sont habitées par des colons ultranationalistes qu'il faut protéger en déployant des milliers de soldats et le mur de séparation. Cette systématisation porte un chiffre : 17,4 milliards de dollars.
En quarante ans, Israël aura investi environ 17,4 milliards de dollars dans la construction de colonies juives en Cisjordanie. Ces calculs émanent de travaux menés par le Centre Marco, un laboratoire de recherches en sciences politiques basé à Tel-Aviv. Cette somme concerne 128 colonies de Cisjordanie, à l'exclusion de El Qods-Est. 13,7 milliards de dollars, soit 80% de la somme totale, ont servi à la construction de logements. Plus de 1,1 milliard de dollars ont été débloqué pour l'édification de bâtiments publics, dont 321 installations sportives, 271 synagogues et 96 bains rituels. Sur la période la plus récente, entre 2004 et 2008, 6 657 nouveaux bâtiments destinés aux colons ont été construits, selon les chercheurs, qui ont notamment basé leurs travaux sur des images satellites. Parmi ces bâtiments, ont été dénombrés 4 379 appartements, soit une hausse de 15,46% pour la période 2004-2008, et 1 526 maisons (+7,11%). Selon le professeur Roby Nathanson, la plupart des colons israéliens vivent dans les territoires palestiniens pour des raisons financières et non idéologiques. Le gouvernement a mis en place des conditions économiques et politiques confortables pour les colonies en Cisjordanie. Pour augmenter les colonisations et les annexions, tous les moyens sont bons, y compris les prétextes religieux. Ainsi, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a-t-il annoncé son intention d'inscrire deux hauts lieux de Cisjordanie au patrimoine des sites historiques d'Israël. Il s'agit de ce que les Israéliens appellent le Tombeau de Rachel et le Caveau des Patriarches. Or, le Tombeau est situé à l'entrée de la ville autonome palestinienne Bethléem, près d'El Qods, tandis que le Caveau des Patriarches est appelé la Mosquée d'Ibrahim par les musulmans et se trouve à Hébron, dans le sud de la Cisjordanie occupée. La mosquée est divisée en deux parties, l'une pour les fidèles musulmans et l'autre pour les pèlerins juifs, depuis le massacre de 29 croyants palestiniens dans une salle de prière par un colon israélien le 25 février 1994. Le gouvernement israélien a alloué un budget de plus de 100 millions de dollars pour préserver 150 sites historiques en Israël. Une liste initiale ne comprenait pas ces deux lieux saints, déjà sous contrôle israélien.
En définitive, Israël poursuit sa politique de morcellement des territoires palestiniens, et donc de condamnation à mort de l'Etat palestinien. Comme chacun sait, à l'heure actuelle, El Qods est complètement isolée de la Cisjordanie et rares sont les Palestiniens autorisés à y pénétrer. La bande de Ghaza est encore plus isolée et ses 1,5 million d'habitants sont coupés du monde extérieur et palestinien. La question de la colonisation, en particulier à El Qods-Est annexée, est aujourd'hui le principal obstacle à la relance du processus de paix au Proche-Orient. Elle est au centre du sérieux coup de froid diplomatique entre Washington et l'Etat hébreu qui a été provoqué par l'annonce israélienne de la construction de 1 600 logements dans un quartier de colonisation juif de El Qods-Est, en pleine visite du vice-président américain, Joe Biden, à la mi-mars dernier en Israël. Face à la pression des Etats-Unis, Israël avait annoncé en novembre un moratoire limité et temporaire (10 mois) sur la construction en Cisjordanie occupée. Mais ce moratoire ne concerne pas El Qods-Est, où Israël a l'intention de continuer à construire des logements pour la population juive. Il ne concerne pas non plus la Cisjordanie qui risque d'être vidée de ses habitants au profit «du peuple sans terre».
L'économie : atout de la Cisjordanie
Le dernier rapport du FMI souligne le contraste entre la Cisjordanie, où la croissance a atteint 8,5% en 2009, et la situation de Ghaza, où, en raison du blocus maintenu par Israël, l'activité économique n'a pas dépassé 1%. Le chômage a légèrement baissé de 2008 à 2009 en Cisjordanie (18% contre 20%), alors qu'il est resté identique à Ghaza, à environ 39%. En 2009, l'économie palestinienne s'est donc développée, en partie grâce à l'augmentation des investissements étrangers, à de nouveaux projets de développement. D'ailleurs, le tourisme ainsi que le commerce entre Israël et l'Autorité palestinienne ont augmenté.
Par ailleurs, le Comité de coordination de l'aide internationale à la Palestine a relevé que la Cisjordanie dépendait de moins en moins de l'aide internationale. Celle-ci étant passée de 28 à 18% du PIB palestinien entre 2008 et 2009. D'ailleurs, le Premier ministre palestinien a indiqué que l'Autorité avait demandé aux pays donateurs 1,2 milliard de dollars pour «les dépenses courantes de cette année». Ce chiffre est en nette réduction par rapport aux années passées. L'Autorité palestinienne a reçu 1,8 milliard de dollars en 2008 et au total plus de 3 milliards pour 2008 et 2009. La situation en Cisjordanie est due à trois facteurs. Premièrement, les réformes menées par l'Autorité palestinienne -notamment l'amélioration de la sécurité, les finances publiques, la lutte contre la corruption et la gouvernance- ont renforcé la confiance du secteur privé. Deuxièmement, le soutien de la communauté internationale s'est poursuivi et l'aide budgétaire à l'Autorité palestinienne représentant 22% du PNB palestinien.
Enfin, fait apparemment insolite, Israël a allégé certaines restrictions s'agissant de la liberté de circulation des personnes et des marchandises à l'intérieur de la Cisjordanie, mais pas dans la zone C (environ 60% de la Cisjordanie) qui sont entièrement sous contrôle israélien. En vérité, il n'y a rien de paradoxal à cela. Si Israël veut garder le contrôle de la Cisjordanie, il a tout intérêt à préserver la structure économique de la région. De plus, les trois quarts des marchandises produites en Cisjordanie transitent par Israël ou y sont vendues. Malgré les progrès économiques mentionnés ci-dessus, le budget de l'Autorité palestinienne est en déficit de 200 millions de dollars en raison d'une pénurie de donations en 2009, même après avoir reçu une aide de 200 millions de dollars de l'Arabie saoudite. Le déficit marque également les échanges avec Israël. Les achats palestiniens en provenance d'Israël ont augmenté de 25% entre 2007 et 2008 puis ont diminué de 9,5% sur un an entre le premier trimestre 2009 et celui de 2008. En revanche, les importations du commerce extérieur palestinien se sont élevées à 3,7 milliards de dollars en 2008 dont 72% en provenance d'Israël.
L. A. H.
La Cisjordanie : des chiffres révélateurs
Ces chiffres sont importants car ils montrent que la Cisjordanie possède une économie dynamique. Cependant, fait important, cette économie est profondément liée à Israël tant au niveau du commerce que de l'emploi. Pourquoi Israël soutiendrait-il une économie bénéfique pour la céder au futur Etat palestinien ?
Des résultats étonnants
• 8% : croissance du produit intérieur brut (PIB) de l'économie palestinienne en 2009.
• 12,5% : hausse de la Bourse palestinienne en 2009.
• 16,4% : taux de chômage en Cisjordanie au deuxième
trimestre 2009 ; ce qui constitue une baisse de 18,2% par rapport au premier trimestre 2009.
Cisjordanie-Israël : des liens vitaux
• 35%: augmentation du commerce entre Israël et l'Autorité palestinienne en 2008 par rapport à 2007.
• 206% : hausse des exportations agricoles de l'AP vers Israël, de 30 000 tonnes en 2007 à 92 000 tonnes en 2008.
• 8% : augmentation en valeur des exportations palestiniennes en Israël au premier trimestre 2009 par rapport à la même période en 2008, de 136 millions à 147 millions de dollars.
• 174 : barrages routiers supprimés en Cisjordanie par les forces de défense d'Israël depuis 2007. Les forces de défense d'Israël (FDI) ont également supprimé 27 points de contrôle dans la même période ; il ne reste que 14 points de contrôle.
• 8,4%: hausse du taux de Palestiniens employés en Israël en 2009, par rapport à 2008.
• 14% : main-d'œuvre palestinienne employée en Israël ou dans les commerces israéliens en Cisjordanie.
• 52 000 : personnes ayant traversé le carrefour Jalameh nouvellement rénové (également nommé «Gilboa») d'Israël en direction du nord de la Cisjordanie en novembre 2009. Cela représente trois fois plus de circulation par rapport au mois de septembre 2009 et apporte un avantage considérable à l'économie du Nord de la Cisjordanie.
Cisjordanie-International : un soutien important
• 600% : hausse des investissements étrangers en Cisjordanie depuis 2008.
• 606 millions de dollars : soutien budgétaire total fourni à l'Autorité palestinienne (AP) par des pays donateurs en 2009. De cette somme, 200 millions de dollars proviennent des Etats-Unis.
• 42% : hausse des séjours dans les hôtels en Cisjordanie au troisième trimestre de 2009, par rapport à la même période en 2008.
• 3,5 kilomètres carrés : terrain destiné à la zone industrielle de Bethléem, un parc industriel qui fournira l'infrastructure à l'industrie légère, à l'artisanat et aux métiers de la pierre.
Le travail sur la zone a commencé au mois de juillet 2009, sponsorisé par le gouvernement français.
Source : TIP (The Israel Project)


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